L’Agence nationale de la régulation pharmaceutique (ANRP) a tenu ce 06 novembre 2025 à Ouagadougou, le premier Forum public sur la sécurité des médicaments sous le thème « Nous pouvons tous contribuer à rendre les médicaments plus sûrs ». L’initiative vise à renforcer la notification des effets indésirables et à encourager l’usage de l’application Med Safety pour la surveillance des produits de santé.
L’Agence nationale de la régulation pharmaceutique (ANRP) a organisé ce 06 novembre 2025 à Ouagadougou, la première édition du Forum public sur la sécurité des médicaments sous le thème « Nous pouvons tous contribuer à rendre les médicaments plus sûrs ». La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Dr Alfred Sandouidi, représentant du Secrétaire général du ministère de la Santé et parrain du forum.

Sensibiliser et responsabiliser le public
Au cœur de ce forum, un message fort, le médicament, s’il soigne, peut aussi nuire en cas de mauvais usage. Selon Dr Ruth Sawadogo, représentante du Directeur général de l’ANRP, cette initiative vise à combler un déficit d’information et à encourager la déclaration systématique des effets indésirables.

« Nous avons constaté une sous-notification des effets indésirables. Or, sans signalement, il est difficile d’évaluer la sécurité des produits. À travers ce forum, nous voulons que chaque citoyen, chaque professionnel et chaque patient s’approprie l’application Med Safety, pour faciliter la notification des cas et améliorer la surveillance nationale », a-t-elle expliqué.
La sécurité des médicaments, un impératif national
Pour le parrain du forum, Dr Alfred Sandouidi, la sécurité du patient doit rester au centre de toute politique pharmaceutique.
« La sécurité des médicaments est un impératif. Dans ce domaine, la première erreur est souvent une erreur de trop. Nous devons tout faire pour que les médicaments disponibles dans notre système de santé soient sûrs et de qualité », a-t-il insisté.
Il a également salué l’engagement des différents acteurs des directions régionales, associations de patients réunis autour de cette cause commune.
Les patients, premiers acteurs de la vigilance
Représentant les associations de malades, Joséphine Zoungrana a rappelé l’importance du rôle du patient dans le dispositif de pharmacovigilance.

« Le malade est souvent le premier à ressentir un effet indésirable. Il doit le signaler, même s’il semble mineur. C’est à partir de ces alertes que nous pouvons améliorer la sécurité des traitements », a-t-elle exhorté.
Lutter contre l’automédication et le trafic illicite
Le président de la Ligue des consommateurs du Burkina Faso, Dasmané Traoré a, pour sa part, tiré la sonnette d’alarme sur la consommation incontrôlée de médicaments et le commerce informel.

« Aujourd’hui, les médicaments sont vendus partout, parfois sans conseil médical. C’est un danger public. Nous appelons les consommateurs à dénoncer toute pratique illicite et à utiliser le numéro vert 80 00 11 71 pour signaler anonymement tout manquement », a-t-il déclaré.
Il a également pointé du doigt la propagation de publicités trompeuses sur les réseaux sociaux et plaidé pour un encadrement plus strict de ces pratiques.
Distinction des meilleures régions en matière de notification
Au cours de la cérémonie d’ouverture, l’ANRP a procédé à la récompense de la région la plus performante en matière de sécurité des médicaments pour l’année.

La région du Nazinon (ex-Centre Sud) a remporté le premier prix avec un taux de 62,2 notifications pour 100 000 habitants, soit un niveau supérieur à la norme de référence de 20 notifications pour 100 000 habitants fixée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La région a reçu une attestation et des tablettes destinées à ses services régionaux et à ses districts sanitaires.
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Elle est suivie par la région de l’Oubri (Ex Plateau Central) avec 57,8 notifications pour 100 000 habitants et celle de Tannounyan ( Ex Cascades) avec 23,8 notifications pour 100 000 habitants.

Il faut rappeler que ce forum s’inscrit dans le cadre du Plan d’action 2025 de l’ANRP et de la Semaine mondiale sur la sécurité des médicaments, initiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Uppsala Monitoring Centre (UMC). Conférences, panels interactifs et échanges autour des bonnes pratiques en matière de pharmacovigilance ont constitué les grandes articulations de cette rencontre.
Rosana Astride KIENDREBEOGO
Latribunedufaso.net
