A l’occasion de la 17e édition du Festival international des masques et des arts de Dédougou (FESTIMA), se tient les 12 et 13 mai 2026 à Dedougou, un colloque international pluridisciplinaire sur le thème « Le masque : Formes, fonctions et manifestations ». La conférence inaugurale de ce colloque a été animée par Dr Léonce Ki, Secrétaire exécutif de l’Association pour la sauvegarde des masques (ASAMA), structure organisatrice du FESTIMA. Il s’est attardé sur le bilan et les perspectives du FESTIMA, après trente années d’existence.
D’entrée de jeu, Dr Léonce Ki a rappelé que le FESTIMA est un évènement biennal organisé dans la ville de Dédougou, province du Mouhoun, région du Bankui. Organisé depuis 1996 à l’initiative de l’ASAMA, il constitue selon Dr Ki, l’un des plus grands rassemblements africains dédiés à la valorisation des masques traditionnels en tant que patrimoine culturel vivant.
ASAMA, 30 années au service de la sauvegarde du masque
Selon le Secrétaire exécutif de l’ASAMA, depuis sa création, le FESTIMA rassemble des communautés venues du Burkina Faso et de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, offrant un espace de dialogue interculturel et de transmission des savoirs ancestraux. « Le masque y est célébré comme vecteur de valeurs sociales, spirituelles et éducatives », soutient-il.
En 30 années d’existence, malgré les différents défis, ASAMA a organisé 16 éditions du FESTIMA, passant même de l’organisation sur deux ou trois jours à chaque édition à une semaine de nos jours. La première édition a eu lieu, il y a de cela trente ans, exactement les 11 et 12 mai 1996.
Reconnue en avril 1996, l’ASAMA est une association à but non lucratif, à vocation panafricaine. Dr Léonce Ki a précisé que ASAMA agit au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Togo, au Nigeria et en Guinée Conakry. Elle centre ses actions sur la recherche, la sauvegarde, la promotion et la préservation des traditions de masques en Afrique, la coopération entre les gouvernements, les organisations nationales et internationales et les personnes intéressées par la sauvegarde des traditions de masques.

ASAMA mène également des plaidoyers auprès des gouvernements pour l’élaboration de bonnes politiques de préservation de leurs traditions de masque et de lutte contre le pillage de leurs ressources culturelles.
Dr Léonce Ki a également souligné que l’ASAMA est accréditée par l’UNESCO pour des fonctions consultatives auprès du comité de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel depuis juin 2012. Dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (PCI), ASAMA est membre du comité national de pilotage du projet d’inventaire du PCI burkinabè. Elle est également membre de la commission nationale des biens culturels, précise Dr Ki.
Le FESTIMA, une industrie culturelle avec des retombées estimées à plus de 300 millions de FCFA
En plus d’être un véritable espace de réseautage, le FESTIMA est une initiative dont l’impact socio-économique n’est plus à démontrer dans la cité du Bankui.
Sur le plan social, le FESTIMA a permis la redynamisation de la tradition des masques. En effet, selon Dr Léonce Ki, grâce au FESTIMA, de nombreux villages qui avaient abandonné leurs traditions du masque, s’y sont remis volontairement. Il y a également l’éveil culturel des scolaires, qui, selon Dr Ki, par petits groupes, participent à toutes les manifestations.
Sur le plan économique, le FESTIMA a contribué à créer un effet d’entraînement important dans la ville de Dédougou et sa région. Pour Dr Léonce Ki, se basant notamment sur une étude de l’Union Africaine, son effet multiplicateur sur le développement local est estimé à plus de 5 fois sur le budget consacré à son organisation. À cela s’ajoutent les autres retombées sur le reste du pays, notamment liées au mouvement des touristes durant leur séjour au Burkina Faso.
Selon les chiffres dévoilés par Dr Léonce Ki, Secrétaire exécutif de l’ASAMA, l’industrie culturelle du FESTIMA a eu des retombées estimées à plus de 315 millions de FCFA dont plus de 36 millions de FCFA pour l’hôtellerie, plus de 45 millions de FCFA pour la restauration, plus de 128 millions de FCFA pour le marché africain (artisanat et autres produits). Les données pour le transport s’élèvent à plus de 16 millions de FCFA, 50 millions de FCFA pour le commerce, les services de téléphonie et autres services et plus de 39 millions de FCFA pour les autres dépenses du festival, sans le transport et la restauration.
Faire de ASAMA, un centre panafricain de recherche et de formation…
Forts des enseignements des 16 éditions passées, ASAMA par la voix de son Secrétaire exécutif, Dr Léonce Ki, a formulé quatre axes stratégiques pour l’avenir du FESTIMA et de l’association elle-même. Il s’agit essentiellement de renforcer l’ancrage administratif de ASAMA et la consolider comme un centre panafricain de recherche, de formation et de documentation, avec une base financière diversifiée et durable.
Il s’agit aussi de développer une plateforme de valorisation du patrimoine des masques, accessible à la diaspora et au grand public mondial . L’un des axes stratégiques pour l’avenir du FESTIMA est de fédérer les festivals et institutions culturelles africaines dans un réseau continental de coordination, de plaidoyer et de promotion.
Mamadou ZONGO
Latribunedufaso.net
