Image illustrative lutte contre le racisme dans le football

Racisme dans le football : L’hypocrisie des tribunes dorées

Le football aime se raconter des histoires. Il parle d’unité, de respect, de diversité. Il projette des slogans géants avant les matchs, fait poser les joueurs derrière des banderoles, diffuse des clips moralisateurs. Et puis le coup d’envoi est donné… et tout recommence. Mardi 17 février 2026, lors du choc de Ligue des Champions entre le SL Benfica et le Real Madrid, l’ailier brésilien Vinícius Júnior a dénoncé des propos racistes.

Une accusation grave. Une de plus. Une de trop. L’UEFA a annoncé une enquête. Comme toujours.

Et comme souvent, le football institutionnel va temporiser, diluer, analyser, contextualiser… jusqu’à ce que l’indignation s’éteigne.

Le système connaît parfaitement la recette :

on promet la fermeté, on parle de tolérance zéro, puis on applique la sanction minimale compatible avec la tranquillité des sponsors.

Le racisme n’est pas un accident, c’est un système toléré. Qu’on arrête de parler d’« incidents ».

Le racisme dans le football n’est ni rare ni imprévisible. Il est récurrent, documenté, assumé dans certaines tribunes, et même parfois banalisé sur le terrain.

On connaît les cris de singe. On connaît les insultes raciales. On connaît les stades où les joueurs noirs savent qu’ils seront pris pour cibles. Et pourtant, rien ne change vraiment. Pourquoi ?

Parce que le football moderne n’est plus gouverné par la morale, mais par l’économie. Suspendre sévèrement un club puissant ? Mauvaise publicité.

Exclure un joueur important ? Risque juridique. Fermer un stade ? Perte financière. Alors on parle beaucoup… et on agit peu.

Les campagnes anti-racismes : un décor de théâtre

Depuis vingt ans, le football accumule les slogans :

  • campagnes “No to Racism”
  • brassards solidaires
  • prises de parole institutionnelles
  • vidéos pédagogiques avant les matchs
  • Tout est parfaitement huilé.

Le problème, c’est que ces campagnes ressemblent désormais à un décor de théâtre : elles servent à montrer que le football agit, pas à changer réellement les choses.

Si les slogans suffisaient, le racisme aurait disparu depuis longtemps. Les joueurs parlent, les institutions murmurent

Ce sont les joueurs qui montent au front. Encore eux. Vinícius Júnior dénonce. Kylian Mbappé soutient.

D’autres avant eux comme l’italien Mario Balloteli ont crié leur colère, raconté leur fatigue, exprimé leur humiliation. Mais à chaque fois, la même mécanique s’enclenche :

les joueurs sont sommés de rester calmes, de ne pas politiser le sport, de « se concentrer sur le jeu ». Autrement dit : souffrez en silence pour ne pas déranger le business.

La vraie question : le football veut-il vraiment éradiquer le racisme ?

Car lutter réellement contre le racisme exigerait des décisions radicales :

  • exclusions sportives lourdes,
  • matchs perdus sur tapis vert,
  • stades fermés systématiquement,
  • responsabilités directes des clubs.

Mais le football préfère l’équilibre confortable :

condamner sans punir, dénoncer sans déranger, communiquer sans transformer. C’est une forme de lâcheté institutionnelle. Une lâcheté qui protège le spectacle mais abandonne les joueurs.

Le jour où une vraie sanction tombera…

Le racisme reculera le jour où une grande équipe sera éliminée pour faute raciste. Le jour où une star sera suspendue une saison entière. Le jour où un stade plein sera vidé pour des chants discriminatoires.

Ce jour-là, le message sera compris en une semaine. D’ici là, le football continuera d’afficher ses slogans, de publier ses communiqués, et d’espérer que la prochaine polémique fera oublier la précédente.

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Le football prétend être le sport le plus populaire du monde. Il serait temps qu’il ait aussi le courage d’être le plus juste.           

Le Brave 

Latribunedufaso.net

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