Conférence publique lancement SAMAO 2026 et de la 1ʳᵉ édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES), 14 septembre 2026

AES : Ouagadougou place la souveraineté des ressources naturelles au cœur des débats

Ouagadougou, 14 septembre 2026 – La question de la maîtrise des ressources naturelles stratégiques s’est imposée au cœur des activités de la 8ᵉ édition de la Semaine des Activités Minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO 2026), organisée conjointement, pour la première fois, avec la 1ʳᵉ édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES).

À Ouagadougou, les responsables du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont engagé, ce lundi 14 septembre 2026, une réflexion autour de l’avenir des ressources énergétiques, minières et des hydrocarbures de l’espace confédéral. Une réflexion qui s’inscrit dans la dynamique affichée par les trois États de renforcer leur souveraineté et de mieux valoriser leurs richesses naturelles.

La journée consacrée à l’AES s’est notamment tenue à la salle des Actes du bâtiment PSUT de l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ). Autorités ministérielles, enseignants-chercheurs et étudiants des trois pays y ont échangé autour du thème : « Gouvernance des ressources extractives, enjeux géopolitiques : défis et opportunités pour les États africains ».

Conférence publique lancement SAMAO 2026 et de la 1ʳᵉ édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES), 14 septembre 2026

 

En ouvrant la série des interventions, le Président de l’Université Joseph Ki-Zerbo, Pr Antoine Béré, a exprimé la fierté de son institution d’accueillir cette activité consacrée à l’avenir de l’AES.

Pour lui, la souveraineté ne peut être envisagée sans une maîtrise des connaissances, des sciences et des technologies nécessaires à la valorisation des ressources naturelles.

Le président de l’UJKZ a ainsi insisté sur la responsabilité du monde académique dans cette dynamique. L’université doit, selon cette vision, contribuer à produire les compétences et les solutions capables d’accompagner l’industrialisation et la transformation des ressources du Sahel.

Conférence publique lancement SAMAO 2026 et de la 1ʳᵉ édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES), 14 septembre 2026

Il a notamment mis en avant les capacités scientifiques de l’UJKZ dans les domaines des géosciences, de l’ingénierie des matériaux et des énergies renouvelables, tout en appelant chercheurs et étudiants à transformer les connaissances produites dans les laboratoires en solutions concrètes adaptées aux réalités des États de l’AES.

Au nom de la délégation malienne, le ministre des Mines du Mali, Pr Amadou Keïta, a relevé l’importance stratégique des ressources naturelles dans le contexte géopolitique actuel.

Face à un environnement international marqué par une forte compétition autour des matières premières, le ministre Malien a souligné la volonté du Burkina Faso, du Mali et du Niger de renforcer leur capacité à contrôler leurs richesses minérales et à les mettre davantage au service de leur développement.

Il a également insisté sur plusieurs conditions nécessaires à cette ambition, notamment l’harmonisation des cadres juridiques, la formation de cadres qualifiés et le rapprochement entre les industries extractives et les économies locales.

Conférence publique lancement SAMAO 2026 et de la 1ʳᵉ édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES), 14 septembre 2026

L’objectif est de faire en sorte que l’exploitation des ressources ne profite pas uniquement à l’exportation des matières premières, mais contribue à la création d’activités, d’emplois et de valeur au sein même des pays concernés.

La délégation nigérienne a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’une maîtrise intégrée des chaînes de valeur liées aux ressources naturelles.

Le ministre nigérien en charge du Pétrole a, notamment, placé la question de la décision et du partage des bénéfices au centre des préoccupations. Pour les pays africains, l’enjeu ne consiste plus simplement à disposer de ressources, mais à maîtriser leur exploitation et surtout leur transformation.

Cette approche vise à dépasser le modèle traditionnel d’une Afrique essentiellement exportatrice de matières premières pour construire progressivement une économie fondée sur la transformation locale, l’industrialisation et la création de valeur ajoutée.

