Match amical Etalon - Guinée Bissau

Étalons : Entre promesses et ajustements, le Burkina Faso face à la Guinée-Bissau dévoile ses deux visages

À l’occasion de la trêve internationale de mars 2026, le Burkina Faso a disputé une double confrontation amicale face à la Guinée-Bissau, les 28 et 31 mars au stade du 4-Août. Deux rencontres riches en enseignements, marquées par un contraste saisissant dans les performances des Étalons, désormais dirigés par le Comorien Amir Abdou.

Pour leur première apparition après la déception de la CAN au Maroc, les Étalons étaient particulièrement attendus. Et ils n’ont pas manqué leur rendez-vous lors de la manche aller, en s’imposant avec autorité (5-0).

Au-delà du score fleuve, c’est la manière qui a séduit. Le public sportif burkinabè a découvert une équipe transfigurée : plus libérée, entreprenante, et résolument tournée vers l’avant. Le jeu proposé, basé sur un pressing haut, une récupération rapide du ballon et une occupation intelligente des espaces, a tranché avec les prestations timorées du passé récent.

La révélation de cette rencontre reste sans conteste Elohim Kaboré. Pour sa première sélection, le néo-Étalon s’est offert un triplé retentissant, symbolisant à lui seul le renouveau offensif de l’équipe. Une performance qui augure de lendemains prometteurs pour cette équipe en reconstruction.

Malgré les réserves initiales sur le choix de l’adversaire, jugé par certains comme insuffisamment relevé, les hommes d’Amir Abdou ont envoyé un signal fort : celui d’un groupe en quête de rachat et déterminé à tourner la page.

Un second acte révélateur des limites actuelles

Mais quatre jours plus tard, le décor a radicalement changé. Lors du match retour, conclu sur un nul (1-1), les Étalons ont montré un tout autre visage.

Comme l’a reconnu le sélectionneur Amir Abdou en conférence de presse, son équipe a manqué de constance et de fraîcheur :

« On a eu deux visages différents dans cette fenêtre FIFA. […] On n’a pas été constants, on a manqué de fraîcheur face à une équipe agressive. […] Ça va nous servir pour la suite. »

Face à une formation bissau-guinéenne plus en jambes et mieux organisée, les Burkinabè ont souffert, notamment dans l’entrejeu. Le milieu recomposé de Gustavo Sangaré, sorti sur blessure à la 20 minuté a peiné à imposer son rythme. Ousmane Doucet, malgré sa combativité, s’est retrouvé souvent isolé face à l’activité du dynamique Nhaga Renato.

Offensivement, la triplette Lassina Traoré – Mohamed Konaté – Georgi Minoungou n’a pas su reproduire l’efficacité du premier match. Peu inspirés, parfois brouillons, les attaquants burkinabè ont rarement mis en danger la défense adverse.

Défensivement, la rencontre a également été plus exigeante. Le gardien Kilian Nikiema, titularisé à la place d’Hervé Koffi, a dû s’employer à plusieurs reprises pour maintenir son équipe à flot. Devant lui, la charnière Edmond Tapsoba – Adamo Nagalo a été mise à rude épreuve par les assauts du remuant Folfado Tamble.

Une double confrontation riche en enseignements

Au final, ces deux matchs auront offert une véritable revue d’effectif au sélectionneur. Amir Abdou a pu tester plusieurs profils, observer les attitudes et mesurer le degré d’implication de chacun.

Cette double confrontation met en lumière une réalité : le Burkina Faso est en pleine transition. Capable du meilleur comme du plus approximatif, le groupe doit encore gagner en maturité, en régularité et en cohésion.

Quelles perspectives pour Amir Abdou ?

Pour le nouveau patron des Étalons, le chantier est vaste mais les bases sont posées. Plusieurs axes de travail se dégagent :

  • Stabiliser le onze type, afin de créer des automatismes durables 
  • Renforcer le milieu de terrain, véritable clé de voûte du système 
  • Améliorer la constance et la gestion physique, pour éviter les baisses de régime 
  • Capitaliser sur la jeunesse, à l’image d’Elohim Kaboré, tout en s’appuyant sur les cadres expérimentés 

Cette fenêtre FIFA aura donc eu le mérite de clarifier les forces et les faiblesses du groupe. Entre enthousiasme suscité par la large victoire initiale et réalisme imposé par le match nul, le Burkina Faso avance, lucide.

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Le chemin vers la reconstruction est encore long, mais une chose est sûre : avec Amir Abdou, les Étalons ont entamé une nouvelle ère, faite d’exigence, d’expérimentation et, surtout, d’espoir.

Le Brave

Latribunedufaso.net

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