Faire des ressources minières et énergétiques un véritable levier de souveraineté pour l’Alliance des États du Sahel (AES). C’est l’un des principaux messages ressortis du panel de haut niveau réunissant les ministres en charge des Mines, du Pétrole et de l’Énergie de l’AES, organisé dans le cadre de la 8ᵉ édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), couplée à la 1ʳᵉ édition de la Semaine de l’Énergie et des Mines et des Hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES).
Au-delà de l’intégration, les échanges ont surtout mis en avant des pistes concrètes, notamment les stocks stratégiques communs, les achats groupés de produits pétroliers, les infrastructures partagées, l’harmonisation des normes et des cadres réglementaires, ainsi que le développement de projets énergétiques communs. Pour le ministre nigérien en charge du pétrole, Hamadou Tini, la constitution d’un véritable espace énergétique au sein de l’AES nécessite d’abord une meilleure coordination des politiques nationales. Il préconise une harmonisation des réseaux et des cadres juridiques dans le secteur énergétique, ainsi que des positions communes dans les négociations avec les grandes compagnies. Il note que l’un des axes majeurs avancés concerne la sécurité des approvisionnements en carburant.
Pour sa part, sur la question de l’approvisionnement en hydrocarbures, chaque État devrait déterminer ses besoins en produits pétroliers afin de construire une planification commune. À cette démarche pourrait s’ajouter « la création d’un stock stratégique de l’AES, reposant sur des stocks nationaux, des dépôts régionaux et des stocks mutualisés », a indiqué Hamadou Tini. Il note que l’objectif est de permettre à un pays disposant temporairement de stocks de contribuer à l’approvisionnement d’un autre, tout en évitant d’affaiblir ses propres réserves de sécurité.
Face aux difficultés d’approvisionnement, le ministre nigérien estime que les 3 pays pourraient regrouper une partie de leurs achats afin de bénéficier de volumes plus importants et de réduire les coûts d’acquisition et de transport. Le ministre nigérien a également appelé à rapprocher les structures nationales de régulation et à travailler sur des normes communes de qualité, ainsi que sur des mécanismes de formation et de partage des compétences entre les 3 pays. Cette harmonisation doit, selon cette vision, accompagner progressivement la construction d’un marché énergétique commun.
Yacouba Gouba, ministre en charge des Mines du Burkina, a souligné le rôle stratégique de l’industrie extractive, de l’énergie, du nucléaire et des hydrocarbures dans la construction de la souveraineté. « Nous ne voulons pas qu’il y ait des documents de plus », a-t-il insisté, appelant à dépasser les orientations et les textes pour engager des réalisations concrètes sur le terrain. Il précise que la coopération au sein de l’AES ne signifie pas que les États doivent renoncer à leurs propres projets. De ses mots, chaque pays doit continuer à développer ses capacités nationales, tout en identifiant les domaines dans lesquels une action commune peut apporter une valeur supplémentaire.
Lire aussi >> SAMAO/SEMH-AES 2026 : Le Burkina ouvre les travaux autour de la souveraineté sur les ressources extractives
À travers ce panel de haut niveau, les ministres ont affiché l’ambition des pays de la Confédération de l’AES qui dépasse une « simple » relation entre États.
Julien SAWADOGO
Latribunedufaso.net


