{"id":10779,"date":"2023-12-12T13:49:59","date_gmt":"2023-12-12T13:49:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779"},"modified":"2023-12-12T13:53:26","modified_gmt":"2023-12-12T13:53:26","slug":"trafic-de-bois-de-rose-peril-sur-les-forets-maliennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779","title":{"rendered":"Trafic de bois de rose : P\u00e9ril sur les for\u00eats maliennes"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-size: 1.0625rem;\">Alors qu\u2019elles ont fait de la lutte contre la corruption un de leur cheval de bataille, les autorit\u00e9s militaires parrainent et encouragent le pillage des for\u00eats du Mali o\u00f9 le bois de rose, commun\u00e9ment appel\u00e9 \u2018\u2019bois de V\u00e8ne\u2019\u2019, est coup\u00e9 massivement et export\u00e9 vers la Chine, en passant principalement par le port de Dakar. Ce reportage est r\u00e9alis\u00e9 par un consortium de journalistes s\u00e9n\u00e9galais qui a vu le jour apr\u00e8s une formation sur le journalisme d\u2019investigation initi\u00e9e par la Plateforme de protection des lanceurs d\u2019alerte en Afrique. C\u2019est \u00e9galement gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appui du Rainforest Journalism Fund et du Pulitzer Center que le travail a pu \u00eatre fait.<\/span><\/strong><br \/><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em style=\"font-size: 1.0625rem;\"><strong>Par BIGUE BOB ET MOR AMAR<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un d\u00e9sastre continu. Contre 25 000 F CFA (environ 45 dollars) offerts \u00e0 des chefs de village peu soucieux du devenir de leurs communaut\u00e9s, les Chinois arrivent \u00e0 piller une bonne partie des for\u00eats maliennes, en complicit\u00e9 avec quelques hommes d\u2019affaires v\u00e9reux et des autorit\u00e9s haut plac\u00e9es. Au plus, leurs interm\u00e9diaires d\u00e9boursent 50 000 F CFA, pour arriver \u00e0 remplir plusieurs camions. \u2018\u2019Cela me fend le c\u0153ur. Je ne peux plus me taire\u2019\u2019, fulmine cette source qui a travaill\u00e9 dans une scierie \u00e0 Bamako.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous le couvert de l\u2019anonymat, le c\u0153ur meurtri, notre interlocuteur exprime son amertume : \u2018\u2019C\u2019est tr\u00e8s \u00e9c\u0153urant ; je suis sid\u00e9r\u00e9 de voir comment le bois de rose est abattu dans nos for\u00eats. Et ils n\u2019\u00e9pargnent m\u00eame pas les jeunes individus. Ils abattent tout sur leur passage, avec la complicit\u00e9 de quelques Maliens qui s\u2019enrichissent au d\u00e9triment de nos populations qui s\u2019enfoncent dans la pauvret\u00e9.\u2019\u2019\u00a0 \u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 les complaintes, malgr\u00e9 le durcissement de la r\u00e9glementation internationale par la Convention sur le commerce international des esp\u00e8ces de faune et de flore sauvages menac\u00e9es d\u2019extinction (Cites), le trafic de bois continue de plus belle dans ce pays voisin du S\u00e9n\u00e9gal, en proie \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et sous le contr\u00f4le d\u2019une junte militaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0006.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-10782 alignleft\" src=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0006-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0006-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0006-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0006.jpg 810w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a>Selon nos sources qui font un suivi permanent des mouvements du trafic illicite, les derniers convois en direction de la Chine enregistr\u00e9s par le r\u00e9seau remontent au mois de mars 2023, en toute violation de la r\u00e9glementation de la Cites. Avec les difficult\u00e9s sur le chemin de Dakar, les trafiquants se sont d\u00e9tourn\u00e9s vers Nouakchott pour r\u00e9ussir leurs forfaits. \u00c0 la question de savoir si du bois passe toujours par Dakar, notre interlocuteur r\u00e9torque : \u2018\u2019Je ne peux pas dire si du bois passe toujours \u00e0 Dakar. Ce que je peux assurer, c\u2019est qu\u2019ils continuent de couper et de ravager nos for\u00eats. Les derni\u00e8res exportations que nous avons not\u00e9es vers la Chine, c\u2019\u00e9tait au mois de mars, mais c\u2019\u00e9tait via la Mauritanie et non le S\u00e9n\u00e9gal.