Probable augmentation du prix du pain : Réponse du berger à la bergère !

Ce jeudi 28 avril 2022 à Ouagadougou, le Gouvernement a organisé une conférence de presse sur les questions d’actualité nationale, notamment la probable augmentation du prix de la baguette de pain annoncée par la Fédération burkinabè des patrons de boulangeries, pâtisseries et confiseries (FBPBPC) ; le communiqué de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la situation du pays ; et la mission d’une délégation du Burkina Faso au Mali dans le cadre de la crise sécuritaire.

Sur la possible augmentation du prix de la baguette de pain de 200g, de 150 à 200 francs CFA, le ministre du Commerce, Abdoulaye Tall, a fait comprendre que la fixation du prix du pain n’est pas unilatérale. En effet, il a confié qu’il y a un comité qui se charge de la prise de décisions et ce comité est constitué des différents acteurs de la société, notamment l’État, les consommateurs et les boulangers. « Une seule partie ne peut pas décider d’augmenter le prix de la baguette de pain. Et donc l’annonce de la fédération des boulangers ne signifie pas une augmentation de prix du pain. Peut-être que c’est un moyen de pression sur les autres acteurs, mais cela reste une déclaration d’un acteur. Et on a des structures de contrôle sur le terrain pour veiller à ce que le prix reste le même, jusqu’à ce que l’autorité qui doit décider le fasse », a-t-il soutenu.

Aussi, Abdoulaye Tall a rassuré que les concertations continuent entre les différentes parties et que l’intérêt général sera pris en compte afin de trouver le meilleur compromis possible.

Concernant le communiqué de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la situation du Burkina Faso, la Ministre des affaires étrangères, de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Olivia Rouamba, a indiqué que le pays n’est pas dans une position de défiance par rapport à l’institution sous-régionale. Selon elle, il est difficile de parler d’élections avec les crises sécuritaire, humanitaire et alimentaire qui minent actuellement le pays. Et donc les concertations se poursuivent avec la CEDEAO quant à la durée du délai de la transition, afin de parvenir à une position acceptable pour le pays. « A cet effet, une équipe de la CEDEAO est attendue en début mai pour continuer les concertations », a-t-elle annoncé, en insistant sur le fait que les Chefs d’État membres de la communauté sous-régionale sont soucieux du devenir du pays des Hommes intègres. « La CEDEAO même vient de nous faire l’annonce d’aider le Burkina Faso en termes de vivres en nous en octroyant 10 000 tonnes pour faire face à la crise humanitaire. Et aussi, dans le cadre des initiatives militaires qu’elle organise dans la sous-région, et malgré la suspension du pays, le Chef d’état-major général des armées est autorisé à prendre part à toutes les rencontres et à l’aspect opérationnel. C’est pour dire que les Chefs d’État membres de l’institution sont assez regardants sur le contexte du Burkina Faso et sont à pieds d’œuvre pour aider le pays à s’en sortir », a-t-elle affirmé.

Par ailleurs, la Ministre Rouamba a profité de l’occasion pour lancer un appel à l’endroit de ceux qui joueraient au boycott ou qui tenteraient cela, afin qu’ils arrêtent et que les énergies soient tournées vers la cause commune, plutôt que l’intérêt particulier. « Je voudrais vraiment profiter du micro pour lancer un appel à l’endroit des fils et filles du pays, parce que lors de nos démarches tant au niveau bilatéral qu’au niveau de la CEDEAO, il ressort que des Burkinabè, parce qu’ils sont à un certain niveau ou ont des relations assez poussées, tendent à vouloir qu’on impose des sanctions au pays. Moi, je ne pense pas que ce soit vraiment citoyen ou patriotique. On a une cause commune du moment et aucun intérêt, aussi important, aussi personnel soit-il, ne doit dominer la cause nationale. Donc c’est un appel que je voudrais vraiment lancer à l’endroit de tous afin que nous militons ensemble pour que le pays retrouve sa stabilité, plutôt que de jouer au boycott », a-t-elle souhaité.

Pour finir, le Ministre Porte-parole du Gouvernement, Lionel Bilgo, intervenant sur la mission d’une délégation du Burkina Faso au Mali dans le cadre de la crise sécuritaire, a noté qu’il s’agit d’une visite de travail, d’une visite d’harmonisation. L’objet, à l’entendre, est de créer une collaboration militaire qui puisse permettre d’avoir des résultats probants dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, que ce soit au Mali ou au Burkina Faso. « Nous avons bien été accueillis au Mali et c’était des moments de discussions, de partages. Je crois que cette collaboration va continuer tant que nous nous considérons comme un même peuple appartenant au même espace géographique. Et il faut savoir qu’aucun pays de la sous-région ne sera totalement en sécurité tant qu’on parlera de terrorisme dans l’un de ses pays », a-t-il ajouté.

Alizèta Zouré

Latribunedufaso.net

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