Une opération de la Coordination Nationale de Lutte contre la Fraude (CNLF) a mis au jour un scandale alimentaire d’envergure au sein d’une entreprise agroalimentaire de Koudougou, le vendredi 08 mai 2026. Son responsable et ses deux techniciens ont été mis aux arrêts à l’issue du constat.
C’est lors d’une descente sur le terrain que les agents de la CNLF ont fait une découverte alarmante : plusieurs magasins de l’entreprise abritaient des stocks massifs de produits et de matières premières périmés. Selon les enquêteurs, le volume saisi dépasse les 500 000 sacs, soit environ 5 000 tonnes de marchandises impropres à la consommation.
Lors de cette descente, les agents ont également decouvert une pratique d’anidatage : des produits fabriqués récemment se voyaient apposer des dates de production et d’expiration falsifiées, allant de 2024 à 2027, dans le but manifeste de tromper les consommateurs et de contourner les contrôles sanitaires. La matière première concernée est principalement du glutamate de sodium, commercialisé notamment sous forme de sel iodé.

Le coordonnateur national de lutte contre la fraude, Dr Mohamadi Compaoré a déclaré devant la presse : « on ne peut pas produire un camion hier et mettre 2027. C’est une manoeuvre pour tromper les consommateurs ».
Les faits sont susceptibles de tomber sous le coup de la loi n°16 de 2017 AN du 27 avril 2017 portant organisation de la concurrence au Burkina Faso, notamment ses articles 56, 60 et 72 relatifs à la tromperie des consommateurs et à la mise en danger de leur sécurité. L’article 102 de ladite loi prévoit des sanctions sévères : une amende allant de 500 000 à 500 millions de francs CFA et une peine d’emprisonnement de 1 à 5 ans, ou l’une des deux peines seulement.
À l’issue du constat, le responsable de l’entreprise et ses deux techniciens ont été placés en garde à vue par la CNLF pour être entendus dans le cadre d’une audition. Les enquêteurs entendent établir les circonstances exactes des faits et déterminer les responsabilités.

La CNLF a, par ailleurs, tiré la sonnette d’alarme sur le fait que des produits de cette entreprise sont déjà en circulation sur le marché. Elle appelle les consommateurs à redoubler de vigilance et invite les acteurs du secteur industriel à respecter scrupuleusement les exigences sanitaires et morales liées à leur activité.
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« L’industrialisation a ses exigences. Il faut les respecter pour protéger la sécurité et la santé de la population », a martelé Dr Mohamadi Compaoré.
L’enquête se poursuit…
Latribunedufaso.net
Source: déclaration de la CNLF lors de la descente sur le terrain, Koudougou, mai 2026


