La 10ᵉ édition des Journées nationales de concertation entre l’État et les ONG, les associations de développement et les fondations a pris fin ce 3 octobre 2025 à Ouagadougou. La cérémonie de clôture a été présidée par le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, en présence de plusieurs membres du gouvernement.
Placées sous le thème « Transparence et responsabilité financière des ONG dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme au Burkina Faso », ces journées ont réuni environ 462 participants issus des ONG, des associations de développement, des fondations, des services étatiques, des collectivités territoriales ainsi que des représentants d’institutions privées.
Des ateliers pour identifier les défis
Deux ateliers thématiques se sont tenus le 2 octobre. Le premier portait sur le « Renforcement du suivi-contrôle des flux financiers des ONG, associations de développement et fondations », et le second sur « le rôle et la responsabilité des ONG dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ».
Selon le Secrétaire général du ministère en charge de l’Économie, Rachid Soulama, ces ateliers ont permis de mettre en lumière plusieurs défis majeurs. Parmi ceux-ci figurent la faible appropriation des normes comptables et financières, des contraintes financières et humaines, les déficits en suivi et contrôle, l’insuffisance de coordination et d’information.

La vice-présidente du Secrétariat permanent des ONG, Aminata Diallo Boly a, pour sa part, souligné un défi récurrent : la lenteur des procédures administratives. Elle a déploré des délais excessivement longs pour l’obtention des autorisations nécessaires à la mise en œuvre des activités des ONG, parfois supérieurs à une année. « Ces lenteurs fragilisent les engagements contractuels des ONG vis-à-vis de leurs bailleurs de fonds et retardent la réalisation d’interventions pourtant cruciales pour les populations affectées par les crises », a-t-elle expliqué.
Des recommandations pour l’avenir
Pour faire face à ces difficultés, les participants ont formulé plusieurs recommandations.
À l’endroit du gouvernement, il est proposé de renforcer les capacités des structures étatiques pour un meilleur accompagnement des OBNL (organisations à but non lucratif) et une meilleure maîtrise des normes comptables et de lutte contre le blanchiment de capitaux. De plus, il a également été recommandé d’harmoniser les outils de suivi et de capitalisation et de mettre en place un dispositif de déclaration des donations au niveau des services déconcentrés chargés des libertés publiques.

À l’endroit des OBNL, les recommandations portent sur la mise en conformité avec les dispositions réglementaires en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, l’appropriation des textes encadrant leurs interventions sur le territoire national, la création et l’opérationnalisation d’un dispositif au sein des faitières, dédié à conseiller et accompagner les OBNL dans la mise en œuvre de leurs obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
L’engagement du gouvernement réaffirmé
Prenant la parole à la clôture des travaux, le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo a assuré les participants que le gouvernement a pleinement entendu leurs préoccupations. « Je peux vous rassurer que le gouvernement œuvre à instaurer un environnement associatif transparent, sain et fécond, capable de produire des résultats tangibles au profit des populations », a-t-il déclaré.

Il a annoncé, à cet effet, plusieurs mesures, dont l’accélération du traitement des dossiers d’agrément et d’autorisation, la mise en place d’un dispositif unique de rapportage via la plateforme SIS-ONG, une digitalisation accrue des procédures fiscales et douanières pour renforcer la transparence, des dispositions budgétaires pour résorber les retards constatés dans certains paiements.
De leur côté, les ONG et associations ont réaffirmé leur engagement à promouvoir davantage la transparence et la traçabilité dans la gestion des financements à elles confiés. « Nous nous engageons à renforcer les capacités de nos membres, à développer des outils partagés de reporting et à intensifier la collaboration avec l’État pour prévenir tout risque de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.
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Il y va de notre survie en tant qu’OSC et de l’intérêt de nos communautés », a indiqué leur représentante, Aminata Diallo Boly.
Rosana Astride KIENDREBEOGO
Latribunedufaso.net
