Dans le cadre d’une tournée nationale de sensibilisation contre la drogue et le banditisme, Charly Le sage dit « Charles le Sage » — a fait escale à la Maison d’Arrêt et de Correction de Koudougou (MACK) le 20 avril 2026. Une visite attendue, chargée d’émotion et de témoignages, qui a rassemblé détenus, responsables pénitentiaires et parrains de l’initiative autour d’un seul objectif : redonner espoir et ouvrir les yeux sur les ravages de la drogue et de l’alcool.
Lancée le 9 avril à la MACO (Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou), la tournée de Charlie Le sage prévoit de sillonner onze établissements pénitentiaires du Burkina Faso. Koudougou constitue la deuxième étape de ce périple humain et citoyen.

« Je suis venu pour échanger avec mes frères et amis prisonniers, parce que moi-même j’ai grandi dans les prisons », a confié Charly Le sage. Ancien détenu, il sait de quoi il parle. C’est précisément cette expérience vécue qui fait la force de son message. « Je leur ai montré que la prison, c’est un lieu pour un bout de temps. Beaucoup de grands hommes sont passés par là. »

Casimir Nikiéma, Directeur Général de la MACK, n’a pas caché sa satisfaction. « C’est un sentiment de fierté et de bonheur de l’avoir accueilli pour cette sensibilisation, parce que le besoin y était », a-t-il déclaré. Selon lui, les témoignages de Charlie Le sage — homme « pétri d’expérience en matière de prison » — ont une portée que les discours institutionnels ne peuvent atteindre. Le directeur espère que cette visite contribuera à « réduire de façon drastique la prolifération des drogues au niveau de la jeunesse » et appelle chaque jeune à prendre conscience que « tout est possible, on peut toujours arrêter de consommer ».
Ali Bonkoungou, PDG de Salsabil bâtiment, parrain de l’activité, a tenu à accompagner personnellement Charly Le sage dans cette démarche. « Ce qui est le plus important, c’est le message passé, le conseil, l’expérience », a-t-il expliqué. Pour lui, la parole des anciens détenus a une valeur inestimable : « Quand ils parlent, c’est sans langue du bois, parce que c’est ce qu’ils ont vécu qu’ils transmettent. »

Le parrain a également tenu à interpeller l’opinion : « Si la jeunesse est toujours en prison, on fait comment ? » Une question rhétorique qui résume à elle seule l’urgence de ce type d’initiative.
Au cœur du message de Charly Le sage se trouve un constat lucide : beaucoup de détenus ne réalisent pas que c’est leur consommation de substances qui les a conduit en prison. « Je pensais que c’était les ennemis qui m’attaquaient, alors que parfaitement c’était les effets de la drogue qui me faisaient retourner en prison », a-t-il admis avec franchise.
Il a insisté sur la nécessité de s’adresser aussi bien à ceux qui sont incarcérés qu’à ceux qui sont encore libres : « Pour ceux qui sont dehors, comment faire pour ne pas venir ? » Une approche préventive autant que curative, un appel à la reconstruction nationale
Au-delà des murs de la prison, le message résonne à l’échelle du pays. « Même si c’est deux ou trois personnes qui ont changé, ça ajoute à la construction du Burkina Faso », a conclu Charlie Le sage avec conviction.
Une conviction partagée par le directeur Nikiéma, qui rappelle les mots du Chef de l’État : « Il faut que la jeunesse se réveille et que nous construisions notre pays ensemble. »
La tournée de Charlie Le sage se poursuit. Onze maisons d’arrêt, onze occasions de rallumer une flamme d’espoir.
Julien Sawadogo
Latribunedufaso.net

