La Police nationale a présenté, ce lundi 2 novembre 2026, le bilan national de l’opération « Bouclier Tête Durcie », consacrée au contrôle du port obligatoire du casque pour les conducteurs d’engins à deux et trois roues. Après un mois de répression, du 1er au 31 octobre, les autorités font état d’un taux de respect de 89,36 % à l’échelle nationale et de près de 98 % dans les grandes villes, notamment Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
Le bilan a été présenté à la presse dans la salle de conférence du Commissariat central de police de Ouagadougou. Lancée sous la conduite de la Direction générale de la Police nationale et sous le leadership du ministère de la Sécurité, l’opération est intervenue après près d’un mois de sensibilisation des usagers. Elle vise à renforcer le respect de l’obligation du port du casque, prévue par une réglementation en vigueur depuis 1978.

Cette mesure s’inscrit dans un contexte marqué par les conséquences des accidents de la circulation. En 2025, le Burkina Faso a enregistré 19 973 accidents, ayant occasionné 15 169 blessés et 1 002 décès, selon les chiffres présentés par la Police nationale. Parmi les victimes, 85 % souffraient de traumatismes crâniens et, selon les données communiquées, 98 % de ces victimes ne portaient pas de casque au moment des accidents.
Sur le terrain, les contrôles menés durant le mois d’octobre ont concerné 42 448 usagers. Parmi eux, 30 424 ont été verbalisés sur place après présentation de leur casque. En outre, 10 027 engins ont été mis en fourrière pour non-présentation du casque et impossibilité de régler immédiatement la contravention. À ces chiffres s’ajoutent 705 engins saisis pour d’autres infractions au Code de la route. Les amendes forfaitaires recouvrées s’élèvent à 99 371 000 F CFA, au profit du budget de l’État et du Trésor public.
L’évolution du nombre d’interpellations constitue également un indicateur important de ce premier bilan. De 14 165 au cours de la première semaine, limitée à trois jours, le nombre est passé à 12 094 la deuxième semaine, puis à 6 058, 5 613 et 4 518 lors des troisième, quatrième et cinquième semaines. En tenant compte de la durée de la première semaine, la moyenne journalière est ainsi passée de 4 721,67 à 645 interpellations, soit une baisse de 86,33 %.
Pour le commissaire divisionnaire de police Sibiri Nébilé Amidou Yoin, Directeur de la sécurité publique à la Direction générale de la Police nationale, l’enjeu de cette opération dépasse la seule application de la réglementation. Il s’agit surtout d’installer durablement une culture de la sécurité routière. « Le port du casque doit cesser d’être une contrainte réglementaire pour devenir un réflexe de survie et un acte révolutionnaire », a-t-il déclaré.
Les contrôles devraient se poursuivre et être renforcés de jour comme de nuit. La Police nationale envisage également une évolution vers une opération « Double Tête Durcie », qui étendrait l’obligation du port du casque aux passagers transportés. Une perspective qui s’inscrit dans la volonté des autorités de garantir la protection de tous les occupants des engins à deux et trois roues.
Flora BAZIE
Latribunedufaso.net

