En marge de la 3e édition du Forum mine organisé par la Chambre des Mines du Burkina du 7 au 9 juillet 2026, plusieurs panels ont été animés par d’éminents experts sur les questions de la santé, la sécurité et l’environnement dans le secteur minier. Pour cette journée du 7 juillet 2026, une dizaine d’experts se sont entretenus avec les participants sur quatre thèmes sous la modération générale du Pr Alkassoum Maïga, enseignant-chercheur et ancien ministre en charge de l’enseignement supérieur.
Parmi le nombreux panels, il y a le panel d’ouverture modéré par le Pr Alkassoum Maïga et qui a porté sur le thème: « Gouvernance stratégique : positionner la HSE (santé, sécurité, environnement) comme moteur de performance durable et de compétitivité de l’industrie minière ». Avant de donner la parole aux différents intervenants, le Pr Alkassoum Maïga a salué l’organisation de ce forum qui consacre au menu principal la question de la santé, sécurité et environnement.
Ce thème a été décortiqué par quatre experts, notamment, Kadidiatou Coulibaly, Directrice de la réhabilitation des sites de carrières au ministère des Mines, Oumarou Sawadogo, Directeur général de la protection sociale au ministère des Serviteurs du peuple, Souleymane Boly, Président de la Chambre des Mines du Burkina (CMB), Adama Soro, Président de la fédération des chambres des mines de l’Afrique de l’Ouest.
Pas de croissance économique durable sans prise en compte de la santé, la sécurité et la dignité des travailleurs
Prenant la parole, Oumarou Sawadogo, Directeur général de la protection sociale au ministère des Serviteurs du peuple, a indiqué que dans le plan RELANCE, le référentiel national de développement, la conviction est qu’aucune croissance économique ne peut être durable si elle ne se construit pas sur la santé, la sécurité et la dignité des travailleurs.
Selon Oumarou Sawadogo, le point le plus important, c’est la sécurité, qui selon lui, doit désormais être vue comme une condition de protection et non comme un coût de production. Le programme 3.4 du plan RELANCE a mis un accent sur le renforcement de la prévention des risques optionnels et l’amélioration des conditions de sécurité et santé au travail, poursuit-il. Aussi, soutient-il, le Burkina Faso, à travers le ministère des Serviteurs du Peuple, a intégré un effort majeur, notamment la lecture de la loi 028, qui a été abrogée par la loi 13-2026, portant Code du travail au Burkina Faso.

« Quand on prend cette loi, un accent particulier est mis sur la sécurité et santé au travail, et à travers le titre 5, qui porte sur la sécurité et santé au travail, on se compte que pour assurer une meilleure protection des travailleurs, initialement, le nombre d’effectifs ou de personnels qu’il fallait avoir pour la mise en place de la sécurité et santé au travail, a été réduit à 5. L’objectif visé, c’est de faire en sorte que le maximum de travailleurs soient protégés, en tenant compte, bien sûr, de la taille et de la nature des activités », a-t-il déclaré.
Selon Oumarou Sawadogo, en matière de sécurité et santé au travail, l’employeur est suffisamment responsabilisé, mais cette nouvelle disposition du Code invite également le travailleur à suffisamment d’engagement pour contribuer à préserver sa santé et sa sécurité au travail.
Et pour garantir l’efficacité de cette disposition, le Directeur général de la protection sociale a affirmé que les législateurs ont prévu qu’il y ait des missions de sensibilisation, de contrôle et même de répression, assurées notamment par les différents corps de contrôle de l’État. Et parmi ces corps de contrôle, il y a les ingénieurs des mines, les inspecteurs et contrôleurs du travail, les médecins du travail, etc.
Pour terminer, Oumarou Sawadogo a tenu à rassurer les participants que le ministère des Serviteurs du Peuple reste pleinement engagé à jouer son rôle de régulateur, de facilitateur du dialogue et de promoteur des normes de travail surtout à travers le comité technique national consultatif de sécurité et santé au travail.
