Deux nouveaux outils pour transformer l’université burkinabè. En adoptant un référentiel des formations prioritaires et une carte universitaire du Burkina Faso, le Gouvernement entend moderniser le système et aligner les filières sur les réalités économiques et sociales du pays.
Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a animé, ce 29 août 2025 à Ouagadougou, une conférence de presse suivie d’une rencontre avec les gouverneurs. Objectif, présenter deux réformes récemment adoptées par le Gouvernement pour moderniser l’université burkinabè.
En effet, deux outils ont été mis en place. Il s’agit du Référentiel des formations prioritaires (arrêté n°2025-243 du 18 août 2025) et la Carte universitaire (arrêté n°2025-246 du 19 août 2025). Ces instruments visent à spécialiser les universités, écoles et centres universitaires, selon les besoins du marché et les potentialités régionales, afin d’en faire des pôles d’excellence.
Le Référentiel des formations prioritaires
Ce référentiel regroupe 9 domaines, 37 mentions et 485 spécialités. Il s’agit de l’Aéronautique et aérospatiale, l’Agriculture, l’élevage et l’environnement, l’Architecture, urbanisme, l’arts visuels et design, le Foncier, l’immobilier et infrastructures, l’Informatique et technologies, les Mines, les matériaux et métallurgie, le Nucléaire et énergies renouvelables, les Sciences médicales et paramédicales.

Il recense les formations universitaires (post-baccalauréat) aboutissant à la délivrance de diplômes de Licence, Master, Doctorat, Ingénieur de travaux ou de conception, Études spécialisées, ainsi que d’autres titres reconnus par l’État. Les formations qui y figurent bénéficieront d’un traitement préférentiel dans les politiques et actions publiques de l’État et de ses partenaires.
La Carte universitaire
La Carte universitaire classe les établissements en Institutions d’Enseignement Supérieur et de Recherche (IESR) spécialisées et en IESR généralistes.
Les IESR spécialisées, au nombre de 13, comprennent 4 universités ( ULBO, UDOC, UYAT, UTS), 2 grandes écoles (EPO et ENS) et 7 centres universitaires ( CU-Z, CU-K, CU-T, CU-D, CU-G, CU-M, CU-B)

Les IESR généralistes regroupent 4 universités, à savoir UJKZ, UNB, UNZ et UV-BF, habilitées à former dans les neuf domaines retenus.
À ces 17 IESR s’ajoute la future Université Polytechnique du Burkina (UPB), en gestation dans le cadre de l’IPEQ, conçue comme une université d’excellence en sciences de l’ingénieur dans des domaines stratégiques.
Une réforme avec fermeture et ouverture de filières
La mise en œuvre de la spécialisation devrait conduire à la fermeture de 30 offres de formation (17 de niveau ≤ Bac+3 et 13 de niveau ≥ Bac+4) et à la création de 361 nouvelles offres (18 de niveau ≤ Bac+3 et 342 de niveau ≥ Bac+4).
« Je veux rassurer que fermer ne signifie pas vider les étudiants déjà inscrits dans ces filières », a rassuré le ministre en charge de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano.

A l’entendre, ces derniers seront accompagnés jusqu’à l’obtention de leur diplôme et constitueront la dernière promotion. Les enseignants concernés poursuivront également l’encadrement avant d’être réorientés .
Appel aux gouverneurs
Dans ses échanges avec les gouverneurs, le ministre leur a invité à jouer un rôle moteur dans la réussite de ces réforme. « La mise en œuvre de ces deux éléments requiert que, dans chaque région, des initiatives soient développées pour accompagner le Gouvernement. Je lance un appel aux gouverneurs et aux forces vives.
Vous devez être les porteurs de ces pôles d’excellence dont vos régions auront la responsabilité. Ces pôles seront ce que vous voudrez qu’ils soient », a-t-il souligné.
Au nom de ses pairs, le gouverneur de la région des Kuilsé, Zowendmanego Blaise Ouédraogo, a salué l’initiative et pris l’engagement de l’accompagner.
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« À notre niveau, nous avons donc pris l’engagement de sensibiliser nos populations, nos forces vives par rapport à cette nouvelle carte et de les convier à ce que chacun s’investisse. Parce que la décision est peut-être politique, les bénéficiaires, ce sont les populations. Donc il faut que les populations et les forces vives s’engagent à ce que cette carte soit une réalité et une réussite sur le territoire », a-t-il déclaré.
Rosana Astride KIENDREBEOGO
Latribunedufaso.net