\u2019\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jusqu\u2019en juin 2022, une bonne partie du bois malien, \u00e0 l\u2019instar des autres produits de ce pays non c\u00f4tier, passait par le port de Dakar. \u2018\u2019Plus de 7 000 containers au minimum par an pour la G\u00e9n\u00e9rale industrie du bois. Pour 2019, l\u2019entreprise avait export\u00e9 pr\u00e8s de 8 000 t\u2019\u2019, insiste notre source, documents \u00e0 l\u2019appui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s les estimations des experts contact\u00e9s par le consortium, un container de bois fait environ 27 t. Il est vendu sur le march\u00e9 \u00e0 environ 450 000 F CFA la tonne ; 2 000 dollars en Chine (1 100 000 F CFA). Si l\u2019on se fie donc aux chiffres de 2019, la soci\u00e9t\u00e9 avait fait plus de 93 milliards de francs CFA de chiffres d\u2019affaires. Vendu en Chine, la valeur \u00e9tait autour de 416 millions de dollars, soit environ 230 milliards de francs CFA. Une manne financi\u00e8re colossale pour les trafiquants et leurs complices au Mali, qui transitent par Dakar, pour les march\u00e9s chinois o\u00f9 le bois de rose est tr\u00e8s pris\u00e9. Pour nos interlocuteurs, c\u2019\u00e9tait ill\u00e9gal, puisque pour couper le bois, la loi malienne exigeait non seulement un plan d\u2019am\u00e9nagement des for\u00eats o\u00f9 le bois est coup\u00e9, mais \u00e9galement un certain niveau de transformation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 leur arriv\u00e9e au pouvoir, les autorit\u00e9s militaires ont cors\u00e9 les conditions, en pr\u00e9voyant des seuils et les modalit\u00e9s relatives \u00e0 cette transformation. Mais ce sont des dispositions qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es. \u2018\u2019Il n\u2019y avait ni plan d\u2019am\u00e9nagement dans les aires o\u00f9 le bois est coup\u00e9, ni de transformation. Deux conditions qui ont toujours \u00e9t\u00e9 exig\u00e9es\u2019\u2019, d\u00e9nonce notre interlocuteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis mars 2022, les clauses ont \u00e9volu\u00e9. D\u00e9sormais, la Cites a pris une d\u00e9cision de suspension du commerce de bois de rose dans toute la sous-r\u00e9gion de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, \u00e0 cause de la forte pression sur l\u2019esp\u00e8ce. \u00c0 partir de l\u2019entr\u00e9e en vigueur de cette nouvelle r\u00e9glementation qui a eu lieu au mois de juin de la m\u00eame ann\u00e9e, il faut un avis de commerce non pr\u00e9judiciable avant toute possibilit\u00e9 d\u2019exportation ; c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il faut une \u00e9tude de la population pour prouver que le commerce ne nuit pas \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce, renseigne le commandant Doudou Sow, Chef de la Division gestion de la faune et de la flore \u00e0 la Direction des Eaux et for\u00eats et point focal de la Cites au S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon lui, \u00e0 ce jour, aucun pays de l\u2019espace ne remplit les conditions requises pour exporter du bois de rose. Sur la base de ce texte, le 10 ao\u00fbt 2022, les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises s\u00e9vissent et d\u00e9cident de mettre en application la nouvelle l\u00e9gislation avec, \u00e0 la clef, la saisie de 124 containers de bois de rose malien. Le point focal de la Cites avait coordonn\u00e9 cette vaste op\u00e9ration qui a failli envenimer les relations diplomatiques entre les deux pays voisins. Il revient sur la prouesse : \u2018\u2019On avait saisi environ 2 480 m3, environ 124 containers qui provenaient du Mali. Je ne sais pas la valeur financi\u00e8re exacte, mais cela \u00e9quivaut \u00e0 des milliards de francs CFA. Une op\u00e9ration in\u00e9dite du point de vue de la quantit\u00e9 de bois saisie.\u2019\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la suite, l\u2019\u00c9tat malien a d\u00fb intervenir et peser de tout son poids pour arriver \u00e0 faire lever la saisie. Ils ont us\u00e9 de toutes les voies et tous les subterfuges pour faire fl\u00e9chir les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises, nonobstant les r\u00e9ticences des responsables des eaux et for\u00eats, en particulier du point focal de la Cites tr\u00e8s \u00e0 cheval sur les textes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Interpell\u00e9 sur ces pressions, Doudou Sow reconnait et explique : \u2018\u2019Vous savez, 124 containers de bois de rose venus d\u2019un pays \u00e9tranger que tu bloques \u00e0 la fronti\u00e8re, imaginez ce que \u00e7a fait. C\u2019\u00e9tait effectivement \u00e9norm\u00e9ment de pression. Vous ne pouvez m\u00eame pas imaginer \u00e0 quel point ! La hi\u00e9rarchie \u00e9tait surtout soucieuse du respect de la r\u00e9glementation. Avec l\u2019arbitrage de la Cites qui m\u2019avait donn\u00e9 raison, j\u2019\u00e9tais soulag\u00e9. La notification de la Cites m\u2019a confort\u00e9 dans ma position.