À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida, le SP/CNLS-IST a présenté, le 3 décembre 2025 à Ouagadougou, « les progrès » du Burkina Faso dans la riposte du VIH, marqués par une baisse significative de la prévalence, des nouvelles infections et de la mortalité. Tout en annonçant une commémoration officielle le 5 décembre, les autorités appellent à maintenir les efforts pour atteindre l’objectif d’élimination du Sida d’ici 2030.
Le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST (SP/CNLS-IST) a animé une conférence de presse ce 03 décembre 2025 à Ouagadougou. Elle se tient dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le Sida, célébrée chaque 1er décembre.
Au cours de cette rencontre, le Secrétaire permanent, Dr Seydou Ouattara, a présenté les avancées significatives réalisées par le Burkina Faso dans la riposte contre le VIH. Il a notamment rappelé la baisse de la prévalence du VIH en population générale, passée de 7,17 % en 1997 à 0,5 % en 2024, ainsi que la réduction des nouvelles infections, de 6 254 cas en 2010 à 2 914 cas en 2024. La mortalité liée au VIH a également diminué, passant de 4 681 décès en 2010 à 2 957 décès en 2024.
Au plan programmatique, les résultats obtenus en fin 2024 indiquent que 894 408 femmes enceintes ont été dépistées dans le cadre de la triple élimination de la transmission de la mère à l’enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B. La cascade des 3×95 montre que 84 852 personnes connaissent leur statut sérologique, soit 89 %, 100 % des personnes dépistées positives sont sous traitement ARV, 66 % des personnes sous traitement ARV ont une charge virale supprimée.

Pour le Secrétaire permanent, plusieurs raisons expliquent ces performances. Il s’agit notamment de l’adoption de l’approche Test and Treat, qui permet d’enrôler immédiatement toute nouvelle personne dépistée positive au VIH sous traitement antirétroviral. S’y ajoutent les Approches différenciées de services (ADS) VIH, telles que l’index testing, le ravitaillement des ARV tous les six mois (RAVI6M) et le ravitaillement communautaire en dehors des services de santé (RaCoDESS).
« La mobilisation continue des ressources de l’État et des partenaires techniques et financiers, grâce au leadership affirmé du Président du Faso, Président du CNLS-IST, a permis d’assurer la disponibilité et la gratuité des traitements ARV », a-t-il ajouté.
Tout en félicitant l’ensemble des acteurs impliqués pour ces résultats encourageants, Dr Ouattara les a invités à redoubler d’efforts afin d’éviter un rebond de l’épidémie et de soutenir l’objectif fixé par l’ONUSIDA : mettre fin au Sida d’ici à 2030.

Pour y parvenir, il a insisté sur la nécessité d’opérer des changements radicaux dans la programmation et le financement de la lutte (efficience allocative, actions à haut impact, priorisation), de mobiliser continuellement les ressources pour assurer la disponibilité permanente des traitements et des intrants, de renforcer la prévention combinée, notamment auprès des groupes vulnérables ( adolescents et jeunes, PDI, FDS et VDP), d’investir davantage dans l’innovation, incluant l’usage des technologies numériques, les nouvelles approches de prévention et les modèles différenciés de prise en charge.
Toujours dans les actions de riposter à mener, le Directeur pays de l’ONUSIDA, Joy Bakory, a invité les professionnels des médias à s’impliquer davantage à travers les productions journalistiques pour la sensibilisation des populations.
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Placée sous le thème « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au Sida », la commémoration nationale de la Journée mondiale de lutte contre le Sida se tiendra en différé le 05 décembre 2025 au siège du SP/SIDA.
Rosana Astride KIENDREBEOGO
Latribunedufaso.net
