Débutée le 24 juin 2026, la réunion des experts et ministres en charge des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi de la Confédération des États du Sahel (AES) a pris fin le 26 juin 2026 à Ouagadougou. Si l’ouverture de la réunion des ministres a été présidée par le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le cérémonial de clôture a, quant à lui, été présidé par Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara, ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi du Burkina Faso. L’objectif de cette rencontre est de renforcer la coopération entre les trois pays de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger) dans ces domaines.
Les échanges ont porté notamment sur l’organisation des Jeux de l’AES, la création du forum de la jeunesse et du volontariat de l’AES, la mise en place du salon confédéral de l’emploi de l’AES, ainsi que la création du centre de développement de la jeunesse et des sports de l’AES, etc.

Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre du Burkina Faso, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a indiqué qu’à travers ces initiatives, l’AES affirme sa volonté commune de promouvoir le mérite, de valoriser les talents, de créer davantage d’opportunités et de consolider les sentiments d’appartenance à une même communauté de destin.
Pour lui, l’AES est née d’une vision ambitieuse de ses dirigeants et porte l’exigence d’un espace de coopération fondé sur la solidarité, la souveraineté et la prise en main de leur destin commun. Et selon lui, cette ambition doit se traduire dans la vie quotidienne des populations, en particulier chez les jeunes qui sont majoritaires dans l’espace confédéral et la première richesse des trois pays.
Il a souligné que la jeunesse, l’emploi et le sport constituent des secteurs stratégiques pour bâtir des sociétés résilientes, consolider la cohésion sociale et accélérer le développement de l’espace confédéral. « Notre jeunesse attend des perspectives claires, des opportunités réelles et des cadres d’engagement qui permettent de contribuer pleinement à l’édification de la Confédération. Notre ambition commune doit être de passer des intentions aux réalisations, des annonces aux résultats et des projets aux opportunités concrètes pour nos populations », a-t-il rappelé.
Des discours riches et constructives…
Présidant la cérémonie de clôture, la ministre burkinabè des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara a exprimé sa satisfaction « au regard de la qualité remarquable des travaux ». Pour elle, les discussions ont été riches, constructives et empreintes d’un esprit de responsabilité qui honore les trois pays de l’AES.

Selon Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara, les échanges ont permis d’examiner les défis majeurs qui se posent aux secteurs des sports, de la jeunesse et de l’emploi et d’identifier des réponses communes, adaptées aux réalités de l’espace confédéral.
« Ces travaux auront ainsi contribué à renforcer la dynamique de coopération impulsée par les plus hautes autorités de nos pays et à traduire davantage notre volonté commune d’agir ensemble. La création de la Confédération des États du Sahel constitue un tournant historique dans le destin de nos peuples.
Elle traduit la volonté souveraine de nos États de bâtir un espace fondé sur la solidarité, la complémentarité, la résilience et la prise en charge de notre propre développement. Dans cette dynamique, le sport, la jeunesse et l’emploi occupent une place stratégique. Ils représentent des leviers essentiels pour renforcer l’unité de nos peuples, promouvoir la cohésion sociale et offrir de nouvelles perspectives à notre jeunesse », a-t-elle déclaré.
C’est dans cet esprit que plusieurs documents structurants ont été adoptés à l’issue des travaux. Il s’agit notamment du Mémorandum d’Entente relatif au Forum Confédéral de la Jeunesse et du Volontariat, du Mémorandum d’Entente portant sur l’organisation des Jeux de la Confédération des États du Sahel (JAES), ainsi que l’adoption de leur Règlement général et de leurs règlements spécifiques, du Mémorandum d’Entente relatif au Salon Confédéral de l’Emploi de l’AES (SCE-AES), de la note conceptuelle du Centre de Développement de la Jeunesse et des Sports de la Confédération des États du Sahel (CDJS-AES) et de la feuille de route opérationnelle par activité et par pays pour le reste de l’année 2026.
« L’adoption de ces instruments marque une étape importante dans la construction de notre espace commun. Elle traduit notre détermination à mettre en place des mécanismes opérationnels capables d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations de nos populations, en particulier celles de notre jeunesse », a assuré Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara.

Pour Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, ministre malien de la Jeunesse et des Sports, cette jeunesse sahélienne n’est pas une charge à gérer mais le fer de lance de l’émancipation et le moteur de la souveraineté de l’AES.
« Le sport, l’instruction civique et la construction citoyenne ne sont plus de simples compétences administratives. Ce sont des instruments stratégiques de sécurité nationale et de cohésion sociale. Face aux tentatives d’aliénation culturelle et d’enrolement terroriste, nous devons opposer une conscience citoyenne dédiée.
Par le sport, nous forgeons la fraternité du corps et la diplomatie des peuples. Par l’instruction civique et la construction citoyenne, nous armons les esprits et façonnons le citoyen sahélien nouveau. Un patriote intègre, viscéralement attaché à sa terre et imperméable aux manipulations extérieures. Le sport et la culture sont nos armes de construction massive pour le désarmement des esprits égarés », a-t-il souligné.

Pour Sidi Mohamed Almahmoud, ministre de la Jeunesse et des Sports du Niger, ce cadre d’échanges doit permettre aux trois pays de l’AES d’harmoniser leurs stratégies et politiques publiques, de former et d’encadrer la jeunesse, de promouvoir les programmes sportifs régionaux qui favorisent l’intégration et la fraternité, de mettre en place des mécanismes de coopération pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes et leur insertion professionnelle et favoriser les talents sportifs africains qui deviennent les ambassadeurs du Sahel sur la scène internationale.
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« Il nous appartient de définir et de mettre en œuvre une dynamique ambitieuse afin de proposer un vaste programme de développement de la jeunesse, des sports et des loisirs, une dynamique capable de donner une nouvelle impulsion à la jeunesse de l’AES et de l’éloigner durablement des loisirs vides.
Cet objectif ne pourra être atteint sans notre engagement en faveur d’un changement profond du modèle hérité. La session ministérielle précédée par la réunion des experts tenue ces deux derniers jours doit désormais être un cadre de réflexion commune et d’action structurée pour renforcer la coopération et l’intégration entre nos États », a-t-il fait savoir.
Mamadou ZONGO
Latribunedufaso.net
