Du 3 au 5 avril 2025 à Ouagadougou, le média en ligne La Tribune du Faso a organise le Forum des nouveaux médias. Plusieurs panels sont à l’ordre du jour dont celui sur le thème : « Régulation et sécurisation des nouveaux médias dans le contexte sécuritaire ».
Ce panel a été animé par Dr Myriame Sanou, Conseillère au Conseil supérieur de la communication (CSC) et par Aimé Ouédraogo de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC).

Dans un contexte marqué par la multiplication des supports de diffusion et l’essor des réseaux sociaux, le CSC joue un rôle central dans la régulation des médias au Burkina Faso. Dr Myriame Sanou a souligné, notamment les enjeux liés à la prolifération des discours haineux et à la désinformation, phénomènes amplifiés par les nouvelles technologies.
Le CSC a pour mission de contrôler les contenus médiatiques et assurer une information saine au public. A l’écouter, dans un contexte de défis sécuritaire et de démocratisation de l’accès aux plateformes numériques, il devient essentiel de prévoir des mécanismes de modération efficaces.

Le CSC a ainsi rédigé un guide comportant sept points d’attention pour responsabiliser les médias dans un contexte de crise. Parmi les principales mesures, l’institution préconise l’implication des acteurs de la communication à travers l’adoption de codes de bonne conduite, la sensibilisation du public à l’usage responsable des réseaux sociaux et la collaboration avec les plateformes numériques.
Cependant, la divergence entre les standards de régulation des plateformes internationales et les exigences locales constitue un frein, déplore Mme Sanou. Comme perspectives, le CSC plaide pour le développement d’outils technologiques permettant de détecter automatiquement les contenus malveillants, en intégrant notamment les langues nationales dans les algorithmes pour une meilleure efficacité.

Dans la même dynamique, Aimé Ouédraogo de la BCLCC met en garde contre les risques liés à la sécurité numérique. Entre 2020 et 2024, 13 432 plaintes ont été enregistrées par sa structure, occasionnant des pertes estimées à plus de 5 milliards de FCFA, selon lui. Les médias, en tant que vecteurs d’information, sont particulièrement exposés à des cyberattaques telles que le phishing et l’usurpation d’identité.
Pour y faire face, il a recommandé des bonnes pratiques aux acteurs des médias. L’objectif est de renforcer la sécurité de leurs plateformes numériques. L’utilisation de mots de passe complexes et uniques, l’activation de l’authentification à double facteur, la mise à jour régulière des systèmes de gestion de contenu et l’installation de pare-feux et d’antivirus, sont, entre autres, recommandations faites par M. Ouédraogo. De plus, les administrateurs des plateformes doivent éviter de se connecter à des réseaux Wi-Fi publics et sensibiliser leurs équipes aux techniques de manipulation en ligne, a-t-il ajouté.
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Notons que ce panel a été modéré par le Directeur des rédactions des éditions Sidwaya, Jean Marie Toé.
Issouf TAPSOBA
latribunedufaso.net