\u2019\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour obtenir la lev\u00e9e de la saisie sur la marchandise, le Mali avait invoqu\u00e9 une exception pr\u00e9vue par la notification Cites. Laquelle pr\u00e9voyait que le bois qui avait quitt\u00e9 les ports avant la notification de la suspension n\u2019\u00e9tait pas concern\u00e9. Ce qui n\u2019\u00e9tait pas le cas, dans le cas d\u2019esp\u00e8ce. Il n\u2019emp\u00eache, le S\u00e9n\u00e9gal finit par l\u00e2cher du lest, en acceptant de restituer le bois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Interpell\u00e9, le chef de la Division de la faune et de la flore explique : \u2018\u2019C\u2019est au mois de novembre que la lev\u00e9e a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e et les containers restitu\u00e9s au Mali par la voie hi\u00e9rarchique. Pour que le bois puisse continuer \u00e0 circuler vers le S\u00e9n\u00e9gal, il fallait une nouvelle notification de la Cites. Et il y a eu une notification dans ce sens pour leur permettre de poursuivre leur trajet pour la Chine via le port de Dakar, parce que les Maliens ont produit la preuve que le bois a \u00e9t\u00e9 acquis l\u00e9galement.\u2019\u2019 Cette notification est tomb\u00e9e au mois de juin dernier et a permis aux propri\u00e9taires de transporter le produit vers la Chine, avec le concours de grands armateurs que sont le Danois Maersk, le Suisse MSC et le Fran\u00e7ais CMA-CGM. En sus de ces grands armateurs, il y a les transporteurs maliens et s\u00e9n\u00e9galais, dont Touba Transports, Fof Transport and Transit et Toguna Transport.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, apr\u00e8s la restitution, pour avoir l\u2019autorisation d\u2019exporter le produit via Dakar, le Mali a pu obtenir l\u2019autorisation de la Cites en pr\u00e9tendant que c\u2019est du bois qui date de 2020, donc coup\u00e9 avant la mesure d\u2019interdiction. Ce qui est archifaux. Et pour couronner le tout, le pays est en train de tout faire pour avoir l\u2019autorisation de la Cites pour pouvoir reprendre l\u2019exploitation sans entrave. Ce qui constitue une grosse pr\u00e9occupation pour les d\u00e9fenseurs maliens de l\u2019environnement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2018\u2019Il faut savoir que la Cites ne fait pas l\u2019\u00e9valuation et le contr\u00f4le \u00e0 la place des \u00c9tats qui sont souverains. La Cites se base sur les \u00e9l\u00e9ments d\u2019appr\u00e9ciation fournis par les \u00c9tats pour prendre des d\u00e9cisions. L\u00e0, les autorit\u00e9s ont \u00e9mis un avis de commerce non pr\u00e9judiciable dans lequel elles soutiennent que l\u2019esp\u00e8ce est abondante, alors que ce n\u2019est pas vrai. Aujourd\u2019hui, il n\u2019y a m\u00eame plus de grands individus dans les for\u00eats maliennes. Ils sont en train de couper les jeunes individus\u2019\u2019, rapporte ce d\u00e9fenseur de l\u2019environnement avec beaucoup de d\u00e9pit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En attendant, plus de 2 000 containers remplis de bois de rose restent stock\u00e9s au niveau du port sec de Bamako, dans l\u2019attente des conditions d\u2019exportation en Chine.\u00a0 \u00a0<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0004.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-10783\" src=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0004-300x152.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"152\" srcset=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0004-300x152.jpg 300w, https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0004-768x390.jpg 768w, https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0004.jpg 828w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>LE BOIS DES PAYS FRONTALIERS PAS \u00c9PARGN\u00c9S<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>La Guin\u00e9e et le S\u00e9n\u00e9gal se font harakiri<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les trafiquants n\u2019\u00e9pargnent pas non plus les for\u00eats s\u00e9n\u00e9galaises et guin\u00e9ennes, face \u00e0 la rar\u00e9faction du produit au Mali.