Ce 13 novembre 2025 à Ouagadougou, Issouf Tapsoba, journaliste à Latribunedufaso.net, a soutenu son mémoire de Master en Techniques des Métiers de l’Information (TMI) de l’Université Nazi Boni (UFR/SH-LAM) dont le thème est : « Analyse de l’adoption des outils d’intelligence artificielle (IA) dans les pratiques journalistiques au Burkina Faso ».
Le jury était composé du Dr Régis Dimitri Balima, président, de Dr Salif Koala et de Dalou Mathieu Da, directeur du mémoire.
Pour le président du jury, Dr Régis Dimitri Balima, le thème est « d’actualité et original », dans la mesure où l’intelligence artificielle transforme les pratiques journalistiques, qu’il s’agisse de la collecte, du traitement ou de la diffusion de l’information. Il a salué un travail qui « met en lumière les nouvelles manières d’exercer le journalisme dans les rédactions d’aujourd’hui ».

Sur la qualité du document, Dr Balima a salué « un réel effort de recherche »,relevant que le candidat a su mobiliser des théories et données récentes liées au numérique. Il a également apprécié la capacité de l’impétrant à retrouver et exploiter des ressources pertinentes, qu’il s’agisse d’ouvrages spécialisés ou de sources en ligne, ainsi que l’usage d’une théorie originale permettant d’éclairer l’analyse menée.
En outre, le mémoire repose sur une méthodologie mixte. Un sondage quantitatif auprès de 100 journalistes, basé sur un échantillonnage de commodité, et dix entretiens semi-directifs réalisés auprès de responsables de médias et de formateurs. Cette approche a permis d’examiner à la fois les usages réels, les perceptions et les freins qui influencent l’adoption de l’IA.

Les résultats montrent un contraste. Seuls 25,3 % des journalistes utilisent régulièrement l’IA, alors que 70 % déclarent l’avoir déjà testée. L’étude conclut que l’IA est davantage perçue comme une curiosité technologique qu’un outil professionnel intégré. Les utilisateurs réguliers expriment majoritairement une vision favorable de l’efficacité et de l’utilité de l’IA. La formation joue également un rôle important. Les journalistes formés adoptent les outils d’IA de manière plus significative que les non-formés.
Le mémoire identifie plusieurs obstacles à l’intégration durable de l’IA qui sont entre autres le manque de conditions facilitantes (connexion instable, coût des outils, absence de matériel adapté, préoccupations éthiques) et les défis pédagogiques (formateurs insuffisamment équipés, curricula peu actualisés, ressources didactiques limitées).
Parmi les recommandations, Issouf Tapsoba propose l’élaboration d’une charte éthique au sein des médias, l’intégration de modules sur l’IA dans les écoles de formation et l’adoption d’une posture d’apprentissage continu par les journalistes.
À l’issue de la soutenance, le jury a attribué la note de 15/20, saluant la rigueur méthodologique et la pertinence du travail.
Nabintou OUATTARA
Latribunedufaso.net