Un comité tripartite, composé aussi bien des représentants des employeurs, des travailleurs que de l’administration. Ce comité a pour rôle essentiellement de se prononcer sur tout ce qui est pris comme textes en matière de sécurité et de santé au travail. Tout ce qui concerne les études, les orientations, les politiques ou les stratégies sont de la compétence de ce comité, selon Oumarou Sawadogo, Directeur général de la protection sociale au ministère des Serviteurs du Peuple.
La santé, sécurité au travail, un véritable levier de performance minière et de compétitivité
De son côté, Kadidiatou Coulibaly, Directrice de la réhabilitation des sites de carrières au ministère des Mines, a salué la pertinence de ce thème. Selon elle, actuellement, lorsqu’on parle de performance de l’industrie minière, « la question fondamentale c’est de ne pas se poser systématiquement combien nous produisons, mais tout simplement, comment est-ce que nous faisons pour garantir une production durable, soutenue, stable et compétitive dans le temps ».

Pour elle, la question de la santé et sécurité au travail se positionne comme un aspect stratégique. « Une mine qui se concentre sur la production sans toutefois maîtriser les risques liés à la santé et à la sécurité au travail pour les employés, surtout pour les communautés riveraines, mais aussi aux questions environnementales, c’est une mine qui ne fait pas de performance durable. Et cela à cause du fait qu’il y a des coûts forcément qui pourraient être générés par des incidents, des accidents de travail », a-t-elle développé.
« Nous avons aussi le manque à gagner lié aux interruptions de travail du fait des perturbations qui sont souvent causées par la négligence de certaines questions de santé et sécurité vis-à-vis des communautés environnantes. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui la HSE ne doit pas être perçue comme une simple obligation réglementaire ou une simple dépense qui fait augmenter le coût de production. Elle doit être perçue comme un investissement stratégique, un véritable levier de performance minière et de compétitivité », a ajouté Kadidiatou Coulibaly.
Et au ministère des Mines, des actions de contrôle, de suivi, d’inspection et des dispositions réglementaires sont prises pour assurer la mise en œuvre des questions de santé, sécurité au travail.
La prise de conscience du danger est l’élément le plus important de la santé, sécurité au travail
Pour Adama Soro, président de la Fédération des chambres des mines de l’Afrique de l’Ouest, la prise de conscience du danger est le premier facteur, l’élément le plus important de la HSE. Pour lui, cette question ne concerne pas uniquement le secteur minier mais est l’affaire de tous, de tous les secteurs. À l’entendre, chacun tient à sa vie, donc doit être conscient du danger et prendre des dispositions aussi pour la préserver.
Il a souligné que des pays comme le Burkina Faso et le Ghana sont en avance en matière de santé, sécurité au travail.
La préservation de la santé des travailleurs dépend des travailleurs eux-mêmes
À son tour, Souleymane Boly, président de la Chambre des Mines du Burkina, a laissé entendre que peu importe le nombre des actions préventives prises, au final, la santé, sécurité au travail dépend toujours du comportement individuel. À l’entendre, la préservation de la santé des travailleurs dépend avant tout des travailleurs eux-mêmes.
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« C’est pour ça qu’aujourd’hui, on voit certains systèmes, certaines innovations, certaines technologies dans le secteur minier, qui montrent le degré d’attention qui est mis sur cette question. Aujourd’hui au Burkina Faso, il y a beaucoup de systèmes qui sont intégrés dans les véhicules, qui filment et enregistrent le conducteur.
Pas pour le surveiller, pour surveiller, il y a un mécanisme de surveillance. Si la personne somnole, il y a un système d’alerte. Il y a d’autres mécanismes qui obligent même à souffler pour contrôler le taux d’alcoolisme. Il y a d’autres qui contrôlent les déviations de route, les excès de vitesse. On peut mettre en place tous ces systèmes, ça existe déjà », a-t-il fait savoir, précisant que cette question de la HSE est prise à bras le corps au niveau de la Chambre des Mines du Burkina.
Mamadou ZONGO
Latribunedufaso.net
