Dans le but d’assurer la souveraineté alimentaire du Burkina Faso, le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, a lancé l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire (IP-P3A). Le coordonnateur national du programme, Abdourasmane Konaté, a présenté cette initiative aux journalistes et communicateurs lors d’un atelier d’information organisé du 6 au 10 août 2025 à Bobo-Dioulasso par le Bureau national des grands projets (BN-GP).
L’IP-P3A se veut une réponse aux défis agricoles du pays. Son objectif est de promouvoir la souveraineté alimentaire, l’inclusion des jeunes et la modernisation du secteur agricole. Selon le coordonnateur, l’initiative s’articule autour de cinq composantes principales :
– La mise en place d’une agriculture climato-intelligente sur 5 000 ha en lien avec l’adaptation et l’atténuation des changements climatiques ;
- L’initiative d’urgence pour l’intensification de la production du riz, du blé et des produits maraichers au Burkina Faso sur 10 000 ha ;
- Le Programme alimentaire militaire du Burkina Faso (PAMBF) sur 3 500 ha ;
- La Production de défense et de la patrie contre l’insécurité alimentaire (PDPIA) sur 5 000 ha
- L’insertion de 8 000 jeunes l’agrobusiness.

L’initiative a pour but d’intensifier la production de céréales comme le riz, le maïs, le blé et le niébé, afin de réduire les importations. Elle intervient également dans la production de l’avocat, du cola, du cacao, du café et de la banane.
Des résultats encourageants et des défis à relever
L’IP-P3A fonctionne selon une stratégie gagnant-gagnant, selon M. Konaté. Elle fournit aux producteurs des intrants (semences, engrais) et ces derniers remboursent une partie de l’aide en nature. Les récoltes sont ensuite transformées et stockées par la Société nationale de gestion des stocks de sécurité alimentaire (SONAGESS) pour être mises sur le marché en cas de besoin.

Les premiers résultats sont encourageants. Pour la campagne 2024-2025, l’accompagnement des producteurs a permis d’atteindre une production de 36 829,2 tonnes de paddy (riz local), soit une augmentation de plus de 64 % par rapport à la campagne précédente, pour une valeur économique de près de 7 milliards de FCFA.
Les rizeries partenaires ont livré à l’initiative un total de 1 539 tonnes de riz blanchi. Ce volume représente environ 7% du riz décortiqué (22 097,5 tonnes).
D’autres réalisations ont également été concrétisées :
– Création de 11 sites pilotes d’élevage ;
– Construction de 106 stations de pompage pour l’irrigation ;
– Mise en place de 200 cages mobiles de pisciculture pour 200 jeunes formés à Bobo-Dioulasso et Ouagadougou.
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Cependant, l’initiative est confrontée à des défis : manque de magasins de stockage, vols, retards logistiques et fertilité limitée des sols dans certaines régions. Pour l’avenir, le coordonnateur national prévoit d’emblaver 300 000 ha d’ici 2029, d’étendre les kits d’élevage aux forces de défense et de sécurité et aux jeunes ruraux, et de produire des semences certifiées de blé pour couvrir 5 000 ha.
Issouf TAPSOBA
Latribunedufaso.net
