À chaque événement, leur présence est une attraction, mélange d’énergie contenue et d’accoutrement spectaculaire. Ces « hommes-statues », mascottes d’un genre nouveau, captivent le public avec leurs corps peints aux couleurs de l’événement et leurs mouvements robotiques. Certains s’étonnent de leur capacité à rester immobiles pendant des heures, véritables sculptures vivantes.
Il a sans doute aussi retenu votre attention à l’ouverture de la 29e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Son corps etait méticuleusement peint aux couleurs du pays invité d’honneur, le Tchad. Son aptitude à rester parfaitement immobile pendant une longue durée laisse penser que c’est une véritable statue. Son nom, Josaphat Tapsoba. Comme lui, ils sont une dizaine à travailler avec Hamidou Ouédraogo. Ils sont les stars silencieuses des grandes cérémonies
On pouvait les apercevoir sur tous les sites du FESPACO. M. Ouédraogo est le promoteur de l’agence de communication Zone Express, pionnier de cette initiative au Burkina Faso. Il les appelle « hommes-statues ». C’est un concept qui invite la personne à se « transformer » en statue, une œuvre d’art vivante, dont l’accoutrement et les mouvements subtils s’harmonisent avec le thème de l’événement.

Des événements sportifs aux grandes célébrations comme le SIAO, le Tour du Faso, le FESPACO ou la SNC, les « hommes-statues » d’Hamidou Ouédraogo sont désormais incontournables. Il s’agit d’un véritable art, a-t-il souligné. Bien plus qu’un simple divertissement, ses mascottes véhiculent des messages, devenant ainsi un support de communication à part entière.
Fort d’une expérience acquise depuis les années 2000, où il a lui-même été mascotte, Hamidou Ouédraogo dirige aujourd’hui une équipe de jeunes artistes qu’il déploie lors de diverses cérémonies. Mais comment devient-on « homme-statue » ? Ce métier est-il viable ? Hamidou Ouédraogo nous livre ses secrets.
Conseiller des affaires culturelles de formation, c’est lors d’un cours sur la mise en scène que l’idée a germé. En effet, il a travaillé sur la mise en scène des personnes comme des mascottes pour passer des messages. « Après je me suis dit que je peux créer quelque chose avec ça », a-t-il expliqué. « C’est ainsi qu’est né le concept de ‘’mascotte homme-statue’’. »
« Utiliser le corps humain comme support de communication, c’est une forme de créativité qui attire l’attention et marque les esprits », souligne-t-il. « Mais derrière chaque apparition, il y a un travail de préparation minutieux. »
Des coulisses à la scène
La préparation des mascottes est un processus rigoureux, qui comprend la préparation physique et la conceptualisation du message à transmettre. « Une erreur peut tout gâcher », prévient Hamidou Ouédraogo. « C’est pourquoi nous collaborons avec des personnes ayant une bonne maîtrise de la langue, comme des inspecteurs de l’éducation. »

Contrairement aux idées reçues, ce métier peut être lucratif. L’équipe d’Hamidou Ouédraogo comprend des jeunes diplômés, preuve que l’art corporel peut être une voie professionnelle viable.
Aujourd’hui, Hamidou Ouédraogo est également devenu formateur, transmettant son savoir-faire à la nouvelle génération. La formation met l’accent sur les exercices physiques, l’alimentation saine et les techniques permettant de maintenir l’immobilité pendant de longues périodes.
« Il faut consommer bio », conseille-t-il. « Cela permet à la mascotte de tenir plus longtemps. » En plus, en fonction du poids de la personne, il existe des « stratégies, des positions à adopter » pour pouvoir s’imobiliser pendant une longue durée.
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Ainsi, les « hommes-statues » d’Hamidou Ouédraogo ne sont pas de simples amuseurs publics. Ils sont les artisans d’un art vivant, qui allie performance physique, créativité et communication.
Issouf TAPSOBA
latribunedufaso.net
