A l’occasion de la 6e édition de la Semaine des énergies et énergies renouvelables d’Afrique (SEERA), l’Association des professionnels du biogaz et des énergies renouvelables (APROBER) a présenté aux visiteurs, la technologie du biodigesteur, comme une solution prometteuse pour l’autonomie énergétique et agricole.
Le biodigesteur est un dispositif qui permet de transformer les déjections animales (et potentiellement humaines, via un raccordement aux latrines) en biogaz, un gaz méthane. « C’est du gaz méthane qu’on peut utiliser pour la cuisson et l’éclairage » a expliqué le Secrétaire générale de l’APROBER, Aristide Somda.
Debout devant la maquette de la technologie, M. Somda explique le processus du biodigesteur aux visiteurs. Les déjections sont délayées avec de l’eau dans le bassin d’entrée. Le mélange entre dans le digesteur (la partie enterrée) où il fermente. La fermentation produit du biogaz, qui est stocké dans la partie supérieure appelée le dôme.

Le gaz ainsi récupéré est canalisé vers les foyers de cuisine ou les lampes à biogaz, qui peuvent également servir à chauffer des poussins ou des habitations lors de la fraîcheur, a-t-il poursuivi.
De multiples sous-produits pour l’agriculture
L’intérêt du biodigesteur ne s’arrête pas à l’énergie, a indiqué Aristide Somda. Une fois la production de biogaz achevée, un liquide résiduel appelé effluent s’écoule dans le bassin de sortie.
Il explique que cet effluent peut être utilisé à plusieurs fins. Il peut être utilisé dans la préparation d’aliments pour la volaille, le bétail et les poissons.
En plus, il peut être aussi utilisé comme biopesticide pour le traitement phytosanitaire des plantes (répulsif contre les insectes ravageurs) et pour le traitement des tiques et puces en élevage.

Par ailleurs, le SG de l’APROBER indique que l’effluent est également un biofertilisant. « L »effluent est drainé vers un poste à compost où il est mélangé à des débris végétaux. Il devient un compost solide et très riche, idéal pour régénérer les sols dans les productions maraîchères, céréalières ou dans les plantations d’arbres.
M. Somda a également précisé que le biogaz peut être utilisé pour d’autres équipements (frigos, couveuses pour les poussins) ou raccordé à un petit générateur pour produire de l’énergie électrique.
947 000 FCFA pour un biodigesteur clé en main
L’APROBER est représentée dans toutes les régions du Burkina Faso. Pour des besoins d’installation, elle met en contact les intéressés avec ses membres.
Concernant le coût, le prix d’un biodigesteur « clé en main » se situe autour de 947 000 FCFA, selon M. Somda. Cependant, il a précisé que ce coût peut être significativement réduit si l’acquéreur prend en charge lui-même certaines étapes comme le ramassage des agrégats (sable, gravier) et l’exécution des fouilles.
Issouf Tapsoba
Latribunedufaso.net
