Soirée littéraire Restaurant Yelba avec l'écrivain Malick Saga Sawadogo, 29 mai 2026

Soirée littéraire avec Malick Saga Sawadogo : Des enjeux culturels, artistiques et touristiques du Burkina Faso au cœur des échanges

Comme chaque dernier vendredi du mois et ce, depuis cinq ans, l’espace culturel et restaurant « Yelba » de Ouagadougou organise une soirée littéraire avec un auteur burkinabè. Dans la soirée de ce vendredi 29 mai 2026, c’est le journaliste et écrivain Malick Saga Sawadogo qui était invité à échanger avec les participants sur son livre « Regard critique sur le secteur de la Culture, des Arts et du Tourisme au Burkina Faso (2019-2024) ».

Pendant plus de deux heures, les échanges se sont déroulés autour des enjeux culturels, artistiques et touristiques du Burkina Faso, sous la modération de Koba Boubacar Dao, modérateur.

« Regard critique sur le secteur de la Culture, des Arts et du Tourisme au Burkina Faso (2019-2024) » de Malick Saga Sawadogo rassemble 136 analyses, chroniques et éditoriaux répartis en huit chapitres et porte un regard analytique sur l’évolution du secteur de la culture, des arts et du tourisme au Burkina Faso sur la période 2019-2024.

Promouvoir la lecture et les auteurs burkinabè 

Sylviane Ouédraogo, promotrice du restaurant et espace culturel Yelba, passionnée de lecture et constatant qu’il n’y a pas assez d’espaces pour des initiatives de ce genre, a donc initié les soirées littéraires pour promouvoir la lecture et les auteurs du Burkina Faso.

« La lecture, c’est une passion, c’est déjà personnel. Depuis ma tendre enfance, j’aimais lire et j’ai vu les avantages de lire énormément. J’ai vu qu’au Burkina Faso, il n’y a pas d’espaces qui font des soirées littéraires. Donc, j’ai voulu, avec l’espace Yelba, essayer de proposer quelque chose qui va attirer plus, qui va être plus cool.

Dans un restaurant, c’est plus festif. Les gens se plaignent souvent parce que c’est long, ça prend du temps, alors que dans un restaurant, c’est agréable. C’est pour faire surtout la promotion de la lecture, des livres, et aussi des auteurs du Burkina Faso », a-t-elle justifié.

Soirée littéraire Restaurant Yelba avec l'écrivain Malick Saga Sawadogo, 29 mai 2026
Sylviane Ouédraogo, promotrice du restaurant et espace culturel « Yelba » – Ph. M. Zongo

Tous les genres littéraires sont pris en compte lors de ces soirées littéraires. Et elles se déroulent chaque dernier vendredi du mois.

Satisfecit de l’auteur qui annonce la sortie prochaine d’un nouveau livre

Un exercice positivement apprécié par l’auteur qui y voit une opportunité de promouvoir davantage son ouvrage, surtout auprès de ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de le découvrir. Il se réjouit également de la mobilisation et de l’intérêt du public.

« C’est un exercice qu’on a vraiment eu le temps de préparer parce que c’est notre livre, on connaissait déjà le contenu. Donc, ce soir, on était venu pour partager le contenu, partager la réflexion, l’engagement et permettre aux gens qui n’ont pas encore découvert le contenu du livre de comprendre ce qu’il y a dans ce livre et notre engagement. L’exercice s’est bien passé et je ne m’attendais pas vraiment à ce monde et j’ai senti que j’avais des gens qui sont vraiment un soutien pour moi », a confié Malick Saga Sawadogo.

Soirée littéraire Restaurant Yelba avec l'écrivain Malick Saga Sawadogo, 29 mai 2026
L’auteur Malick Saga Sawadogo en plein échange avec le public – Ph. M. Zongo

Pour lui, son livre est plutôt bien accueilli par les lecteurs. Depuis la dédicace officielle le 22 décembre 2025, sur 500 exemplaires tirés, moins de 200 restent encore à écouler. Ce rendez-vous vise également à susciter la curiosité de nouveaux lecteurs. « Quand vous avez vu les discussions et les échanges de ce soir, les gens entendent des choses et forcément ils veulent comprendre la suite.

Pour comprendre la suite, forcément il faut lire pour comprendre vraiment ce que j’ai dit, parce que quand on explique c’est pas la même chose que quand on écrit. Le livre, on prend le temps de l’écrire en respectant toute une procédure avec un langage alors que dans les échanges on peut souvent laisser parler les émotions et tout », a-t-il indiqué.

Soirée littéraire Restaurant Yelba avec l'écrivain Malick Saga Sawadogo, 29 mai 2026
Le livre au cœur des échanges lors de cette soirée littéraire – Ph. M. Zongo

Malick Saga Sawadogo a saisi l’occasion pour annoncer la sortie en 2027 de son prochain ouvrage intitulé « Mental d’acier » qui selon lui, est une forme de résilience, un condensé de son expérience, son engagement, comment il a fait face à certaines personnes, à des menaces, à des critiques au cours de sa carrière de journaliste de culture.

Lien entre la démarche de l’auteur et celle académique et scientifique

Présente à cette soirée, Dr Nongzanga Joséline Yaméogo, enseignante-chercheure à l’Université Yembila Abdoulaye Togueyeni de Fada N’Gourma, a souligné que l’ouvrage de Malick Saga Sawadogo est riche en informations, puisqu’il traite de l’actualité culturelle du Burkina Faso. Elle s’est attardée notamment sur la démarche de l’auteur, en lien avec celle académique et scientifique.

Soirée littéraire Restaurant Yelba avec l'écrivain Malick Saga Sawadogo, 29 mai 2026
Dr Nongzanga Joséline Yaméogo, enseignante-chercheure à l’Université Yembila Abdoulaye Togueyeni de Fada N’Gourman – Ph. M. Zongo

« L’auteur traite de plusieurs thématiques, allant de la musique aux événementiels culturels divers qui existent au Burkina Faso. Dans ses écrits, on y trouve une méthodologie propre à Malick Saga Sawadogo, qu’il qualifie de journalisme de culture. Sa méthodologie s’apparente beaucoup à la démarche SWOT, c’est-à-dire qu’il relève les forces, il présente les faiblesses et éventuellement, il fait des propositions dans le sens de l’amélioration.

Ce qu’on trouve ici, qui relève beaucoup plus de la subjectivité, donc qui est différent de la démarche scientifique, c’est que Malick Saga Sawadogo choisit de faire une critique qui relève beaucoup plus les aspects négatifs. Il verse beaucoup dans la dépréciation. Certes, il y a des aspects d’appréciation, mais le langage y est atténué. Du coup, ce côté appréciatif peut passer inaperçu. Mais le côté dépréciatif comporte beaucoup des mots virulents, parce qu’il se présente lui-même comme un médiateur dont l’ambition, c’est de choquer pour transformer. On comprend donc sa perspective », a expliqué Dr Nongzanga Joséline Yaméogo. 

Mamadou ZONGO 

Latribunedufaso.net

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