Rentrée de l’opposition : les acteurs invitent le gouvernement à veiller à une amélioration de la situation sécuritaire

Les membres du cadre de concertation de l’opposition politique ont officiellement repris service, après un mois de congés, ce mardi 14 septembre 2021. C’était à l’occasion d’une conférence de presse présidée par le Chef de file de l’opposition politique (CFOP-BF), Eddie Komboïgo.

Après un mois de congés, les cadres, militants et sympathisants du Chef de file de l’opposition politique (CFOP-BF), se sont retrouvés pour la reprise de leurs activités. Plusieurs sujets étaient à l’ordre du jour. Des questions sécuritaires, aux questions liées aux libertés, à la gestion foncière, en passant par la vie chère et la gouvernance, à l’éducation, ainsi qu’au contexte politique sous régional avec la situation actuelle en Guinée. Rien n’a échappé à cette rentrée.

Au plan sécuritaire, le chef de file de l’opposition, Eddie Komboïgo déplore la situation qui ne cesse de s’aggraver, faisant de plus en plus de victimes, et ce, malgré « les changements intervenus dans le gouvernement, notamment la décision du Chef de l’Etat, Roch Kaboré, de s’octroyer lui-même le département de la défense ». Il a ainsi indiqué que l’opposition politique attend les résultats de la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, annoncé par le gouvernement pour mettre fin à cette tragédie, car selon lui, « en plus des cadavres qui continuent de s’empiler, une autre catastrophe semble se dessiner à l’horizon, le spectre de la famine ».

Par ailleurs, le CFOP estime que la démocratie semble perdre ses valeurs au Burkina Faso. Il a laissé entendre que des tentatives de réduire au silence les opposants et les activistes de la société civile par des arrestations arbitraires et des menaces multiformes se font jour. A titre indicatif, Eddie Komboïgo a affirmé que le Président du parti majoritaire, Simon Compaoré, aurait proféré des menaces explicites, au détour d’une interview accordée au journal Le Pays, le vendredi 16 juillet 2021. Et ce, « suite à l’appel lancé par l’opposition pour les marches de soutien aux Forces de défense et de sécurité (FDS) et aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ». « Face à la capacité de nuisance de l’opposition, nous allons développer une capacité de nuisance plus importante », c’est ainsi qu’il a cité les propos de Simon Compaoré. Toutefois, l’opposition a déclaré tenir acte de cela et « met en garde la majorité et ses dirigeants contre toute initiative qui pourrait mettre à mal les fondements du vivre ensemble ».

Pour ce qui concerne la vie chère et la gouvernance, l’opposition politique a réitéré au gouvernement sa requête de baisse des prix des denrées de première nécessité et appelle également à « la réouverture des frontières pour permettre la libre circulation des personnes et des biens ».
S’agissant de la gestion foncière, le CFOP a dénoncé la corruption immobilière, qui a son avis est devenue « l’apanage des membres du gouvernement ». Mais là encore, il n’entend pas rester les bras croisés. « Nous prenons acte de la solution proposée par le Ministre de l’habitat sur le dossier Saaba, par la proposition d’un audit immobilier. Nous osons espérer que cela n’est un simulacre », a indiqué Eddie Komboïgo.

Au titre de l’éducation, notamment la décision du gouvernement à fermer le Lycée Philippe Zinda Kaboré (LPZK) avec des arguments « rejetés en bloc », l’opposition politique « tout en condamnant les actes d’incivisme des élèves, invite le gouvernement à revoir sa copie, en créant les conditions pour la réouverture immédiate du noble Zinda pour le compte de cette année scolaire 2021-2022 ».

Quant aux changements politiques intervenus en Guinée, le CFOP a indiqué qu’il en prend acte. Cependant, il rappelle que seuls les intérêts du peuple devraient prévaloir sur toute autre considération. Ainsi, tout en regrettant la prise du pouvoir par les armes, le CFOP-BF appelle la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à lever les mesures de sanctions contre le peuple frère de Guinée ».

Pour terminer, l’opposition politique a profité de cette rentrée pour réaffirmer son attachement aux idéaux de paix, de justice et de concorde nationale et rassure l’opinion nationale et internationale qu’elle « est et restera une opposition républicaine ».

Il faut noter que cette rentrée de l’opposition politique s’inscrit après la rentrée gouvernementale du mercredi 8 septembre 2021.

Alizèta Zouré (Stagiaire)
Latribunedufaso.net

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