À l’occasion du Forum Mine 2026, organisé par la Chambre des Mines du Burkina, un panel sur le thème : « Santé, bien-être et conditions de travail en milieu minier : construire des environnements sécuritaires pour les travailleurs », a été animé par plusieurs experts du secteur.
Ce panel de plus d’une heure d’échanges a connu l’intervention de cinq experts et a été modéré par Dr Alizèta Ouédraogo.
Parmi les intervenants du panel, il y a Dr Justine Dakuo, médecin et Inspectrice du travail au ministère des Serviteurs du Peuple. Elle a échangé avec les participants sur le cadre réglementaire en matière de santé et sécurité au travail et a aussi expliqué les mécanismes de contrôle et de suivi des conditions de travail dans le secteur minier.
Selon Dr Justine Dakuo, le bien-être au travail est un état global de satisfaction et d’épanouissement qu’un travailleur ressent dans son activité professionnelle. C’est un état où une personne exerce son activité dans des conditions physiques, psychologiques et sociales optimales. Et investir dans la question du bien-être des travailleurs, c’est investir dans la productivité de l’entreprise, assure-t-elle.
Selon ses explications, le ministère des Serviteurs du Peuple intervient beaucoup dans la prévention légale, c’est-à-dire, la prévention, à travers l’élaboration de textes. « Le camarade Directeur général de la protection sociale avait tantôt parlé du comité technique national consultatif en sécurité santé au travail qui œuvre dans ce sens. Mais nous intervenons également dans le contrôle pour voir si la réglementation en matière de droits de travail et de sécurité, santé au travail est suivie.
Et cela à travers des corps de contrôle comme l’inspection du travail qui contrôle la réglementation en termes de droits du travail et de sécurité, santé au travail dans les établissements. Il y a également l’inspection médicale du travail qui s’occupe du contrôle de la réglementation en sécurité, santé au travail dans les services de santé au travail », a-t-elle assuré.
Intégrer l’orpaillage dans les mécanismes classiques de prestations, défi majeur de l’OST
Dr Christelle Sanou, Directrice régionale de l’Office de santé des travailleurs (OST) de Ouagadougou s’est entretenue avec le public sur les missions de surveillance médicale des travailleurs et les visites médicales annuelles et le suivi sanitaire en milieu professionnel. Elle a également partagé les principales tendances en matière de santé des travailleurs dans le secteur minier.

À l’entendre, en ce qui concerne le cadre réglementaire, la médecine du travail au Burkina Faso est normative, basée sur des textes au niveau international et national. Elle a rappelé que l’OST est une structure publique, chargée de la mise en œuvre des activités de santé au travail avec comme mission cardinale de prévenir toute altération de la santé des travailleurs, du fait de leur travail ou des conditions d’exercice de leur métier. Elle soutient que le champ d’action de l’OST, c’est tous les travailleurs de tous les secteurs sur toute l’étendue du territoire national, public comme privé.
Elle a aussi insisté sur la prise en compte de la santé mentale des travailleurs à travers notamment le bien-être au travail, en incluant le sport, les bonnes pratiques d’hygiène, d’alimentation, de relations interpersonnelles et la prévention contre le stress au travail.
Selon elle, des visites de lieux de travail dans certains sites miniers, des séances d’information , d’éducation et de communication, des visites médicales règlementaires sont également effectuées, essentiellement des visites annuelles, des visites d’embauche, de fin de contrat, de reprise et des visites médicales spéciales.
Toujours selon Dr Christelle Sanou, en 2026, 06 lieux de travail ont été visités sur 11 programmés ainsi que des séances d’information, d’éducation et de communication. 3 288 travailleurs ont été touchés lors des visites médicales règlementaires avec 04 inaptitudes temporaires déclarées. En dehors de ces prestations, poursuit.Dr Christelle Sanou, l’OST intervient dans la formation au niveau des comités de santé, sécurité au travail des mines avec la CNSS et l’inspection du travail, etc.
