Le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo a exposé ce 14 mars 2025 à Ouagadougou, devant les députés de l’Assemblée législative de Transition (ALT), le chemin parcouru par le Burkina Faso au cours de l’année 2024.
Selon le Premier ministre, au cours de l’année 2024, le gouvernement burkinabè a concentré ses actions sur les priorités inscrites dans le Plan d’Actions pour la Stabilisation et le Développement (PA-SD) 2023-2025.
Il s’agit notamment de la lutte contre le terrorisme et le recouvrement de l’intégrité du territoire, la réponse urgente et efficiente à la crise humanitaire, la souveraineté alimentaire, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, le développement du capital humain, l’amélioration du cadre de vie des populations et le rayonnement du Burkina Faso sur la scène internationale.
Plus de 71% du territoire reconquis à ce jour
De la lutte contre le terrorisme et du recouvrement du territoire, de nouvelles unités d’intervention rapide de l’armée ont été créées et opérationnalisées, portant le nombre actuel de Bataillons d’Intervention Rapide (BIR) à 28 et celui de Groupements d’Unités Mobiles d’Intervention (GUMI) à 13.

14 000 militaires, tout profil confondu, et de milliers de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ont été recrutés, formés et équipés. Quant au maillage sécuritaire du territoire, de nombreuses infrastructures de sécurité́ ont été construites ou réhabilitées, les zones de compétences territoriales de la Police et de la Gendarmerie ont été redéfinies afin d’accroître la couverture des besoins de la population en matière de sécurité.
Ces efforts ont permis aux forces combattantes d’accroître la puissance de feu sur l’ennemi et de recouvrer à ce jour, plus de 71% du territoire, de permettre la réinstallation de plusieurs services publics, la réouverture de 15 sièges de circonscription administrative et la réinstallation de 212 villages.
Des acquis engrangés sur le plan humanitaire
Dans le cadre de la lutte contre la crise humanitaire, une assistance alimentaire a été apportée à près de deux millions de personnes vulnérables en 2024. Aussi, 108 000 ménages ont bénéficié d’articles ménagers essentiels, des appuis en logement et abris d’urgence ont été apportés à 23 000 PDI et à plus de 45 000 ménages vulnérables.

Toujours sur la réponse à la crise humanitaire et pour une continuité de l’offre de soins et de services d’urgence de base au profit des populations affectées par le terrorisme, 200 formations sanitaires ont été rouvertes, 60 postes de santé avancés ont été créés, des cliniques mobiles ont été déployées dans les 13 régions du pays, et 15 000 agents de santé à base communautaire ont été recrutés.
Pour permettre à ces milliers d’enfants dont la scolarités ont été perturbées par le terrorisme, de rester dans le système éducatif, plus de 1 400 structures éducatives ont été rouvertes, environ 400 structures éducatives ont été délocalisées, 1 700 espaces temporaires d’apprentissage ont été réalisés, de milliers de kits scolaires ont été distribués etc.
Une production de plus 6 millions de tonnes de céréales enregistrée au cours de la campagne agricole écoulée
Dans le volet de la souveraineté alimentaire, le gouvernement burkinabè a entrepris plusieurs actions en 2024, selon le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo. Parmi les réalisations, 48 600 hectares ont été emblavés gratuitement au profit d’agriculteurs grâces à des centaines de tracteurs acquis par l’Etat.
A l’entendre, tous ces efforts conjugués ont permis une production record de plus 6 millions de tonnes de céréales enregistrée au cours de la campagne agricole écoulée, contre 5 millions de tonnes la campagne précédente.
Réduction des dépenses de l’État, 3 milliards 650 millions FCFA économisés
De la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, le gouvernement a procédé à la réduction des dépenses improductives de l’Etat. En effet, des mesures ont été engagées pour assainir le parc téléphonique de l’Etat et les baux administratifs. Ces mesures ont permis d’économiser environ 3 milliards 650 millions de FCFA.
Toujours dans le volet de la bonne gouvernance, les efforts en la matière ont permis au Burkina Faso de porter le ratio des recettes fiscales sur le PIB de 17,8% en 2023 à 19,3% en 2024, constituant le meilleur taux de l’espace UEMOA. Aussi, l’amélioration des recettes fiscales, combinée avec la réduction du train de vie de l’Etat, ont permis de réduire le déficit budgétaire de 6,70% en 2023 à 6,11% en 2024.
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« A fin décembre 2024 le pays affiche un taux de croissance de 5,1%, contre 3,6% à la fin de 2023. Le gouvernement veillera à un partage des fruits de la croissance en faveur des populations les plus démunies à travers un programme social porté par les initiatives présidentielles », a martelé Jean Emmanuel Ouédraogo.
340 logements sociaux réalisés
En ce qui concerne le développement du capital humain, plus de 45 000 volontaires nationaux ont été déployés sur les chantiers du développement, 2500 projets ont été financés pour un montant de 7,6 milliards de FCFA. Aussi, 170 000 personnes ont été immatriculées et environ 200 structures ont été affiliées à la Caisse nationale d’assurance maladie universelle.
Pour l’amélioration du cadre de vie des populations, la politique d’amélioration de l’accès des populations aux logements décents s’est poursuivie par la construction de 340 logements sociaux et économiques, la production et la commercialisation de 12 000 parcelles en zones aménagées . Le gouvernement a également engagé un processus d’apurement du passif foncier de la promotion immobilière inadéquate de 127 sites appartenant à 49 promoteurs immobiliers précédemment agréés. « Cela a permis de délivrer près de 10 000 attestations d’attribution de parcelles et Permis urbains d’habiter », selon le Premier ministre.
Pour ce qui est du rayonnement du Burkina Faso sur la scène internationale, le pays continue d’affirmer son leadership tant au plan diplomatique, culturel que sportif, selon le Chef du gouvernement .
« En matière de diplomatie, les efforts engagés au cours de l’année 2024 ont permis de défendre et de réaffirmer notre souveraineté auprès de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux à travers une diplomatie cohérente, orientée sur la défense des intérêts nationaux », a-t-il soutenu.
A l’issue de l’exposé du Premier ministre, plusieurs députés ont félicité le gouvernement pour les résultats engrangés.

« C’est un exposé qui touche tous les domaines et qui fait ressortir un résultat assez remarquable du point de vue reconquête du territoire national, du point de vue retour des déplacés et offensive agro-sylvo-pastoral, du point de vue souveraineté alimentaire. Il y a des secteurs qui ont présenté des résultats assez appréciables et qui réconfortent les populations et permet de se donner un espoir pour un lendemain meilleur », a laissé entendre le député Moumouni Dialla, du groupe constitué Organisation de la société civile (OSC).
Le bilan 2024 du gouvernement est également un « satisfecit » pour le député Ini Inkouraba Damien/Youl , du groupe constitué Forces vives de la région du Sud-Ouest. Cependant, souligne t-elle, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. « Il faut doubler d’effort », a-t-elle signifié. En 2025, ajoute t-elle, il y a des réalisation en cours, et donc on attend la fin de l’année 2025 pour voir.

Le souhait de Ini Inkouraba Damien/Youl est qu’il y ait plus de femmes dans le gouvernement et dans les nominations. « Mais quand je dis des femmes, je parle des vraies femmes. C’est-à-dire des femmes qui sont dans l’action, des femmes qui ont une vision claire, qui assurent et qui assument », a-t-elle précisé.
Rosana Astride KIENDREBEOGO
latribunedufaso.net
