Le procès dans la suite de l’affaire de détournement de deniers publics au ministère chargé de l’Action humanitaire s’est ouvert ce 15 décembre 2025 devant le Pôle ECOFI du Tribunal de grande instance Ouaga 1. Huit personnes sont poursuivies dans ce dossier, dont l’ex-Directeur de la gestion financière (DGEF), Ye Yaké Camille, et l’ex-ministre Zongo/Hien Laure.
Le tribunal a demandé aux différentes parties si le dossier peut être retenu pour jugement. Les avocats de Zongo/Hien Laure ont soulevé une exception de procéder procédure.
Ils ont plaidé pour que le dossier ne soit pas retenu. En effet, ils ont soulevé deux arguments majeurs : le dépôt d’un appel devant la Cour d’Appel contre l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction et l’introduction d’une exception d’inconstitutionnalité concernant des dispositions de la loi.
Les avocats ont donc demandé au tribunal de surseoir à statuer jusqu’à l’obtention des décisions de la Cour d’Appel et du Conseil Constitutionnel.
Positions du Parquet et de la partie civile
Le Procureur a estimé que cet appel était « dilatoire » et que le dossier pouvait être retenu. Il a cependant indiqué qu’il était nécessaire de suivre la procédure légale concernant l’exception d’inconstitutionnalité, c’est-à-dire de saisir le Conseil Constitutionnel.
De son côté, l’Agent Judiciaire de l’État (AJE), constitué partie civile, a soutenu que ni l’appel ni l’exception d’inconstitutionnalité ne pouvaient empêcher la poursuite du procès. L’AJE a néanmoins suggéré une disjonction du dossier. « Enlever le dossier de la ministre, et juger le reste », a-t-il proposé.
Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), constitué partie civile, a également soutenu que ces actes de procédure n’empêchent pas la poursuite du procès.
La décision du tribunal
Après une courte suspension, le tribunal a rendu sa décision. Jugeant que la demande de renvoi était justifiée, il a accédé à la requête de la défense.
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Le dossier a été renvoyé au 23 janvier 2026 pour permettre à la défense, notamment à Me Adama Kagoné (l’un des avocats de l’ex-ministre), de mieux préparer la défense de sa cliente, et dans l’attente de la décision du Conseil Constitutionnel sur l’exception soulevée.
Issouf Tapsoba
Latribunedufaso.net