Le défi de l’OST, selon sa Direction régionale de Ouagadougou, c’est au niveau du secteur artisanal. Avec l’explosion de l’orpaillage artisanal au Burkina Faso, cela représente un grand défi de santé publique, selon Dr Christelle Sanou. Le défi, c’est donc l’intégration de ce secteur dans les mécanismes classiques de prestations de l’OST.
La CNSS pour gérer les risques sociaux du secteur privé
À la suite de Dr Christelle Sanou, la parole a été donnée à Dr Françoise Ouédraogo, ingénieure en santé, sécurité au travail, Cheffe de service de prévention des risques professionnels et enquêtes à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Elle s’est attardée sur les enquêtes, sur le rôle de la sécurité sociale dans la promotion des travailleurs du secteur minier et faire mention des dispositifs de couverture sociale, de prévention et de gestion des risques.
D’abord, selon Dr Françoise Ouédraogo, la sécurité sociale est la gestion des risques sociaux. Les risques sociaux concernent toute diminution de capacité de l’être humain : ce sont des conditions dans lesquelles la capacité humaine est diminuée ou réduite. Il s’agit notamment des cas de maladie, de l’accident du travail, la vieillesse, la grossesse, etc. A l’écouter, c’est la CNSS qui gère tous ces aspects en ce qui concerne le secteur privé, ceux du public sont gérés par la CARFO.
Dr Françoise Ouédraogo a indiqué que les risques professionnels se déploient sous deux angles. Le premier angle, c’est la prévention et le second, la réparation si le risque survient. « On va éviter que le risque ne survienne. Et quand le risque survient quand même, c’est le second volet qui va se mettre en branle, la réparation. Donc, tout travailleur du privé, normalement en cas d’accident du travail, est à la charge de la structure de sécurité sociale qu’est la CNSS. Dès que vous êtes victime d’un accident, c’est la CNSS qui prend le relais de tout ce qu’il y a comme soins pour cet accident », a-t-elle expliqué.
« De façon détaillée, la prévention consiste à respecter les règles de santé, sécurité au travail. La CNSS a également pour mission de veiller au respect de cette réglementation. Il y a tout une direction dédiée à la prévention des risques professionnels. Et cette direction a pour mission de déployer des campagnes de sensibilisation, de mener des visites de contrôle et d’accompagnement aux entreprises.
Donc, ce sont des aspects qui sont déployés au quotidien, au travers d’actions comme les visites de lieux de travail pour prendre connaissance de ce qui se passe sur les lieux de travail. Nous nous déployons dans vos entreprises pour observer. Et les sites miniers sont grandement concernés par ces actions », a-t-elle ajouté.
Et selon Dr Françoise Ouédraogo, au niveau national, les entreprises minières sont majoritairement favorables pour l’implémentation des mesures de prévention des risques professionnels.
Créer la culture de la santé sécurité au travail
Fulbert Sawadogo est le Directeur santé, sécurité et développement durable de la Mine Roxgold Sanu SA. Au cours de ce panel, il a présenté les politiques internes en matière de santé, sécurité et bien-être au travail, tout en illustrant les initiatives concrètes mises en œuvre pour améliorer les conditions de travail sur les sites miniers. Il a également partagé les bonnes pratiques et innovations en matière d’hygiène, santé et sécurité au travail. Dans cette mine, le bien-être du travailleur est au centre des priorités.
De son côté, Noufou Tiendrebéogo, expert principal en santé, sécurité et développement durable à IAMGOLD Essakane SA, s’est penché sur les actions structurées en faveur de la santé, la sécurité et le bien-être des travailleurs, en mettant l’accent sur les systèmes de gestion en matière d’hygiène, santé et sécurité à IAMGOLD Essakane SA. Pour lui, il faut créer la culture de la santé sécurité au travail auprès des travailleurs.
Mamadou ZONGO
Latribunedufaso.net
