La Caisse nationale d’assurance maladie universelle (CNAMU), en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT), tient du 27 au 30 octobre 2025 à Ouagadougou, un atelier de réflexion sur les mécanismes d’adhésion automatique des travailleurs de l’économie informelle à l’assurance maladie. La cérémonie d’ouverture des travaux est intervenue ce 27 octobre, sous la présidence du Secrétaire général du ministère chargé de la Protection sociale, représenté par le Conseiller technique, Eric Somé.
Bien que la protection sociale soit un droit humain, la majorité de la population burkinabè n’en bénéficie pas. Cela s’explique par le fait que le secteur informel concentre 90 % de l’emploi, et que plus de 70 % de ces emplois se trouvent dans des entreprises du secteur (selon l’INSD). Ce secteur demeure ainsi exclu des dispositifs classiques du système contributif de protection sociale, laissant ses travailleurs exposés à des risques sanitaires, économiques et sociaux.
L’objectif principal de cet atelier est de déterminer les mécanismes d’adhésion systématique des travailleurs de l’économie informelle au Régime d’assurance maladie universelle (RAMU). Plus précisément, il s’agira de :
- mettre à niveau l’ensemble des acteurs sur les stratégies d’extension de la protection sociale ;
- identifier les relations entre les travailleurs informels, leurs organisations et les institutions publiques définir les mécanismes d’affiliation et de recouvrement automatique des cotisations ;
- élaborer une feuille de route opérationnelle et validée par toutes les parties prenantes.

Pour le Conseiller technique du ministère chargé de la Protection sociale, Eric Somé, l’approche du gouvernement est inclusive : « Il ne s’agit pas d’imposer, mais d’inclure. Il ne s’agit pas de contraindre, mais de construire ensemble des mécanismes adaptés, efficaces et acceptés ».

Le Gouvernement burkinabè a fait de la mise en œuvre de cette politique publique une priorité, adoptant à cet effet 11 décrets d’application de la loi sur le RAMU. Selon le Directeur général de la CNAMU, Soumaïla Gamsoré, l’institution a enregistré à la date du 23 octobre 2025 344 entreprises immatriculées et 277 043 personnes couvertes, dont seulement 3 666 au titre de l’économie informelle.
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Ces chiffres montrent que l’ambition est de franchir une étape décisive : celle de l’adhésion systématique des travailleurs de l’économie informelle au RAMU pour universaliser la couverture.

Le Premier vice-président du Conseil national de l’économie informelle (CNEI), Boureima Tondé, a salué la tenue de l’atelier, le voyant comme une opportunité de trouver des solutions idoines. Il a assuré l’accompagnement de son organisation : « Nous allons accompagner cette initiative à travers l’adhésion massive de nos acteurs à l’enrôlement systématique à l’assurance maladie universelle. »
Issouf TAPSOBA
Latribunedufaso.net
