La chambre correctionnelle spécialisée dans la répression des actes de terrorisme a relaxé ce 17 septembre 2024, SD un commerçant au bénéfice du doute. Il était accusé d’avoir fourni des vivres et du carburant à des groupes terroristes.
Le commerçant SD, connu dans sa localité pour vendre des vivres et du carburant, a été dénoncé par un témoin qui a affirmé l’avoir vu fournir ces produits à des individus affiliés à des groupes terroristes. Sa boutique, aurait même été fréquentée par des membres de ces groupes armés, selon les témoignages recueillis par les autorités.
Ainsi, toujours selon les témoignages, SD serait en contact avec son frère qui est membre d’un groupe terroriste. A la barre, celui-ci a déclaré que c’est étant en prison qu’il a appris qu’un de ses frères a participé à une attaque de son village. Et a affirmé que consciemment il n’a pas vendu ni livrer des vivres à un seul terroriste.
Le procureur, se fondant sur l’article 361-2, 361-1, 361-23 du Code pénal revisité, a rappelé les nombreuses preuves accumulées au cours de l’instruction. Parmi celles-ci, il y a les déclarations d’une personne qui a sa boutique non loin de celle de SD et qui a préféré rester dans l’anonymat.
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Selon cette dernière, il aurait aperçu des individus, 8 au moins, une nuit en train de se ravitailler en carburant avant de repartir dans la brousse. Le procureur a également mis en avant le fait qu’il reçoive du carburant des contrebandiers opérant à Cinkansé.
Dans ses réquisitions, le procureur a affirmé que les faits étaient suffisamment clairs pour aboutir à une condamnation, soulignant le danger que représente le financement du terrorisme, même sous forme de simples transactions commerciales. Il a réquisitionné une peine de 10 ans, assortie de 8 ans de sûreté et d’une amende ferme de 2 millions de francs CFA.
L’avocat de SD, a plaidé en faveur de son client, invoquant la présomption d’innocence et demandant aux juges de relaxer SD au bénéfice du doute. Selon lui, l’accusé n’aurait pas obtempéré lors de son arrestation par les forces de la police judiciaire car celles-ci sont arrivées vers 3h du matin, et il les aurait prises pour des bandits. « Si réellement il ravitaillait les terroristes, il n’aurait pas résisté et eu peur quand la police est venue le chercher à 3h du matin », s’est question le conseil de SD.
L’avocat a également dénoncé la fragilité des témoignages et des preuves présentées, affirmant que « rien ne prouve l’intégrité des propos recueillis ». Il a demandé que les déclarations soient prises avec précaution, rappelant que « même si le Code pénal permet une condamnation sur la base d’indices, le respect de la présomption d’innocence reste fondamental. »
En définitive, le tribunal a renvoyé SB des fins de financement de terrorisme et a mis les dépens à la charge du trésor public.
Nabintou OUATTARA
Latribunedufaso.net
