Exploitation sexuelle d’une mineur : 24 mois de prison avec sursis pour une nigériane

Le Tribunal de grande instance Ouaga 1 a rendu, le 8 mai 2025, son verdict dans une affaire impliquant une ressortissante nigériane de 27 ans, poursuivie pour traite de personne, proxénétisme et exploitation sexuelle d’une mineure. La prévenue a été condamnée à 24 mois, ainsi qu’à une amende d’un million de francs CFA le tout assorti de sursis. 

Tout est parti d’un signalement, le 21 février 2025, par des habitants de Tanghin-Dassouri (une ville située à une trentaine de Km de Ouagadougou sur la RN1) . Une adolescente, retrouvée dans les rues, et conduite à la police affirme avoir été abusée sexuellement. Elle déclare avoir été amenée du Nigéria au Burkina Faso sous de fausses promesses, avant d’être contrainte « à se prostituer ». La victime, selon ses propres déclarations, n’avait jamais eu de rapport sexuel auparavant. Elle affirme avoir refusé d’être touchée par un client le premier jour.

L’enquête de police a permis d’identifier la prévenue comme la personne qui a hébergé la jeune fille (la victime) à son arrivée. Entendue, celle-ci reconnaît avoir accueilli l’adolescente à la demande d’une connaissance, une femme également d’origine nigériane. Elle déclare avoir cru que la jeune fille était majeure, celle-ci lui ayant affirmé avoir 18 ans.

De ses dires, la personne qui a emmené la jeune fille au Burkina comptait la placer dans un maquis mais lui a confié par la suite qu’elle ne parle pas français. Donc elle ne pourra pas y travailler. 

Selon les déclarations de la prévenue, c’est « pour l’aider » qu’elle l’a accompagnée dans cette activité parce qu’elle, au contraire, se débrouille en français. 

La prévenue admet avoir négocié le prix des rapports sexuels, fixé à 1 500 francs CFA, et avoir collecté l’argent pour le remettre à sa connaissance (patronne de la jeune fille qui lui avait demandé de l’héberger, NDLR). Elle a confié également avoir assisté un client en lui expliquant comment mettre un préservatif, à la demande de la fille.

Par ailleurs, elle déclare que, ayant été elle-même victime d’une situation pareille, elle a été contrainte à verser la somme de 500 000 francs CFA à un « patron » pour recouvrer sa liberté. Mais en ce qui concerne le cas de la jeune fille, la victime dit ignorer combien elle doit à « son boss ». Elle n’a pas non plus été capable de decliner l’identité de ce dernier. 

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En rendant sa décision, le tribunal a reconnu la prévenue coupable de traite de personne, de proxénétisme et d’accueil d’un mineur à des fins d’exploitation sexuelle. Toutefois, les juges ont estimé qu’elle-même avait été victime d’un réseau et qu’elle n’avait pas pleinement conscience des conséquences de ses actes. Au final, la prévenue a été condamnée à 24 mois de prison et à une amende d’un million de francs CFA, le tout assorti de sursis.

Nabintou OUATTARA 

Latribunedufaso.net 

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