Procès Thomas Sankara : Le colonel-major à la retraite Moussa Diallo charge Blaise Compaoré

Lieutenant au moment en 1987, le colonel-major à la retraite Moussa Diallo a témoigné par visioconférence, ce mardi 11 janvier 2022, de ce qu’il sait des évènements du 15 octobre 1987 ; évènement qui ont conduit à l’assassinat de Thomas Sankara et ses 12 compagnons. Il accuse Blaise Compaoré d’avoir planifié l’assassinat et le général Gilbert Diendéré de l’avoir supervisé.

 

Blaise Compaoré est l’auteur du complot qui a conduit à l’assassinat de Thomas Sankara et ses 12 compagnons. C’est ce que pense le colonel-major à la retraite Moussa Diallo. Il justifie ses propos. Le lieutenant au moment des faits, explique qu’en 1987, les services de renseignement ont infiltré l’opposition burkinabè en Côte d’Ivoire. Grâce à cette opération, l’agent infiltré a su que depuis ce pays voisin, le régime révolutionnaire était menaçait. Des explications du témoin, le président ivoirien d’alors, Félix Houphouët Boigni qui était en contact avec l’opposition en question, a demandé à son responsable, Jean Pierre Kamboulé de sursoir à son action contre la révolution, et qu’il a trouvé une solution moins couteuse. Il s’agit de Blaise Compaoré, qui allait s’en charger. Une autre information qu’il donne, est que suite à plusieurs alertes, le N°2 de la révolution a été mis sur écoute. Cette opération selon le colonel-major, a permis d’intercepter un appel au cours duquel, l’un des responsables d’un mouvement estudiantin, du nom de Jonas Somé demandait à Blaise Compaoré de passer à l’action parce qu’il y a des risques qu’il soit interpellé. Des dires de l’aide de camp de Thomas Sankara quand il était Premier ministre, l’intéressé sachant qu’il était sur écoute, est resté évasif dans sa réponse à l’étudiant. Il estime qu’il a était embarrassé, car il ne s’attendait pas à ce coup de fil. Enregistrement fait de cette écoute, Thomas Sankara a refusé de l’écouter indique le témoin, qui affirme qu’il va lui confier plus tard être au courant de ce qui se tramait. Un autre fait rapporté par l’officier militaire, est la confidence que lui a fait Vincent Sigué sur l’ambition de Blaise Compaoré de prendre le pouvoir à l’issue du coup d’Etat de 1983, qui a porté Thomas Sankara à la tête du pays ; et qui accuse ce dernier d’œuvrer à l’éloigner de Sankara, afin de l’éliminer. Cette confidence selon ses mots, lui sera confirmée par le capitaine plus tard.

Désormais, l’officier de la gendarmerie à la certitude qu’il y a un complot qui se tramais, mais il ne pensait pas que cela se passerait ainsi a-t-il indiqué. Il assure avoir été surpris. Son analyse est que le 15 octobre, est l’aboutissement de l’ambition d’un homme qui veut être président, à savoir Blaise Compaoré.

Invité à se prononcer sur le complot de 20 heures, l’officier militaire, magistrat de formation, déclare qu’il s’agit d’une baliverne. Pour lui, personne n’est assez fou, pour arrêter Blaise Compaoré au Conseil de l’entente, qui était sous son commandement, et qui selon lui, est son domicile. « C’est insensé et ridicule », a-t-il soutenu. Relevant l’estime que Sankara avait pour son frère d’armes, il déclare que personne ne peut s’en prendre à lui, sans son consentement.

Dire que ce sont des éléments isolés qui ont commis l’horrible acte, l’officier à la retraite ne partage pas cet argument. Cela est impossible soutient-il. A qui a profité le crime demande-t-il. D’après lui, si les éléments n’ont pas reçu d’ordre, pourquoi commettrait-il un tel crime ? Ont-ils quoi contre Sankara, se demande-t-il ? Il rappelle qu’en plus de ne les avoir pas écartés après le coup, les éléments que l’on considère comme incontrôlés, ont continué à le servir, au risque de se faire assassiner lui aussi. Cette version, selon lui est ridicule. Pour lui, le concepteur de l’assassinat est Blaise Compaoré, le superviseur, le général Gilbert Diendéré et l’exécutant, les sous-officiers et les hommes de rang.

Julien Sawadogo

Latribunedufaso.net

 

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