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le Mali reste l\u2019\u00e9picentre du trafic de bois de rose, les pays voisins ne sont pas \u00e9pargn\u00e9s, non plus. Pendant longtemps, les trafiquants \u00e9taient concentr\u00e9s dans la zone de la Casamance o\u00f9 ils op\u00e9raient en parfaite complicit\u00e9 avec des S\u00e9n\u00e9galais. Pour contourner la vigilance des autorit\u00e9s, le bois \u00e9tait transport\u00e9 en Gambie, pour \u00eatre achemin\u00e9 en Asie, en particulier en Chine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour l\u2019ancien ministre de l\u2019Environnement Haidar El Ali, si cette voie n\u2019est plus utilis\u00e9e, c\u2019est moins par un renforcement du contr\u00f4le que par l\u2019\u00e9puisement des stocks. \u2018\u2019Avant, le bois traversait la fronti\u00e8re gambienne pour finir dans les bateaux pour aller en Chine. Aujourd\u2019hui, dans cette partie du pays, vous n\u2019entendez plus de trafic, non parce que les autorit\u00e9s l\u2019ont \u00e9radiqu\u00e9, mais parce qu\u2019il n\u2019y a plus de bois ; tout a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9. Le trafic s\u2019est alors d\u00e9plac\u00e9 entre Tambacounda, Niokolo-Koba et la fronti\u00e8re avec le Mali\u2019\u2019.\u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon plusieurs sources, le S\u00e9n\u00e9gal est loin d\u2019\u00eatre un simple pays de transit pour les trafiquants chinois et leurs complices. C\u2019est \u00e9galement un pays d\u2019approvisionnement. C\u2019est aussi la conviction de l\u2019ancien ministre Haidar. Il affirme : \u2018\u2019Du bois est effectivement coup\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal. Il traverse le pays pour entrer au Mali. C\u2019est connu. Et de l\u00e0-bas, les camions qui transportent la marchandise du port de Dakar au Mali le ram\u00e8nent \u00e0 Dakar pour leur exportation en Chine. C\u2019est triste, mais c\u2019est comme \u00e7a. Le bois est conduit au Mali \u00e0 bord de charrettes. C\u2019est comme ils le faisaient avant avec la Casamance. Puisqu\u2019il n\u2019y a plus de bois dans cette zone, le trafic s\u2019est d\u00e9plac\u00e9 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, dans le triangle Tambacounda, V\u00e9lingara, Niokolo-Koba et \u00e0 la fronti\u00e8re.\u2019\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ph\u00e9nom\u00e8ne ne serait pas nouveau. Il y a quelques ann\u00e9es, vers 2017-2018, des machines maliennes avaient \u00e9t\u00e9 saisies dans le d\u00e9partement de Saraya, sur des trafiquants qui coupaient du bois dans les for\u00eats s\u00e9n\u00e9galaises et les acheminaient ensuite vers le Mali. \u2018\u2019Aujourd\u2019hui, je ne sais pas si du bois est toujours coup\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal, mais je sais que du c\u00f4t\u00e9 de la Guin\u00e9e, \u00e0 Sigiri plus exactement, on continue de couper et de les acheminer au Mali pour ensuite les exporter en Chine. Au S\u00e9n\u00e9gal, par le pass\u00e9, c\u2019\u00e9tait surtout du c\u00f4t\u00e9 de Saraya\u2019\u2019, affirme notre source. Nous nous sommes d\u00e9plac\u00e9s dans ce d\u00e9partement situ\u00e9 dans la r\u00e9gion de K\u00e9dougou, pour nous enqu\u00e9rir de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Situ\u00e9 \u00e0 plus de 700 km de Dakar, Saraya est connu pour ses mines d\u2019or, mais aussi pour sa richesse en mati\u00e8re de biodiversit\u00e9, avec une nature luxuriante, des animaux sauvages dans toute leur diversit\u00e9. Trouv\u00e9 dans son bureau, le chef du Service d\u00e9partemental des Eaux et for\u00eats, Pape Gora Niang, revient sur les caract\u00e9ristiques de son territoire. \u2018\u2019Saraya se trouve dans ce qu\u2019on appelle la Zic &#8211; zone d\u2019int\u00e9r\u00eat cyn\u00e9g\u00e9tique. Quatre-vingt-quinze \u00e0 99 % du d\u00e9partement se trouvent dans cette Zic. C\u2019est donc une zone prot\u00e9g\u00e9e. C\u2019est la seule zone de grande chasse au S\u00e9n\u00e9gal. Une zone o\u00f9 l\u2019on peut chasser les animaux sauvages, dont le lion.\u2019\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Interpell\u00e9 sur le trafic de bois, M. Niang reconnait quelques cas isol\u00e9s et relativise : \u2018\u2019Effectivement, on est confront\u00e9 \u00e0 ce probl\u00e8me de coupe de bois, mais je ne saurais le qualifier en utilisant certains termes. Si l\u2019on se fie, par exemple, aux chiffres de nos PV, pour l\u2019ann\u00e9e 2023 en cours, nous sommes \u00e0 87 PV. C\u2019est pourquoi je ne saurais utiliser certains termes comme trafic. C\u2019est possible que \u00e7a existe, mais cela ne se refl\u00e8te pas dans nos constats sur le terrain.\u2019\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce qui est du bois coup\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal et achemin\u00e9 au Mali, il \u00e9met de s\u00e9rieuses r\u00e9serves. \u2018\u2019Nous, nous sommes sur cette route principale. Les forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 sont aussi sur cette route\u2026 Je ne sais vraiment pas d\u2019o\u00f9 viennent ces informations. Depuis qu\u2019on est l\u00e0 en tout cas, nous n\u2019avons vu ni des camions maliens qui passent ni du bois s\u00e9n\u00e9galais qui prend le sens inverse\u2019\u2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dehors, les va-et-vient des camions sont tr\u00e8s fr\u00e9quents. \u2018\u2019Jusqu\u2019\u00e0 plus de 100 par jour\u2019\u2019, informe le maire de la commune. Mais difficile de savoir la nature des marchandises souvent encastr\u00e9es dans des containers sous scell\u00e9s, appartenant \u00e0 de grandes multinationales comme la Danoise Maersk, la Suisse MSC et la Fran\u00e7aise CMA-CGM.