Réunie en séance plénière ce 21 novembre 2025 à Ouagadougou, l’Assemblée législative de Transition (ALT) a examiné le Projet de loi portant autorisation de ratification de l’Accord de coopération entre le Burkina Faso et la Fédération de Russie dans le domaine de l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Le gouvernement était représenté par le ministre chargé des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, et celui chargé de l’Énergie, Yacouba Zabré Gouba.
Avec 71 votants, les députés de ALT ont adopté à l’unanimité le Projet de loi portant autorisation de ratification de l’Accord de coopération entre le Burkina Faso et la Fédération de Russie dans le domaine de l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. C’était au cours d’une séance plénière tenue le 21 novembre 2025 à Ouagadougou.
Une étape majeure vers la centrale nucléaire
Selon le ministre chargé de l’Énergie, Yacouba Zabré Gouba, cette adoption consacre une étape majeure vers la mise en place du programme de la centrale nucléaire au Burkina Faso. « L’étude de faisabilité qui va démarrer permettra d’identifier la technologie à choisir, les aspects liés au choix du site, la capacité énergétique de la centrale prenant en compte nos besoins, mais aussi l’infrastructure à réaliser », a-t-il expliqué.

Le ministre Gouba a rappelé l’importance de ce projet pour le Burkina Faso en quête de souveraineté énergétique. « L’objectif est que le Burkina puisse disposer de façon régulière et stable d’électricité afin d’accompagner le développement socio-économique mais aussi la politique d’industrialisation portée par le Président du Faso », a-t-il indiqué.

Pour l’instant, le coût du projet est difficile à estimer, selon le ministre chargé des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré. Il a précisé que c’est l’étude de faisabilité qui permettra de répondre à cette question. Il a réaffirmé l’engagement du Président du Faso et du Gouvernement d’aller au bout du programme.
Formation des experts nationaux dans le domaine
Interrogé par les députés sur la disponibilité des spécialistes du domaine nucléaire au Burkina Faso, le gouvernement se veut rassurant. Bien qu’il n’existe pas de liste exhaustive d’experts burkinabè dans ce domaine, quelques spécialistes nationaux travaillent déjà à l’international.

En termes de perspectives, le gouvernement envisage, dans le cadre de son partenariat avec ROSATOM (l’entreprise russe du nucléaire), la formation d’étudiants burkinabè. En 2024, trois étudiants ont été envoyés en Russie, et neuf autres y seront également envoyés en 2025.
Par ailleurs, la nouvelle carte universitaire du Burkina Faso prévoit la création de nouvelles filières dans le domaine de l’énergie nucléaire : physique nucléaire et radioprotection (sûreté et sécurité nucléaire, gestion des déchets radioactifs). L’objectif, à terme, est de disposer d’une masse critique d’experts nationaux dans le domaine.
Selon l’annuaire statistique 2025 du ministère chargé de l’Énergie, la capacité actuelle de production d’énergie du Burkina Faso en 2024 est de 451 MW pour la thermique et 228 MWc pour le solaire. Le ministre Gouba a conclu que l’aboutissement de ce projet permettra d’accroître significativement cette capacité nationale.
Issouf TAPSOBA
Latribunedufaso.net
