À l’occasion de la conférence publique organisée dans le cadre de l’inauguration du Mausolée de Thomas Sankara et de ses compagnons, Nathalie Yamb, membre du Comité international pour le mémorial, a lancé un appel. Elle a particulièrement insisté sur la nécessité de diffuser les archives révolutionnaires et de soutenir les dirigeants actuels dans la conquête de la souveraineté africaine.
Selon Nathalie Yamb, « Des gens ont complètement dénaturé notre histoire, ont kidnappé les archives et nous imposent une vérité qui n’est pas forcément la nôtre ». C’est pourquoi elle exhorte toutes les personnes qui savent des choses, qui ont des documents, des témoignages, de bien vouloir les partager afin de pouvoir construire un narratif scientifique.
Aussi, souhaite t-elle que lesdits documents qui seront récupérés soient « publiés, pas seulement mis dans un musée, mais diffusés pour atteindre les quatre coins du monde ».
Saluant l’héritage de Thomas Sankara, Nathalie Yamb a estimé que son influence dépasse désormais les frontières du Burkina Faso. « Thomas Sankara n’appartient plus au Faso, il appartient au monde », a-t-elle affirmé, avant d’ajouter : « Je crois d’ailleurs que le Capitaine Ibrahim Traoré également est en train d’appartenir au monde entier. »
Elle voit en ce dernier et ses homologues de l’Alliance des États du Sahel (AES) des porteurs contemporains des idéaux révolutionnaires. « Ce que le Capitaine Traoré et ses collègues sont en train de faire est essentiel. Même si vous n’êtes pas convaincus à 100 % par ce qu’ils font, au moins n’allez pas vous allier avec les adversaires pour venir les combattre », a-t-elle exhorté.

Pour elle, il est impératif que chaque génération apporte sa contribution dans la continuité du combat pour l’indépendance réelle des États africains. « C’est un combat essentiel. Je l’encourage, je le félicite, je le soutiens lui et tous les autres, ses collègues de l’AES. Ils font notre fierté et nous devons tous, à notre niveau, les soutenir », a-t-elle poursuivi.
Enfin, elle a lancé un avertissement face aux défis actuels. « Si on ne se dépêche pas d’arranger nos pays, on va se retrouver même chassés de nos propres terres, dépouiller de nos propres terres. »
Nabintou OUATTARA
Latribunedufaso.net
