Prévue pour durer deux jours, soit du 24 au 25 juin 2021, l’Assemblée générale des Sociétés d’Etat (AG-SE) a été officiellement ouverte ce jeudi 24 juin 2021, à Ouagadougou, par le Premier ministre, président par délégation de l’AG, Christophe Dabiré. 29e du genre, il s’agira, au cours de la présente session, de délibérer sur les comptes de 22 entreprises dont 19 sociétés d’Etat et 03 Etablissements publics de prévoyance sociale (EPPS). Les sociétés concernées, présenteront, à tour de rôle, leurs états financiers au titre de l’exercice clos au 31 décembre 2020.
De l’intervention du Secrétaire général (SG) du ministère de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, Sibiri Sanou, qui a essentiellement porté sur la présentation synthétique de la performance économique et financière de 18 sociétés d’Etat et des 03 Etablissements publics de prévoyance sociale (EPPS), des difficultés rencontrées et l’état de mise en œuvre des résolutions communes et spécifiques au titre desdites sociétés et des départements ministériels concernés, à l’entame de la cérémonie officielle d’ouverture de la 29e session de l’Assemblée générale des Sociétés d’Etat (AG-SE), il ressort que l’activité économique en 2020 s’est déroulée dans un contexte mondial marqué par la maladie à coronavirus. C’est dans ce contexte, dira-t-il, que 22 entreprises ont travaillé et ont vu leurs Chiffres d’affaires (CA) baissés de 0,34%, passant de 1 379,279 milliards en 2019 à 1 374,623 milliards F CFA en 2020.
En termes de baisse de volume d’activités, il fait savoir que les plus importantes ont été enregistrées par la Société nationale burkinabé d’hydrocarbures (SONHABY), la Loterie nationale burkinabé (LONAB) et la Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR) dont les chiffres d’affaires ont respectivement diminué de 42,07 milliards, de 8,406 milliards et de 998 millions F CFA entre 2019 et 2020. Pour ce qui est de la contribution directe des sociétés d’Etat et des EPPS au budget de l’Etat, le Secrétaire général fait remarquer une baisse de 17,450 milliards F CFA, c’est-à-dire de 334,687 milliards en 2019 à 317,237 milliards F CFA en 2020. Pour la valeur ajoutée globale, qui mesure la contribution des sociétés d’Etat à la formation du Produit intérieur brut (PIB) du pays, il indiquera également une baisse de 16,702 milliards F CFA avec la SONABHY, pour un montant de 14,592 milliards ; la LONAB, pour un montant de 2,458 milliards et l’ONEA, pour un montant de 2,246 milliards F CFA.
De même, l’excédent brut d’exploitation des sociétés d’Etat, mesurant leur performance, s’est détérioré en passant de 142,101 milliards F CFA en 2019 à 124,095 milliards F CFA en 2020, soit une baisse de 18,006 milliards F CFA. « Cette baisse traduit une contreperformance économique des sociétés d’Etat en 2020 », signifiera-t-il par la suite, ce avant de déclarer, sur les 21 entreprises (dont les comptes de 2020 ont été analysés), trois (03) sociétés d’Etat déficitaires (la Société de gestion de l’équipement et de la maintenance biomédicale (SOGEMAB), l’Agence d’exécution des travaux eau et équipement rural (AGETEER) et la Caisse nationale d’assurance maladie universelle (CNAMU) ), avec un déficit cumulé de 1,119 milliard F CFA en 2020 contre 704 millions F CFA cumulés en 2019 pour les sociétés ; et 18 entreprises, ayant réalisé un bénéfice net cumulé de 195,350 milliards F CFA en 2020 contre 192,345 milliards F CFA en 2019.
S’agissant des difficultés rencontrées par les entreprises au titre de l’exercice 2020, il relève, sans être exhaustif, l’insuffisance de portefeuille de projets au profit de la SOGEMAB ; la non-signature des contrats plans avec l’Etat ; les difficultés de recouvrement d’honoraires sur des projets entièrement réalisés ; les difficultés de recouvrement des créances de cotisations sociales dues par l’Etat, ses démembrement, les sociétés d’Etat, les collectivités locales, les ambassades et consulats du Burkina Faso à l’étranger ; la prise de paris en ligne non domicilié au Burkina Faso, mais dont les activités constituent une menace aux jeux de la LONAB ; l’existence de machines à sou illégales dans les villes du Burkina Faso ; les lourdeurs dans les procédures de passation des marchés ; l’importance des impayés des prêts accordés par la Caisse nationale de solidarité sociale (CNSS) à l’Etat et à ses démembrements ; la forte dégradation des capitaux propres de la SOGEMAB, qui sont négatifs et en deçà du minimum requis.
Le président par délégation de ce cadre de rencontre et de partage, le chef du gouvernement, Christophe Dabiré, nonobstant la contreperformance financière des entreprises publiques, estime qu’il y a des motifs de satisfactions qui peuvent être notés en termes d’accompagnement de la politique du gouvernement en matière de création d’emploi à travers le recrutement de 1 072 nouveaux agents en 2020. C’est donc convaincu de l’importance que revêt les entreprises publiques pour l’économie nationale, qu’il a interpellé en ces termes : « nous nous devons de réagir vigoureusement pour augmenter la résilience de nos sociétés face aux chocs exogènes, si nous ne voulons pas laisser à la postérité l’image de responsables qui ont contribué à la dégradation de notre patrimoine collectif ». Aussi a-t-il exhorté les responsables des entreprises, à faire preuve de dynamisme et de rigueur dans leur gestion, à cultiver l’esprit d’innovation et surtout à développer davantage d’initiatives pour s’adapter aux exigences de la conjoncture économique peu favorable aux activités de bon nombre d’entre elles.
Harouna Kaboré, ministre de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, s’exprimant sur le niveau de prise en compte des recommandations formulées à l’endroit des sociétés, a laissé entendre que les sociétés, dans leur ensemble, se sont donné les moyens pour mettre en œuvre les recommandations. « Il reste quelques recommandations qui n’ont pas été mises en place par un certain nombre de sociétés, et c’est pour cela qu’il y aura de nouvelles résolutions qui vont certainement permettre d’utiliser les moyens et les outils de sanctions disponibles pour que les responsables chargés de les mettre en œuvre puissent s’appliquer pour ne pas que nous puissions reconnaitre çà et là quelques recommandations qui n’ont pas été totalement mises en œuvre ou qui ont été mises en œuvre, mais que les rapports n’ont pas été transmis à temps au ministère de tutelle de gestion », a-t-il dit.
Demain, vendredi 25 juin 2021, dans l’après-midi, interviendra la cérémonie officielle de clôture de cette 29e session.
Tambi Serge Pacome Zongo
Latribunedufaso.net
Encadré
Le rapport de performance des Sociétés d’Etat, exercice 2020, de 25 pages, élaboré par le Secrétariat technique de l’AG-SE, fait le point sur la gestion des ressources humaines, les audits réalisés, le fonctionnement des comités d’audit, la gouvernance d’entreprise, et la mise en œuvre des outils du Code de bonnes pratiques de gouvernance des sociétés d’Etat ainsi que l’analyse des données économiques et financières par type de comptabilité (SYSCOHADA révisé et CIPRES) et par entreprise, excepté le Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics (LNBTP). Il fait également l’état d’exécution des résolutions et recommandations issues de la 28e session de l’AG-SE ainsi que celles antérieures ; donne la situation des mandats des administrateurs, des commissaires aux comptes et des directeurs généraux pour l’ensemble des entreprises publiques au 31 décembre 2020 et soumet des projets de résolution pour adoption.
TSPZ
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