Le Tribunal de grande instance Ouaga 1 a ouvert, le 27 juin 2025, le dossier de Me Conombo Hamidou, huissier de justice, poursuivi pour des faits présumés d’abus de confiance et de blanchiment de capitaux.
Lors de l’audience, le procureur a requis un renvoi du dossier afin de pouvoir recevoir de nouvelles plaintes. Il a indiqué que le parquet continue d’en recevoir concernant cette affaire.
Les avocats de la défense se sont opposés à cette demande. Ils ont soutenu que le parquet avait eu tout le temps nécessaire pour instruire le dossier et le mettre en état avant le jugement. Selon eux, le dossier est complet et prêt à être examiné par le juge.
Après délibération, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 4 juillet 2025. Avant la suspension, la défense a formulé une demande de liberté provisoire pour leur client.
Demande de liberté provisoire du prévenu
Me Adama Kondombo, l’un des avocats de la défense, a plaidé en faveur de la liberté provisoire, affirmant que son client remplissait les critères requis. Il a d’abord souligné que Me Conombo Hamidou (le prévenu) présente des garanties de représentation en justice, en témoigne sa présentation à la justice suite à un « simple appel téléphonique ».
En outre, il a fait savoir que son client résidait et travaillait à Ouagadougou, où sa famille et ses proches se trouvent également. Il a ajouté que le passeport de Me Conombo est confisqué, rendant toute tentative de fuite impossible.
Enfin, Me Kondombo (l’avocat) a insisté sur le fait que son client n’est pas dangereux et qu’il n’y a aucun témoin cité dans cette affaire. Ainsi, a-t-il soutenu, il n’y aurait aucun risque de subornation de témoin si le prévenu est remis en liberté.
« Si vous mettez tous ces éléments ensemble, vous pouvez accorder au prévenu une liberté provisoire assortie de contrôle judiciaire. En faisant cela, vous aurez rendu justice et équilibré l’information », s’est-il adressé au tribunal, accusant le parquet de chercher à « lyncher » son client par l’opinion publique, en référence au communiqué de presse diffusé par le procureur.
« Au nom de la sécurité du prévenu, il faut le garder en lieu sûr »
En réponse, le procureur a rappelé que le prévenu était un citoyen comme les autres. « Je ne vois rien de spécial. Nous avons simplement fait un communiqué pour expliquer les raisons des poursuites contre l’huissier », a-t-il précisé.
« Lui-même reconnaît partiellement les faits. Il reconnaît avoir pris l’argent », a poursuivi le procureur, assurant que le communiqué ne visait pas à discréditer l’huissier et que le parquet n’avait « aucune intention malveillante à son égard ».
Contrairement aux avocats de la défense, le procureur a requis le maintien en détention du prévenu, invoquant des raisons de sa propre sécurité. « Au nom de la sécurité du prévenu, il faut le garder en lieu sûr », a-t-il indiqué.
Dans sa décision, le tribunal a rejeté la demande de liberté provisoire. Le dossier sera examiné à nouveau le 4 juillet 2025.
Issouf TAPSOBA
Latribunedufaso.net