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trouv\u00e9 dans son domicile \u00e0 quelques encablures des eaux et for\u00eats, le maire, Samba Ly Biagui, d\u00e9plore un d\u00e9ficit du contr\u00f4le : \u2018\u2019Sinc\u00e8rement, je ne saurais dire s\u2019il y a un trafic de bois qui passe par la localit\u00e9, mais je ne vais pas le nier. Il peut y avoir toutes sortes de trafics sur cette route, puisqu\u2019il y a peu de contr\u00f4les. Les transporteurs sont tr\u00e8s puissants ; ils ont \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 voir le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique pour demander la suppression des points de contr\u00f4le, dont celui de Saraya. Aujourd\u2019hui, sur toute l\u2019\u00e9tendue de la r\u00e9gion de K\u00e9dougou, le seul point de contr\u00f4le c\u2019est Mussala, au niveau de la fronti\u00e8re. Il n\u2019y a de contr\u00f4le ni \u00e0 Saraya ni \u00e0 K\u00e9dougou. Donc, m\u00eame s\u2019il y a des trafics, il est difficile de savoir.\u2019\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par rapport \u00e0 ce probl\u00e8me de contr\u00f4le, le chef du Service des eaux et for\u00eats tente de rassurer. Pour lui, des efforts sont faits, bien que des points de contr\u00f4le aient \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9s en raison de la r\u00e9glementation CEDEAO. \u2018\u2019Le contr\u00f4le se passe de mani\u00e8re inopin\u00e9e, parfois de mani\u00e8re p\u00e9riodique. Parfois aussi, on peut avoir des informations et on contr\u00f4le pour voir si c\u2019est av\u00e9r\u00e9. Relativement aux moyens, on ne peut pas dire qu\u2019on a assez de moyens. On sait que les autorit\u00e9s font de leur mieux pour nous permettre de faire le travail. Pour le d\u00e9partement, nous disposons de 13 \u00e9l\u00e9ments\u2019\u2019.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0003.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-10781\" src=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0003-300x189.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"189\" srcset=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0003-300x189.jpg 300w, https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0003-768x483.jpg 768w, https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231211-WA0003.jpg 828w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>TRAFIC S\u00c9N\u00c9GAL &#8211; MALI<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>Une affaire de gros bonnets<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les noms de Karim Keita, de l\u2019actuel ministre malien de la R\u00e9conciliation, ainsi que d\u2019Aliou Sall cit\u00e9s dans le trafic.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce commerce \u00e0 milliards financ\u00e9 par les Chinois, les complices ou parrains sont identifi\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 des niveaux insoup\u00e7onn\u00e9s. \u2018\u2019Ce sont des groupes tr\u00e8s puissants qui ont la mainmise sur le pouvoir. En 2021, des journalistes avaient eu \u00e0 d\u00e9noncer l\u2019implication de l\u2019actuel ministre de la R\u00e9conciliation dans ce trafic. Son conseiller est actuellement en prison. Selon les informations, il a re\u00e7u des pots-de-vin des trafiquants\u2019\u2019, rapporte notre interlocuteur, convaincu qu\u2019il existe d\u2019autres complicit\u00e9s sur toute la chaine. \u2018\u2019Ils arrivent \u00e0 influencer m\u00eame les plus hautes autorit\u00e9s, allant jusqu\u2019\u00e0 obtenir des d\u00e9rogations de la part des autorit\u00e9s de la transition, pour arriver \u00e0 couper et \u00e0 exporter le bois\u2019\u2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant le coup d\u2019\u00c9tat, la G\u00e9n\u00e9rale Industrie du bois, qui appartient \u00e0 un riche homme d\u2019affaires, comptait parmi ses soutiens Karim Keita, fils de l\u2019ancien pr\u00e9sident Ibrahim Boubacar Keita. D\u2019apr\u00e8s nos sources, c\u2019est lui-m\u00eame qui s\u2019\u00e9tait directement impliqu\u00e9 en 2018, pour obtenir la lev\u00e9e d\u2019une saisie de containers de bois de rose maliens par les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises. Et il avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019appui de proches du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Macky Sall.