Violences basées sur le genre : 30% de femmes et filles dans le monde ont subi une violence physique ou sexuelle

Dans le cadre de la commémoration de la Journée mondiale de la contraception, célébrée le 26 septembre de chaque année, l’Organisation non-gouvernementale(ONG), Marie Stopes Burkina Faso, a organisé à l’intention des Hommes de média, une formation visant au renforcement de leurs connaissances sur la santé sexuelle et reproductive et les violences basées sur le genre. Elle s’est déroulée à Banfora, dans la région des Cascades du 29 au 30 septembre 2020, et a mobilisé environ cinquante journalistes issus de divers médias (presse écrite, en ligne, radio et télévision) des 13 régions du Burkina Faso.

Marie Stopes Burkina Faso, reconnue comme leader dans la planification familiale au Burkina Faso depuis dix ans, s’est engagée à la défense des droits fondamentaux de chaque femme et de chaque homme d’être informé, et d’avoir accès librement et facilement aux services de santé sexuelle et reproductive. Fort d’un tel engagement, elle initie depuis plusieurs années maintenant, et annuellement, des rencontres d’information dont l’objectif premier est le renforcement des connaissances des Hommes de média sur les services de santé sexuelle et reproductive.

En effet, cette année 2020, la tradition a encore été respectée. Et, en plus de la planification familiale, les concepts et notions ainsi que les outils nécessaires à la compréhension et à la maitrise des Violences basées sur le genre(VBG) ont été abordés. Mais avant, il s’est agi pour Dr Boubacar Sawadogo, de Marie Stopes Burkina, de présenter un peu plus dans le détail l’Organisation non-gouvernementale(ONG), Marie Stopes Burkina Faso.

Ainsi, au cours de sa communication, qui a donc été la communication introductive de la formation, Dr Sawadogo est parti d’une présentation générale de l’ONG Marie Stopes internationale afin d’aboutir à celle de la représentation du Burkina Faso. Il s’en est suivi la présentation des résultats de l’ONG depuis son implantation au Burkina Faso, en 2009. La phase des échanges a permis d’éclairer entre autres sur la délocalisation de l’équipe mobile de Koudougou au profit de Banfora ; les actions envisagées ou en cours vu la tenue prochaine du 11 décembre dans la localité et les difficultés auxquelles est confrontée l’ONG dans certaines zones.

L’on a pu alors noter que l’équipe mobile de Koudougou a été délocalisée au profit de Banfora parce que Koudougou dispose déjà d’une clinique Marie Stopes contrairement à la ville de Banfora. L’autre argument avancé est le rapprochement de l’organisation des populations assez vulnérables en matière de planification et consort. En ce qui concerne les actions envisagées ou en cours vu la tenue prochaine du 11 décembre dans la localité, il a été répondu qu’un plan d’action est en cours afin de sensibiliser la population de Banfora. Des difficultés rencontrées, Dr Boubacar a reconnu la difficulté d’accès de certaines zones, mais n’a pas manqué de rassurer que son organisation est attachée à l’équité et que ce qui doit être fait pour relever le défi sera fait.

                                                         Planification familiale de base

La communication sur la planification familiale de base a été animée par Awa Thiombiano de Marie Stopes et de Marthe Sawadogo/Ky de la direction régionale de la santé des Cascades. A ce niveau, ont été abordées, la définition de la contraception, de la planification familiale selon l’Organisation mondiale de la santé(OMS) et le ministère de la santé du Burkina Faso ; les cibles prioritaires ; les différentes méthodes de contraception ; la qualité de la planification et ses avantages.

La contraception est définie par l’OMS comme l’utilisation d’agent, de dispositifs, de méthodes ou de procédures pour diminuer la probabilité de conception ou l’éviter. La planification familiale est alors définie comme la possibilité pour les individus et les couples de choisir librement le nombre de leurs enfants et le moment de les avoir. Selon le ministère de la santé du Burkina Faso, la planification familiale est l’ensemble des mesures techniques, psychologiques, éducatives qui permettent aux couples et aux individus d’atteindre certains buts en fonction de leurs possibilités et de leurs désirs (favoriser les naissances désirées, espacer les naissances, éviter les grossesses non désirées, déterminer le nombre d’enfants qu’ils souhaitent pour constituer une famille).

