Nommée en Conseil des ministres le 12 janvier 2026, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Madame Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara, a posé un acte fort dès ses premiers pas à la tête du département. En choisissant l’Ouest du Burkina Faso pour sa première sortie officielle, elle a envoyé un signal clair : le sport et ses infrastructures constituent une priorité nationale.
La visite de la ministre sur les chantiers des stades de Banfora et de Bobo-Dioulasso, ainsi que son immersion dans l’état de dégradation avancée du stade Général Sangoulé Lamizana, s’inscrit dans une démarche à la fois pragmatique et visionnaire. Il ne s’agissait pas d’une simple visite de courtoisie, mais bien d’une prise de contact directe avec la réalité du terrain, condition essentielle pour des décisions efficaces et durables.
Des infrastructures, socle de la performance sportive
Le développement du sport ne peut se concevoir sans des infrastructures modernes, fonctionnelles et conformes aux normes. Les stades ne sont pas de simples édifices ; ils sont le cœur battant de la pratique sportive. Ils conditionnent la qualité de l’entraînement, la sécurité des athlètes, la performance des compétitions et, au-delà, l’épanouissement de la jeunesse.
En visitant les chantiers en cours, la ministre a voulu s’assurer que les ouvrages engagés répondent aux standards attendus et aux ambitions du Burkina Faso. Des infrastructures de qualité permettent aux sportifs burkinabè de se préparer dans des conditions optimales, de rivaliser avec les meilleurs et de porter haut les couleurs nationales sur les scènes continentale et internationale.
Un enjeu de souveraineté et de rayonnement international
Au-delà de la performance sportive, les infrastructures constituent un levier stratégique pour le rayonnement du Burkina Faso. Les exemples récents de la Côte d’Ivoire et du Maroc, qui ont investi massivement dans des équipements sportifs modernes, démontrent que des infrastructures adéquates ouvrent la voie à l’organisation de grandes compétitions internationales, génératrices de visibilité, de fierté nationale et de retombées économiques.
Doter Banfora, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou de stades aux normes, c’est permettre au Burkina Faso de prétendre, demain, à l’accueil de compétitions régionales, continentales, voire internationales. C’est également inscrire le sport comme un vecteur de diplomatie, de cohésion sociale et de développement territorial équilibré.
La question incontournable de la rentabilité et de la durabilité
Toutefois, la ministre a également posé un regard lucide sur un aspect souvent négligé : le coût financier des infrastructures sportives. Leur construction représente un investissement lourd pour l’État, mais leur entretien à long terme peut devenir une charge si aucune réflexion n’est menée sur leur rentabilité.
À cet égard, l’exemple du stade du 4 Août, joyau et fierté nationale, reste éloquent. Au-delà de son rôle sportif, il doit être pensé comme un espace multifonctionnel capable de générer des ressources : événements culturels, activités commerciales, partenariats public-privé. C’est cette vision économique et durable que la ministre semble vouloir insuffler aux projets en cours.
Une vision qui rassure et mobilise
Cette première sortie ministérielle dans l’Ouest du pays traduit une volonté politique affirmée : faire du sport un véritable moteur de développement, adossé à des infrastructures solides, rentables et porteuses d’avenir. Elle rassure les acteurs du mouvement sportif, mobilise les collectivités territoriales et interpelle tous les partenaires sur la nécessité d’une gestion responsable et innovante des équipements.
En somme, cette visite n’est pas seulement une inspection de chantiers ; elle marque le début d’une nouvelle dynamique, où le sport burkinabè se construit sur des bases matérielles solides, au service de la performance, du rayonnement national et de l’intérêt général.
Le Brave
La Tribune du Faso (www.latribunedufaso.net )