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2018\u2019Un proche du pr\u00e9sident Sall avait appel\u00e9 le ministre de l\u2019Environnement qui avait appel\u00e9 directement le directeur g\u00e9n\u00e9ral des Eaux et for\u00eats pour obtenir la lib\u00e9ration de la marchandise. Finalement, elle a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e moyennant le paiement d\u2019une somme de 30 millions de francs CFA\u2019\u2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>COMPLICIT\u00c9<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>Le silence coupable des communaut\u00e9s<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>De l\u2019avis d\u2019Ali Haidar, il faudrait remettre au centre des pr\u00e9occupations les questions \u00e9cologistes.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant que les for\u00eats continuent d\u2019\u00eatre pill\u00e9es, c\u2019est l\u2019indiff\u00e9rence du c\u00f4t\u00e9 des populations. Haidar El Ali invite les citoyens \u00e0 plus de prise de conscience. \u2018\u2019La question environnementale est fondamentale, plus importante que tout ce dont on parle \u00e0 longueur de journ\u00e9e, en termes de d\u00e9mocratie, de droits humains\u2026 Quand on aura la d\u00e9mocratie, les droits humains et qu\u2019on n\u2019ait pas de l\u2019eau \u00e0 boire, du poisson \u00e0 p\u00eacher, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019on va se rendre compte que l\u2019urgence \u00e9tait ailleurs. Malheureusement, dans nos pays, nos populations, nos m\u00e9dias semblent les rel\u00e9guer au second plan, jusqu\u2019au moment o\u00f9 \u00e7a devient tragique, avec notamment nos enfants qui meurent dans l\u2019oc\u00e9an parce qu\u2019il n\u2019y a plus de poisson \u00e0 p\u00eacher\u2019\u2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du c\u00f4t\u00e9 malien, on accuse la faiblesse des institutions, la corruption et une l\u00e9gislation pas suffisamment robuste. En attendant les changements idoines, les experts estiment que la Cites devrait aller plus loin dans la protection de cette esp\u00e8ce. \u2018\u2019Nous pensons qu\u2019on devrait tout bonnement l\u2019inscrire \u00e0 l\u2019annexe 1 de la Cites, pour interdire totalement le commerce de cette esp\u00e8ce, car elle est bel et bien menac\u00e9e de disparition, contrairement \u00e0 ce que veulent faire croire les autorit\u00e9s qui soutiennent que l\u2019esp\u00e8ce est abondante. Elles le disent simplement parce qu\u2019elles ont re\u00e7u des pots-de-vin. Et la Cites est li\u00e9e par les avis donn\u00e9s par les techniciens des \u00c9tats.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Abondant dans le m\u00eame sens, Haidar El Ali appelle \u00e9galement de tous ses v\u0153ux \u00e0 renforcer davantage les dispositions l\u00e9gislatives pour une lutte plus efficace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H\u00e9las, selon lui, cela ne semble pas \u00eatre la priorit\u00e9 des autorit\u00e9s actuelles. \u2018\u2019On a os\u00e9 dans ce pays remplacer \u00e0 la t\u00eate du minist\u00e8re de l\u2019Environnement l\u2019un des 100 \u00e9cologistes les plus \u00e9minents de la plan\u00e8te (lui-m\u00eame) pour mettre \u00e0 la place un mangeur d\u2019oryx, un mangeur d\u2019animaux prot\u00e9g\u00e9s. Voil\u00e0 o\u00f9 nous en s<span style=\"font-size: 1.0625rem;\">ommes. C\u2019est comme \u00e7a et \u00e7a ne semble d\u00e9ranger personne\u2019\u2019, constate-t-il pour s\u2019en d\u00e9soler.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors qu\u2019elles ont fait de la lutte contre la corruption un de leur cheval de bataille, les autorit\u00e9s militaires parrainent et encouragent le pillage des for\u00eats du Mali o\u00f9 le bois de rose, commun\u00e9ment appel\u00e9 \u2018\u2019bois de V\u00e8ne\u2019\u2019, est coup\u00e9 massivement et export\u00e9 vers la Chine, en passant principalement par le port de Dakar. Ce reportage est r\u00e9alis\u00e9 par un consortium de journalistes s\u00e9n\u00e9galais qui a vu le jour apr\u00e8s une formation sur le journalisme d\u2019investigation initi\u00e9e par la Plateforme de protection des lanceurs d\u2019alerte en Afrique. C\u2019est \u00e9galement gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appui du Rainforest Journalism Fund et du Pulitzer Center que le travail a pu \u00eatre fait.