Soutenance de doctorat : Serge Doyé se penche sur « Les politiques sanitaires au Burkina Faso : étude à partir des approches de lutte contre le paludisme 1955-2000 »

Serge Doyé a soutenu sa thèse de doctorat unique en histoire africaine, le vendredi 22 mars 2024 à Ouagadougou (Université Joseph Ki Zerbo). « Les politiques sanitaires au Burkina Faso : étude à partir des approches de lutte contre le paludisme 1955-2000 », tel est le thème choisi par l’impétrant. A travers ce thème, il cherche à présenter l’évolution des politiques sanitaires et de la lutte contre l’endémie palustre au Burkina Faso de 1955 à 2000.

De façon spécifique, il s’agit pour lui, d’aborder les politiques et les systèmes sanitaires que les différents pouvoirs des périodes coloniale et postcoloniale ont mis en place dans le cadre de la lutte contre les endémo-épidémies et du cas particulier du paludisme. Aussi, de montrer les représentations socioculturelles qu’ont les Burkinabè de la santé, des médecines, des maladies et du paludisme. Enfin, de faire cas ce qu’on sait de l’endémie palustre telle que définie par les spécialistes biomédicaux, de l’évolution de la lutte et de ses contraintes.

Selon l’impétrant, de l’installation coloniale jusqu’aux indépendances, la situation sanitaire de la Haute-Volta était peu reluisante. L’introduction de la médecine occidentale, dite moderne, identifie de nombreux problèmes de santé et fait de la lutte contre les grandes endémies tropicales une condition au développement de l’être humain, indispensable à l’exploitation économique.

Pour ce faire, les pouvoirs publics de la période coloniale ont apporté des solutions, « mais très limitées » aux préoccupations sanitaires des populations. parmi ces solutions, il y a la lutte contre le paludisme qui faisait partie des grandes « tueuses » des populations.

En outre, il y’a eu 5 politiques sanitaires contre le paludisme menées au gré des mutations socio-économiques et politiques aux plans national et international. La première politique est la création des instruments de la lutte. A ce niveau, on note la création en 1952 d’une zone pilote de lutte contre le paludisme à Bobo Dioulasso et le début des études entomologiques, parasitologiques, paludologiques dès 1955. La deuxième politique est la campagne de lutte antipaludique où on note la lutte contre les vecteurs, les parasites à travers la pulvérisation intra domiciliaire et l’élimination des gîtes larvaires au moyen des insecticides. La troisième politique est le contrôle de la maladie à partir de 1969. Ici, on note la poursuite de la recherche appliquée en laboratoire et sur le terrain pour trouver des réponses à la réaction des vecteurs et des parasites aux différents produits de lutte contre le paludisme. La quatrième et dernière politique est la lutte antipaludique intégrée aux SSP (Soin de santé primaire) 1979 ou on note le développement de l’infrastructure médico-sanitaire à travers les plans quinquennaux de développement (1985-1990 ; 1990-1995), à ce niveau on note, la création en 1991 du programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) devenu en janvier 2023 Secrétariat.

Après la présentation du document, les membres du jury ont à l’unanimité sanctionné le travail de Serge Doyé par la mention très honorable.

« Mener la réflexion sur le processus de la recherche clinique du vaccin antipaludique entamée depuis les années 1980 dont les résultats permettent à ce jour de mener une campagne d’immunisation des populations vulnérables que sont les enfants de moins de 5 ans. Faire le bilan des engagements du Burkina Faso par rapport à l’initiative de la conférence d’Abuja du 25 avril 2000 en vue de réduire (50%) le poids du paludisme au sein de la population. Analyser l’engagement des pouvoirs politico-sanitaires pris en 2000 afin de faciliter et de renforcer les rapports entre la médecine moderne et celle endogène dite traditionnelle qui, à termes, permettra de diversifier ouvertement les choix thérapeutiques des populations en matière de santé », tels sont entre autres les perspectives poursuivies par Serge Doyé.

Astride Kiendrebeogo et Inès Tougma 

Latribunedufaso.net

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