Dans quelques jours, Ouagadougou, la capitale du pays des hommes intègres va vivre au rythme des festivités du 7e art africain. Pour cette édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), c’est 31 films burkinabè qui sont sélectionnés en compétition officielle dont celui de Simplice Ganou, réalisateur et responsable de la maison de production Tiléfari film. Dans une interview accordée à latribunedufaso.net, il s’est confié sur sa carrière. Il nous parle aussi de son film documentaire « Kapital », qui competit dans la catégorie FESPACO Short. Lisez !
latribunedufaso.net : Qui est Simplice Ganou ?
Le réalisateur Simple Ganou : Je suis Simplice Hermann Ganou. J’ai grandi entre le village et la ville. J’ai 50 ans. J’ai fait des études en sociologie, ensuite une licence en Art et gestion de l’administration culturel avec Jean-Pierre Guingané lui-même. J’ai travaillé pour une ONG qui s’occupe des jeunes en difficulté. C’est en étant là-bas que j’ai eu l’idée de faire des films.
Mon premier film porte sur les jeunes en difficulté. Mon premier long métrage c’est « Bakoroman ». Après j’ai fait le « Kôrô du Bakôrô ». J’ai fait des études en réalisation à l’Université Gaston Berger. J’aime beaucoup le Burkina Faso
Votre film a été sélectionné en compétition officielle au FESPACO, quel est le sentiment qui vous anime ?
Je ne suis pas à ma première sélection. Mais ça fait toujours plaisir d’avoir de la reconnaissance. Quant ton film est sélectionné, ça veut dire qu’il fait partie d’un certain standing. Si sur plus de 1300 films, on sélectionne plus de 200 et que le tien fait partie, ça fait vraiment plaisir.
Présentez nous votre film ?
Je présente un court métrage dont le titre est « Kapital ». C’est un film de 13 minutes. Il competit dans la catégorie FESPACO Short pour le poulain d’or.
De quoi parle le film ?
Le film est un Objet filmique non identifié (OVNI). Ce film est une interrogation sur le capitalisme, d’où le titre « Kapital », en référence à Karl Marx qui a écrit Le Capital. L’histoire se déroule d’une part au Sahel.
Dans les années 2011-2012, moi et deux potes avons fait des tournages dans le Nord du Burkina, dans des régions inaccessibles de nos jours. On avait filmé la vie des populations, notamment liée autour de la recherche d’eau.

Nous sommes à une époque où la science s’est beaucoup développée. L’homme a fait ses premiers pas sur la lune. Aujourd’hui, on a des projets d’envoyer une sonde sur Jupiter. Donc, dans ce film, j’ai fait un parallèle entre la société capitaliste et les difficultés d’accés à l’eau potable de certaines populations.
En somme, mon film pose la problématique sur le sens d’une science capable d’envoyer fes gens sur la lune, sur Mars, et incapable de fournir de l’eau potable aux êtres humains. C’est pourquoi j’appelle ce film un OVNI.
Avez-vous été confronté à des difficultés dans la réalisation de ce projet ?
Je ne sais pas si je peux parler de difficultés. Pour moi, quant on parle de difficulté, c’est quant on se sent obligé de faire. A l’époque, on a fait ça avec plaisir. Personne ne nous a envoyé là-bas. Nous nous sommes rendu dans le Sahel environ 5 fois. Par manque d’eau, on faisait souvent 4 jours sans se laver. Il n’y avait pas de boutiques à côté, il fallait faire des provisions. On a beaucoup aimé la zone. Donc, je ne parlerai pas de difficulté.
Mais c’est pas comme ça qu’on réalise un film. A l’époque, on était beaucoup jeunes et passionnés. Personne ne nous finançait. C’était un plaisir.
Êtes vous confiant ? Pensez-vous avoir toutes les chances dans cette compétition ?
Comme la plupart des cinéastes, je ne serai pas déçu de ne pas avoir un prix. Un festival n’est pas comme une compétition de football où on va pour remporter forcément un prix. Les prix dans les festivals sont assez subjectifs, parfois politiques. Mais je pense que mon film va susciter une grande réflexion sur la valeur de l’humain. C’est ça mon objectif principal. Pour moi, c’est déjà une victoire de faire voir ce film au FESPACO.
Issouf TAPSOBA
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