Les cibles prioritaires sont les femmes en âge de procréer ; les femmes dans le post partum et dans le post abortum ; les femmes à risque de grossesses non désirées ; les femmes présentant un facteur de grossesse à haut risque ; les couples ; les adolescents et jeunes, les hommes ; les personnes vivant avec un handicap ; les travailleurs et travailleuses du sexe et les personnes en situation d’urgence humanitaire.

70% d’efficacité

Des différentes méthodes de contraception citées, l’on en retient des méthodes traditionnelles (séparation du couple, abstinence totale, cordelette magique, etc.) ; des méthodes naturelles (méthode des jours fixes (collier du cycle), Méthode d’allaitement maternelle et d’aménorrhée (MAMA), calendrier, température, glaire cervicale, etc.) ; des méthodes de barrières mécaniques et chimiques (condom masculin, condom féminin, diaphragme, cape cervicale, spermicides, etc.) ; méthodes hormonales ( pilules combinées, implants sous cutanés, etc.) ; Dispositif intra utérin (DIU) au cuivre (Tcu 380 A) ; Contraception d’urgence (CU).

S’agissant de la qualité de la planification, il est dit qu’elle empêche la grossesse dans plus de 70% en termes d’efficacité ; qu’il il y a une absence d’effets secondaires nuisibles pour la santé, en termes de sécurité ; qu’il y a une présence possible d’effets secondaires inconfortables mais non dangereux, en termes de tolérance;  qu’il y a ‘’une tolérance’’ psychologique, socioculturelle, en termes d’acceptabilité ; qu’il y a réversibilité pour les méthodes non permanente : retour de la fécondité à l’arrêt de la méthode.

Les avantages de la planification familiale sont perceptibles au niveau de la santé (si toutes les conditions sont réunies, la PF réduit de 30% la mortalité maternelle, etc.) ; au niveau démographique ; au niveau économique, social et culturel (autonomisation de la femme pour les tâches productives, amélioration des conditions économiques de la famille, accès à l’éducation, diminution de la délinquance juvénile, etc.).

                                                      Violences basées sur le genre (VBG)

La seconde thématique de la formation a concerné les Violences basées sur le genre (VBG). Dr Patrice Nikiéma, de la direction régionale de la santé de Kaya, en a été le seul communicateur. Les VBG, de ses dires, sont un terme générique désignant tout acte nuisible perpétué contre la volonté d’une personne, et qui est basé sur des différences de genre. Il en compte trois grandes catégories que sont les violences sexuelles, les violences physiques et les violences psychologiques.

Selon un rapport de l’OMS datant de 2010 qu’il a évoqué, 30% de femmes et filles dans le monde ont subi une violence physique ou sexuelle exercée par un partenaire intime ; et sept (7%) de femmes, par une personne autre que le partenaire. Dans les urgences, le nombre de cas signalés de violence exercée par un partenaire intime est plus important que celui des violences infligées par une personne autre que le partenaire dans les contextes d’urgence. Il avance aussi que la violence commence tôt dans la vie des femmes et indique l’âge de 15 ans. Dans le monde, poursuit-il, une femme réfugiée ou déplacée sur cinq subit des violences sexuelles ; les personnes âgées de 10 à 19 ans sont les plus à risques ; 60% des auteurs de VBG sont des civiles et 40%, des groupes armés non identifiés.

Au Burkina Faso, il fait mention de près d’un million de VBG répertoriées avec le Centre-nord qui détient plus de 400 mille cas. De ce chiffre, 86% sont des femmes et 14% d’hommes. Le Centre-nord (Kaya), représente donc la zone de prédilection de ces violences.

Les VBG sont considérées comme des problèmes de santé publiques avec des conséquences répertoriées au niveau physique (VIH et IST) ; psychologique (insécurité, dépression) ; social (honte pour la survivante)… Elles sont répandues à travers le monde et constituent une violation des droits de l’homme. Les quatre principes directeurs des VBG sont le respect, la confidentialité, la non-discrimination, et la sécurité.

Pr Der Somé, Gynécologue obstétricien au Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Bobo-Dioulasso, a assuré la modération des différentes communications.

Tambi Serge Pacôme Zongo

Latribunedufaso.net

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