Dans son bilan d’activités 2024, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) révèle avoir saisi l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) suite au « silence » du ministre de la Fonction publique sur un cas de soupçon de fraude au concours des Douanes session 2023. Une candidate admise « ne remplissait » pas le critère de taille (au moins 1,65 m), soulevant des interrogations du Réseau sur la transparence dudit recrutement.
Sur la base des 918 plaintes enregistrées en 2024, le REN-LAC a effectué 277 saisines administratives parmi lesquelles celle adressée au ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, au sujet d’une suspicion de fraude lors de la session 2023 du concours direct de recrutement de 100 assistants de Douane.
Durant l’année 2024, Le Réseau a été saisi par un citoyen sur un cas de présomption de fraude ayant entaché, selon lui, le processus de recrutement de 100 assistants de Douane dont 75 hommes et 25 femmes en 2023. Selon ladite dénonciation, certaines candidates déclarées admises ne remplissaient pas la condition de taille (au moins 1,65 m) indiquée dans le communiqué de recrutement. Ce qui naturellement laissait penser à des présomptions de fraude ayant émaillé le concours.
Le REN-LAC a alors entrepris de saisir à son tour le ministre en charge de la fonction publique pour des fins de vérifications. Ce qui a conduit à une reprise des mesures de taille des 25 élèves filles le 18 mars 2024 aux environs de 10H00 à l’École nationale des Douanes. Cette reprise a eu lieu en présence d’une équipe du REN-LAC et du ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale.
Les membres présents ont constaté qu’une des candidates, notamment celle classée 11ème sur la liste des admis, n’avait pas effectivement la taille requise : « Celle-ci mesurait 1,63 m ».
Le REN-LAC a indiqué avoir rendu compte des résultats au ministre chargé de la Fonction publique. En l’absence d’une « réponse concrète, il lui adressera plus tard une lettre de relance pour connaître la suite réservée à cette affaire ». Malgré cette relance, le ministre a gardé le « silence » et « aucune suite » n’a été constatée non plus par le Réseau.
Cette situation a suscité des interrogations du REN-LAC sur la volonté du ministère à traiter l’affaire comme il se doit. « Ce, d’autant plus que le ministre lui-même avait laissé entendre sur les antennes de BF1 qu’à l’issue de la vérification, tout candidat qui n’aurait pas la taille requise serait tout simplement éliminé », s’interroge le Réseau.
En fin d’année 2024, le REN-LAC a adressé une saisine à l’Autorité supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC) pour espérer que des mesures idoines soient prises.
Les saisines administratives du REN-LAC constituent un outil stratégique de veille citoyenne et d’interpellation des autorités, permettant de solliciter des éclaircissements ou de réclamer des mesures correctives face à des pratiques suspectes. Elles se déroulent le plus souvent sous forme de courriers officiels, de plaidoyers ciblés ou d’audiences.
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Source : Rapport 2024 du REN-LAC, page 107, 108, 109
