Le 17 septembre 2026, lors des sessions techniques de la 8e édition de la SAMAO, les experts ont fait le point sur l’état de la recherche géologique et minière dans l'AES

SAMAO/SEMH-AES 2026 : la recherche géologique, levier de souveraineté minière en Afrique de l’Ouest

Le 17 septembre 2026, lors des sessions techniques de la 8e édition de la SAMAO, les experts ont fait le point sur l’état de la recherche géologique et minière dans l’espace confédéral de l’AES. Du Niger au Burkina Faso, en passant par le Mali, les échanges ont mis en évidence les progrès réalisés, mais aussi la nécessité d’intensifier les investissements dans la connaissance du sous-sol.

Il ressort que la recherche géologique s’impose comme l’un des maillons essentiels de la chaîne minière. À la faveur des sessions techniques de la 8ᵉ édition de la Semaine des Activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), les spécialistes ont partagé leurs expériences sur l’évolution de la recherche et les stratégies mises en œuvre pour mieux identifier les richesses du sous-sol.

Au Niger, le Dr Djibrilla Amadou Mainguire, intervenant sur la « Surveillance minière au Niger », a retracé les principales étapes de l’évolution de la recherche géologique et minière du Niger. Selon sa présentation, cette évolution s’est faite en plusieurs phases. Les premières campagnes étaient essentiellement consacrées à la reconnaissance du territoire. Elles ont progressivement laissé place à une identification plus structurée des potentialités géologiques et minières.

Le 17 septembre 2026, lors des sessions techniques de la 8e édition de la SAMAO, les experts ont fait le point sur l’état de la recherche géologique et minière dans l'AES

Une troisième phase a été marquée par la diversification des recherches, notamment vers l’or et d’autres substances minérales. La quatrième étape a porté sur la maîtrise de l’information géoscientifique. La période actuelle constitue, selon le spécialiste nigérien, une nouvelle étape caractérisée par la volonté de renforcer la maîtrise nationale des ressources minérales. Il la qualifie de « phase de rupture », en référence à cette recherche accrue de souveraineté sur le potentiel minier.

L’expérience du Mali a également occupé une place importante dans les échanges. Issa Coulibaly, Directeur national de la Géologie et des Mines (DNGM), a rappelé que le pays a connu une période particulièrement active en matière de recherche géologique après les indépendances, notamment au cours des années 1980 et 1990.

Le 17 septembre 2026, lors des sessions techniques de la 8e édition de la SAMAO, les experts ont fait le point sur l’état de la recherche géologique et minière dans l'AES

Il indique que cette dynamique s’est appuyée sur des coopérations bilatérales et multilatérales, avec la participation de partenaires tels que la Russie, le Japon et l’Union européenne. Pour sa part, ces différents travaux ont contribué à améliorer la connaissance du sous-sol malien et à accompagner la découverte de plusieurs ressources, notamment dans le domaine aurifère.

Au Burkina Faso, l’enjeu est également celui de la connaissance et de la valorisation du potentiel géologique. Ignace Dabone, du BUMIGEB, a souligné le caractère favorable du contexte géologique burkinabè à la présence de différentes substances minérales.

Pour le BUMIGEB, cette situation renforce la nécessité de poursuivre et d’intensifier les travaux de recherche afin d’identifier les ressources encore insuffisamment connues.

Il rappelle que sur le terrain, les efforts se poursuivent et les travaux géochimiques en sédiments de cours d’eau constituent l’un des axes de recherche évoqués lors de la session. Selon les données présentées, environ 45 % du territoire est actuellement couvert par ces travaux. L’ambition affichée est d’atteindre une couverture de 100 %, afin de détecter de nouvelles anomalies et de nouveaux indices miniers.

Il n’a pas manqué de faire savoir que pour une meilleure transformation des données géologiques en véritables opportunités minières, les moyens doivent suivre. Le renforcement des compétences humaines et des capacités techniques figure ainsi parmi les priorités évoquées.

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La question du financement reste tout aussi centrale. Le BUMIGEB fonctionne notamment grâce aux contrats conclus avec l’État pour la réalisation de travaux de base, mais aussi grâce aux partenariats et aux financements issus de la coopération bilatérale.

Il fait savoir qu’au Burkina Faso, depuis 2015, un fonds de recherche a également été institué au niveau du BUMIGEB et contribue au financement de la recherche et aux investissements dans des projets structurants.

Julien SAWADOGO 

Latribunedufaso.net

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