Appel à candidatures de la sélection de l'entraîneur des Étalons

Sport : Quel visage pour l’avenir des Étalons ?

Après la CAN Maroc 2025, une page s’est tournée pour les Étalons du Burkina Faso. En mettant fin au contrat du sélectionneur et de son staff, la Fédération Burkinabè de Football a enclenché un nouveau cycle dont l’issue pourrait façonner durablement l’avenir du football burkinabè.

La clôture des candidatures, intervenue le 15 février, ouvre désormais une phase décisive : étude des dossiers, puis entretiens. Mais déjà, un chiffre retient l’attention : plus de cent postulants auraient manifesté leur intérêt. Une affluence révélatrice. Elle confirme que le banc des Étalons est devenu attractif, non seulement sur le continent, mais aussi au-delà.

Un choix qui dépasse la simple nomination

Dans cette short-list élargie, les profils se croisent et symbolisent trois visions possibles du futur.

D’abord, l’option internationale. Le nom de Steve McClaren illustre cette voie. Ancien sélectionneur de l’Angleterre, technicien aguerri du très haut niveau, il apporterait une expertise globale et une vision structurée du football moderne. Mais la question demeure : un technicien sans vécu africain peut-il saisir rapidement les réalités locales, les contraintes logistiques et la pression populaire propres au continent ?

Ensuite, le profil africain expérimenté. Des techniciens comme Mauril Njoya ou Abdou Amir incarnent cette approche. Leur connaissance des compétitions CAF, des contextes fédéraux et des rythmes du football africain constitue un atout considérable. Ils représentent une forme de pragmatisme : bâtir avec les réalités plutôt qu’avec des projections théoriques.

Enfin, l’option locale, peut-être la plus sensible. Le débat autour de Oscar Barro et Kamou Malo ne porte pas seulement sur des noms, mais sur une philosophie. Continuité ou rupture ? Confiance aux compétences nationales ou recherche d’un regard extérieur ? Le parcours de Malo, demi-finaliste de la CAN 2021 au Cameroun, reste dans toutes les mémoires. Quant à Barro, sa proximité avec la relève pourrait faciliter la transition générationnelle.

À ces options s’ajoutent des profils hybrides, comme Michel Der Zakarian, Guglielmo Arena ou Giovanni Solinas, techniciens européens ayant déjà côtoyé le football africain et ses exigences spécifiques.

Au-delà de l’homme, un projet

Mais la vraie question n’est peut-être pas qui entraînera les Étalons, mais pourquoi et pour combien de temps.

Le Burkina Faso doit clarifier son horizon :

  • Un projet court pour viser immédiatement une performance ?
  • Un cycle moyen pour stabiliser l’équipe ?
  • Ou une vision longue pour construire enfin une identité de jeu durable ?

Les réflexions autour des réformes futures de la Confédération Africaine de Football, notamment l’éventualité d’une CAN espacée de quatre ans, renforcent cette interrogation. Un calendrier plus large favoriserait les projets structurés plutôt que les solutions d’urgence.

L’enjeu d’une identité de jeu

Si le Burkina Faso veut franchir le dernier palier et remporter une CAN, le futur sélectionneur devra incarner bien plus qu’un simple gestionnaire d’effectif. Il devra proposer une signature : un style reconnaissable, cohérent avec les qualités traditionnelles des Étalons — puissance athlétique, combativité, discipline collective — mais enrichi d’une maîtrise tactique et mentale capable de rivaliser avec les grandes nations africaines.

Car, au fond, le défi du Burkina Faso n’est pas de trouver un entraîneur, mais de définir une ambition. Le sélectionneur choisi devra être le porteur d’un projet national, soutenu par des moyens clairs, une gouvernance stable et une vision partagée.

Le banc des Étalons attire aujourd’hui le monde.

Reste à savoir si le Burkina Faso choisira un nom… ou une direction.

Le Brave

www.latribunedufaso.net

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