Conférence publique lancement SAMAO 2026 et de la 1ʳᵉ édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES), 14 septembre 2026

Procédant au lancement officiel des travaux, le ministre burkinabè de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a réaffirmé l’ambition commune portée par les dirigeants des trois pays.

Il a rappelé que le Burkina Faso, le Mali et le Niger disposent ensemble d’un potentiel important dans plusieurs secteurs, notamment l’or, l’uranium, le lithium, le pétrole, le gaz et le fer.

Pour le ministre burkinabè, la force de l’AES réside notamment dans la complémentarité des trois États. Une complémentarité qui doit permettre de mutualiser les compétences, les moyens et les infrastructures afin de réaliser collectivement ce qui pourrait être difficile à accomplir séparément.

Dans cette perspective, trois grands axes ont été mis en avant

Le premier concerne la maîtrise géologique et scientifique, avec la nécessité d’améliorer la connaissance et la cartographie des ressources et de renforcer l’expertise nationale.

Le deuxième porte sur la création de valeur ajoutée, à travers une transformation locale plus importante des ressources, susceptible de générer des emplois et de favoriser l’émergence d’un véritable tissu industriel.

Le troisième axe est celui de l’intégration et de l’interconnexion. Il englobe notamment le développement de corridors de transport, de réseaux électriques interconnectés ainsi que de capacités communes de stockage et de financement.

Conférence publique lancement SAMAO 2026 et de la 1ʳᵉ édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES), 14 septembre 2026

En marge des activités de la SAMAO 2026, les ministres chargés des Mines des pays de l’AES ont également effectué une visite au Mémorial Thomas Sankara.

Cette visite a donné lieu à un moment de recueillement en hommage au Capitaine Thomas Sankara et à ses compagnons.

La délégation a notamment découvert le bureau de l’ancien Président burkinabè, le lieu où il a été tué ainsi que le mausolée qui abrite désormais ses restes et ceux de ses compagnons.

Pour le ministre malien des Mines, Pr Amadou Keïta, le Mémorial représente à la fois un lieu de mémoire, d’histoire et de recueillement. Il a estimé que la visite permet de mieux comprendre une partie de l’histoire du Burkina Faso et d’une Afrique qui a porté des aspirations à la liberté, à la dignité et à la défense des intérêts de ses peuples.

Conférence publique lancement SAMAO 2026 et de la 1ʳᵉ édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de la Confédération des États du Sahel (SEMH-AES), 14 septembre 2026

Cette étape symbolique intervient alors que les responsables de l’AES réfléchissent précisément à la manière dont les trois pays peuvent renforcer leur capacité à maîtriser leurs ressources stratégiques.

Vers une souveraineté fondée sur la connaissance et la transformation

La journée de l’AES à Ouagadougou aura ainsi permis de mettre en relation mémoire historique, décision politique, recherche scientifique et enjeux économiques.

À l’Université Joseph Ki-Zerbo, la présence conjointe des autorités, des chercheurs et de la jeunesse universitaire a rappelé que la souveraineté ne repose pas uniquement sur la possession des ressources naturelles. Elle dépend également de la capacité à les connaître, les exploiter, les transformer et à maîtriser les technologies nécessaires à leur valorisation.

La tenue simultanée de la SAMAO 2026 et de la première Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de l’AES traduit, à cet égard, la volonté de placer les secteurs minier et énergétique au cœur de la réflexion sur l’avenir de la Confédération.

Pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, le défi est désormais de transformer leurs potentialités en valeur ajoutée, emplois, infrastructures, compétences et développement durable, tout en renforçant leur capacité collective à décider de l’avenir de leurs ressources.

Lire aussi >> SAMAO 2025 : Aurora, la société de forage minier qui ambitionne de conquérir l’Afrique 

À Ouagadougou, le message porté par les différents intervenants se résume ainsi : la richesse du sous-sol ne suffit pas ; la véritable souveraineté passe par la maîtrise de la connaissance, de l’exploitation, de la transformation et de la chaîne de valeur.

LA TRIBUNE DU FASO

Partagez

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *