Le Burkina Faso a célébré la Journée mondiale de lutte contre le Sida (JMS) 2025 sous le thème : « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au Sida ». La cérémonie a eu lieu ce 5 décembre 2025 à Ouagadougou. Elle était placée sous le très haut patronage du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST (CNLS-IST). Il était représenté pas le premier vice président, Dr Robert Kargougou, ministre de la Santé.
La Journée mondiale de lutte contre le Sida (JMS) est célébré chaque 1er décembre. Cette année, elle est célébrée en différé le 5 décembre 2025 au Burkina Faso.

Dans son discours, lu par le ministre de la Santé, le Capitaine Ibrahim Traoré a rappelé les progrès significatifs enregistrés par le Burkina Faso dans la lutte contre la maladie.
Les principaux résultats de la réponse nationale au VIH en fin 2024 se présentent comme suit :
- Baisse de la prévalence du VIH en population générale de 7,17 % en 1997 à 0,5 % en 2024.
- 894 408 femmes enceintes ont été dépistées dans le cadre de la triple élimination de la transmission de la mère à l’enfant du VIH, de la Syphilis et de l’hépatite B.
Concernant la cascade des 3X95, les données montrent que :
- 89 % des personnes connaissent leur statut VIH (soit 84 852 personnes).
- 100 % des personnes dépistées positives au VIH sont sous traitement ARV.
- Seulement 66 % des personnes sous traitement ARV ont une charge virale supprimée.
« Ces données interpellent sur la nécessité de poursuivre et de renforcer les efforts pour l’élimination du Sida d’ici 2030 », a indiqué le Chef de l’État dans son discours.
Alerte sur la baisse de l’aide internationale
Le Directeur pays de l’ONUSIDA, Joy Bakory, a déploré que les coupes de 30 à 40 % dans l’aide internationale aient entraîné des ruptures de services essentiels, une baisse d’accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP), et la fermeture de nombreux programmes communautaires, dont 60 % étaient dirigés par des femmes.

Tirant la sonnette d’alarme, il a exhorté les pays à renforcer le financement endogène pour une souveraineté sanitaire réelle. Il a par ailleurs salué les innovations scientifiques comme l’introduction du lenacapavir, un injectable de prévention administré deux fois par an. « Son efficacité exceptionnelle et les partenariats mis en place pour en garantir l’accès générique à moins de 40 dollars (environ 20 000 FCFA) par personne/an ouvrent une nouvelle ère pour la prévention », s’est-il réjoui.
Le représentant des acteurs de lutte, Akim Kaboré, a souligné que la réduction des financements est « un couteau pointé sur le cœur de notre riposte, et surtout, sur nos vies ». Il a plaidé pour le maintien et l’accroissement des financements : « La résilience des PVVIH ne doit pas servir d’excuse pour réduire les financements. Elle doit être la preuve que l’investissement fonctionne et doit être maintenu, voire accru… », a-t-il affirmé.
Lire aussi >> JMS 2025 : Le SP/CNLS-IST manifeste sa solidarité envers les personnes vivant avec le VIH
Remise de distinctions
La journée a été marquée par une remise de distinctions honorifiques :
- 13 personnalités ont été élevées au grade de chevalier de l’Ordre du Mérite Burkinabè et chevalier de l’Ordre du Mérite de la Santé et de l’Action sociale.
- 18 structures ont été récompensées pour leurs efforts dans la prise en charge des PVVIH. Elles ont reçu chacune un trophée, une attestation et un chèque de 300 000 FCFA.
Issouf Tapsoba
Latribunedufaso.net