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":10780,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[13,1,5,9],"tags":[],"class_list":["post-10779","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-une","category-actu","category-envir","category-inter"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Trafic de bois de rose : P\u00e9ril sur les for\u00eats maliennes - La Tribune du Faso<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Trafic de bois de rose : P\u00e9ril sur les for\u00eats maliennes - La Tribune du Faso\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Alors qu\u2019elles ont fait de la lutte contre la corruption un de leur cheval de bataille, les autorit\u00e9s militaires parrainent et encouragent le pillage des for\u00eats du Mali o\u00f9 le bois de rose, commun\u00e9ment appel\u00e9 \u2018\u2019bois de V\u00e8ne\u2019\u2019, est coup\u00e9 massivement et export\u00e9 vers la Chine, en passant principalement par le port de Dakar. Ce reportage est r\u00e9alis\u00e9 par un consortium de journalistes s\u00e9n\u00e9galais qui a vu le jour apr\u00e8s une formation sur le journalisme d\u2019investigation initi\u00e9e par la Plateforme de protection des lanceurs d\u2019alerte en Afrique. C\u2019est \u00e9galement gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appui du Rainforest Journalism Fund et du Pulitzer Center que le travail a pu \u00eatre fait.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"La Tribune du Faso\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/LatribuneduFaso\/\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2023-12-12T13:49:59+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2023-12-12T13:53:26+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231212-WA0009.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"750\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"709\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Administrateur\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Administrateur\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"17 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779\"},\"author\":{\"name\":\"Administrateur\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/a380782d0605bb8aae27c40ea93b35b1\"},\"headline\":\"Trafic de bois de rose : P\u00e9ril sur les for\u00eats maliennes\",\"datePublished\":\"2023-12-12T13:49:59+00:00\",\"dateModified\":\"2023-12-12T13:53:26+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779\"},\"wordCount\":3473,\"commentCount\":0,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/12\\\/IMG-20231212-WA0009.jpg\",\"articleSection\":[\"A la une\",\"Actualit\u00e9\",\"Environnement\",\"International\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779\",\"name\":\"Trafic de bois de rose : P\u00e9ril sur les for\u00eats maliennes - La Tribune du Faso\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/12\\\/IMG-20231212-WA0009.jpg\",\"datePublished\":\"2023-12-12T13:49:59+00:00\",\"dateModified\":\"2023-12-12T13:53:26+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/12\\\/IMG-20231212-WA0009.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/12\\\/IMG-20231212-WA0009.jpg\",\"width\":750,\"height\":709},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?p=10779#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Trafic de bois de rose : P\u00e9ril sur les for\u00eats maliennes\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/\",\"name\":\"La Tribune du Faso\",\"description\":\"L&#039;information du monde rural en un clic\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/#organization\",\"name\":\"La Tribune du Faso\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/08\\\/Logo-Tribune-du-Faso-final-scaled.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/08\\\/Logo-Tribune-du-Faso-final-scaled.jpg\",\"width\":2560,\"height\":1856,\"caption\":\"La Tribune du Faso\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"},\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/www.facebook.com\\\/LatribuneduFaso\\\/\"]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/a380782d0605bb8aae27c40ea93b35b1\",\"name\":\"Administrateur\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/e20266f97d741f0e80ba1f60283074a9b3317fd7bfb727e0d95b51dafbf854a1?s=96&d=mm&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/e20266f97d741f0e80ba1f60283074a9b3317fd7bfb727e0d95b51dafbf854a1?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/e20266f97d741f0e80ba1f60283074a9b3317fd7bfb727e0d95b51dafbf854a1?