Journée mondiale des légumineuses : 69,2% des ménages agricoles ruraux burkinabè cultivent les légumineuses

« Promotion des légumineuses dans un contexte d’insécurité et de changement climatique : défis et perspectives ». C’est sous ce thème que le Burkina a célébré la 2e édition de la Journée mondiale des légumineuses dans la ville de Réo, province du Sanguier dans la région du Centre-ouest, ce lundi 10 février 2020.

Instituée par l’Assemblée générale des Nations unies le 20 décembre 2018 à l’instigation du Burkina Faso, la célébration de la Journée mondiale des légumineuses, vise particulièrement à identifier les défis auxquels fait face le développement des légumineuses au pays des Hommes intègres et proposer des perspectives pour leur promotion. Les principales légumineuses produites sur le sol burkinabè sont le niébé, l’arachide, le soja et le voandzou ou le pois de terre. Elles sont cultivées par 69,2% des ménages agricoles ruraux et génère des revenus non négligeables pour les ménages constitués de 46,5% des femmes responsables de parcelles.

Selon le ministre de l’Agriculture et des aménagements hydro-agricoles, Salifou Ouédraogo, les légumineuses regorgent de nombreuses potentialités et avantages permettant de faire face au triple problème de la gestion de la fertilité des sols, la réduction des effets néfastes du changement climatique et la problématique de la sécurité alimentaire et nutritionnelle surtout pour les pays sahéliens comme le nôtre.  « En effet, les légumineuses disposent d’un ensemble de nutriments indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Elles produisent également du fourrage de qualité pour l’alimentation du bétail », a-t-il souligné.

Aussi, au plan de la gestion de la fertilité des sols, les légumineuses interviennent dans la rotation des cultures et jouent un rôle agronomique important par leur capacité à fixer l’azote atmosphérique. Elles contribuent à réduire le besoin d’engrais à base d’azote synthétique et donc les émissions de gaz à effet de serre. Bien vrai selon le ministre Ouédraogo que l’exportation de ces produits agricoles procure au pays près de 4 milliards FCFA par an, mais des défis restent à être relevés pour une bonne promotion des légumineuses surtout dans ce contexte sécuritaire difficile. Environ 10% de la production nationale de légumineuses est réalisée dans des zones à situation sécuritaire difficile, laissant des manques à gagner.

Aussi, la productivité des légumineuses reste faible, seules le voandzou et l’arachide ont atteint au moins 50% de leur rendement potentiel. « L’amélioration de la productivité est donc le plus grand défi pour le développement des légumineuses car elle permettrait de générer une baisse des coûts unitaires de production et une hausse des revenus des producteurs », a laissé entendre le ministre. Et pour ne rien arranger, la quasi-absence d’organisations professionnelles spécifiques à certains maillons de la chaine de valeurs des filières de légumineuses limite la concertation entre les acteurs et réduit leur professionnalisme.

Pour résorber un tant soit peu ces difficultés, l’Etat déploie d’énormes efforts pour la promotion de ces filières en vue de l’atteinte de l’Objectif du développement durable visant l’éradication de la faim d’ici 2030. A titre d’exemple pour la campagne agricole 2020/2021, le Gouvernement et ses partenaires envisagent mettre à la disposition des producteurs 1 346 tonnes de semences certifiées de légumineuses soient 620 tonnes pour le niébé, 620 tonnes de soja et 206 tonnes pour l’arachide. En termes de production de légumineuses, il est attendu pour ladite campagne environ 725 000 tonnes de niébé, 21 300 tonnes de soja, 447 000 tonnes d’arachides et 89 200 tonnes de voandzou.

La marraine de cette cérémonie Sika Kaboré, épouse du chef de l’Etat n’a pas manqué de manifester son attirance pour les légumineuses. Elle a invité ses sœurs à maximiser dans la culture de ces plantes qui réduisent les effets néfastes des gaz à effet de serre. Cette cérémonie a été l’occasion pour les autorités de remettre du matériel agricole au productrices et producteurs de la région.

Marcus Kouaman

Latribunedufaso.net

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