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Administrateur\"},\"url\":\"https:\\\/\\\/www.latribunedufaso.net\\\/?author=2\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Trafic de bois de rose : P\u00e9ril sur les for\u00eats maliennes - La Tribune du Faso","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Trafic de bois de rose : P\u00e9ril sur les for\u00eats maliennes - La Tribune du Faso","og_description":"Alors qu\u2019elles ont fait de la lutte contre la corruption un de leur cheval de bataille, les autorit\u00e9s militaires parrainent et encouragent le pillage des for\u00eats du Mali o\u00f9 le bois de rose, commun\u00e9ment appel\u00e9 \u2018\u2019bois de V\u00e8ne\u2019\u2019, est coup\u00e9 massivement et export\u00e9 vers la Chine, en passant principalement par le port de Dakar. Ce reportage est r\u00e9alis\u00e9 par un consortium de journalistes s\u00e9n\u00e9galais qui a vu le jour apr\u00e8s une formation sur le journalisme d\u2019investigation initi\u00e9e par la Plateforme de protection des lanceurs d\u2019alerte en Afrique. C\u2019est \u00e9galement gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appui du Rainforest Journalism Fund et du Pulitzer Center que le travail a pu \u00eatre fait.","og_url":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779","og_site_name":"La Tribune du Faso","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/LatribuneduFaso\/","article_published_time":"2023-12-12T13:49:59+00:00","article_modified_time":"2023-12-12T13:53:26+00:00","og_image":[{"width":750,"height":709,"url":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231212-WA0009.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"Administrateur","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Administrateur","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"17 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779"},"author":{"name":"Administrateur","@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/#\/schema\/person\/a380782d0605bb8aae27c40ea93b35b1"},"headline":"Trafic de bois de rose : P\u00e9ril sur les for\u00eats maliennes","datePublished":"2023-12-12T13:49:59+00:00","dateModified":"2023-12-12T13:53:26+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779"},"wordCount":3473,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231212-WA0009.jpg","articleSection":["A la une","Actualit\u00e9","Environnement","International"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779","url":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779","name":"Trafic de bois de rose : P\u00e9ril sur les for\u00eats maliennes - La Tribune du Faso","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231212-WA0009.jpg","datePublished":"2023-12-12T13:49:59+00:00","dateModified":"2023-12-12T13:53:26+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779#primaryimage","url":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231212-WA0009.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/IMG-20231212-WA0009.jpg","width":750,"height":709},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?p=10779#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Trafic de bois de rose : P\u00e9ril sur les for\u00eats maliennes"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/#website","url":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/","name":"La Tribune du Faso","description":"L&#039;information du monde rural en un clic","publisher":{"@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/#organization","name":"La Tribune du Faso","url":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Logo-Tribune-du-Faso-final-scaled.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Logo-Tribune-du-Faso-final-scaled.jpg","width":2560,"height":1856,"caption":"La Tribune du Faso"},"image":{"@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/LatribuneduFaso\/"]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/#\/schema\/person\/a380782d0605bb8aae27c40ea93b35b1","name":"Administrateur","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/e20266f97d741f0e80ba1f60283074a9b3317fd7bfb727e0d95b51dafbf854a1?s=96&d=mm&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/e20266f97d741f0e80ba1f60283074a9b3317fd7bfb727e0d95b51dafbf854a1?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/e20266f97d741f0e80ba1f60283074a9b3317fd7bfb727e0d95b51dafbf854a1?s=96&d=mm&r=g","caption":"Administrateur"},"url":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/?author=2"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10779","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10779"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10779\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10788,"href":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10779\/revisions\/10788"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/10780"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10779"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10779"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.latribunedufaso.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10779"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}